30/05/2008
CE DIMANCHE, C'EST SIESTE ET GUEULE DE BOIS
Pourquoi je n’irai pas voter sur l’initiative pour des naturalisations démocratiques (pas que ça intéresse quelqu’un mais c’est mon blog et je mets dedans ce qui me chante):
- parce que je ne vote jamais pour rien, ce qui serait une raison suffisante en soi. J’aimerais dire que c’est une question de principe, d’opposition viscérale à la démocratie, de boycott des urnes, ce genre de choses. Mais c’est surtout une question de flemme et d’habitude prise depuis fort longtemps. L’isoloir ou le confessionnal, en fait, c’est un peu pareil. Il faut y aller quand on y croit très fort, et si l’on n’y croit pas du tout, il suffit de passer devant sans s’arrêter, et surtout sans expliquer aux passants pourquoi on ne s’attarde pas. Les sectaires, surtout laïcs, ne sont pas des gens avec qui il est agréable de causer.
- parce que l’initiative ne propose pas une révision complète du code de la nationalité, qui seule pourrait mériter qu’on se déplace au bureau de vote (mais qui impliquerait plus vraisemblablement un trajet vers un stock de fusils). Elle ne se préoccupe pas plus des questions identitaires que la Constitution elle-même, qui définit le citoyen helvétique comme « toute personne qui possède un droit de cité communal et le droit de cité du canton. » (Art. 37 al. 1) Etre Suisse n’est donc qu’une question de paperasse (et de secret bancaire, comme Angela Merkel l’a aimablement rappelé lors de sa dernière visite), je ne me sens pas concerné.

- parce qu’elle ne vise qu’à empêcher l’obtention des droits cités plus haut à « des personnes acceptant la tradition des "meurtres par honneur", des personnes qui estiment avoir le droit d'infliger des châtiments corporels à leur épouse, qui soutiennent des lapidations et autres punitions basées sur la sharia (...) » Le tour de la question est fait : sont expressément visés les artificiers du Prophète et cette minorité ethnique pour qui, il y a dix ans, porter un training Adidas et un perfecto en PVC constituait un sommet d’élégance urbaine. L’intérêt d’un passeport suisse pour des membres de l’UCK ou d’Al-Qaeda est un débat est si con qu’il n’est même pas drôle. Et quand bien même il les ferait saliver, ce n’est pas leur statut légal mais leur simple présence sur nos anciennes terres qui constitue un véritable problème. Les initiants en ont-ils quelque chose à secouer ? Possible mais rien n’en transparaît dans leur projet actuel. Prière de ne pas augmenter mes doses de L Dopa tant que ça sera le cas.
- parce que l’argumentaire formidablement khon des initiants spécifie que : « La conviction selon laquelle le monopole de la violence appartient à l'Etat en Suisse est partagée par tous les groupements, tous les partis et, sans doute, aussi par l'immense majorité des citoyennes et des citoyens. Ce consensus interdit expressément dans notre pays toute idée de vendetta et de violence résultant d'une revanche personnelle. Les citoyens de ce pays ont donc le droit fondamental de refuser le droit de citoyenneté à des personnes individuelles ou des membres de groupes ethniques pour lesquels le principe de la vengeance personnelle en réponse à une injustice subie – qu'elle soit réelle ou imaginaire – va de soi. Celles et ceux qui qualifient un tel refus d'arbitraire ignorent tout de l'essence même de la nation suisse – ou cherchent délibérément à la détruire. » Etre Suisse selon les critères de l’UDC, c’est avant tout respecter les règlements, laisser la police s’occuper des gens qui vous pourrissent l’existence et tâcher de rapporter un maximum de pognon. Les critères d’admission de ce qu’on appelle en bon vaudois une trappe-à-cul.
Mais bon. De la part de gens qui voulaient aussi permettre la construction de mosquées tant qu'elles n'avaient pas de minaret, vous vous attendiez à quoi ?
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