10.05.2008

REPREZENTZ LA CRATIE DES MOTS

Applaudimètre en folie quand un Harry Roselmack obtient le droit de nous servir la soupe d’infotainment. Vertiges extatiques des commentateurs sur le beau symbole d’un Obama présidentiable. Empressement de toutes les instances officielles à battre le record de Diversité, histoire que le sommet du panier soit plus « représentatif » des pommes qui pourrissent au fond. A quoi ressemblerait le cirque funèbre des Démocrates sans les rites amoureux autour de la Représentation ?

 

Plus de pouffiasses dans les coulisses du pouvoir ! Plus de mélanine chez les gratte-papiers ! Plus de percussions afro-cubaines dans les quatuors à cordes ! Voilà le tocsin du Vieux Monde, cette cacophonie qu’on nous prie d’applaudir comme à un délicieux carillon !

 

Vous crevez, blanchouilles, vous vous étouffez dans votre interminable Near Death Experience qu’est l’existence moderne, et vous en redemandez ! Vous trouvez ça « juste », « légitime », « équitable » !

 

La Différence d’En-Bas a le droit de se sentir représentée aux plus hauts étages ! Dépassé, le poussiéreux « Un homme, un vote » : on est passé au plus prosaïque « Une minorité, un prime-time », chacun attendant son tour de temps d’antenne pour dire exactement les mêmes conneries que les autres. Pas grave ! Rien à palucher du contenu ! L’essentiel, l’indépassable, l’obligatoire, c’est que chacun se sente représenté, que le dernier membre de la plus petite secte ait son délégué officiel au grand pince-fesse des faux culs.

 

La représentation, ça n’a pas l’air comme ça, mais c’est un truc vachement balaise. On n’est pas assez raffinés pour comprendre, nous autres blogoréacoïstes. C’est à la politique ce que le français est au langage : une collection d’exceptions à la règle, codifiée par des vieillards qui se prennent extrêmement au sérieux.

 

Un ou deux exemples, pour souligner la complexité de l’affaire.

 

Hommes et femmes sont égaux. Si Julie veut faire camionneurE, gardE du corpEs ou présidentE des EtatEs-UniEs, y a pas à tortiller, c’est son droit et elle en a intrinsèquement les capacités au même titre que n’importe quel mec (plus que n’importe quel mec, s’entend, mais ne se dit pas pour éviter de pousser la caricature MLF). Mais quoiqu’il en soit c’est une ambition normale en même temps qu’un symbole fort.

 

Quelque chose d’ordinaire pour les hommes et d’extraordinaire pour les femmes.

 

Autre chose. La couleur de la peau : broutille. Caprice irrationnel de la Nature. Révélateur de rien du tout. En tenir compte dans l’évaluation d’un individu n’est pas seulement illégal, c’est surtout un crime doublé d'une grave faute de goût. Et pourtant, un Pape noir, un Pwésident dans la Maison Blanche, quelle belle perspective ! On ovationnera ce signe de progressisme s’ils se produit, on dénoncera le wacisme latent des institutions s’il se fait attendre.

 

Dans le même ordre d’idée : Robert Duschmoll, Blanc hétérosexuel mâle, se retrouve à la tête de va savoir quel pays. Si vous êtes quoique ce soit d’autre que leucoderme, pas pédé et pas gonzesse, la Loi de la Représentativité Absolue et Relative postule que vous ne vous sentirez pas vraiment concerné par son action. Limpide : vous ne vaquez pas aux mêmes culs, vous ne gérez pas les coups de soleil de la même manière, vous pissez du sang une fois par lune, autant de différences qui vous rendent étranger à cet homme-là. Il ne peut pas défendre efficacement vos intérêts parce qu’il ne vous comprend pas vraiment, et il ne vous comprend pas vraiment parce qu’il ne vous ressemble pas.

 

Porquè no, finalement ? Sauf que ce n’est pas vrai pour tout le monde. Ainsi, pour peu que vous ressembliez beaucoup à Robert Duschmoll, son teint et ses érections ne vous concernent absolument pas. Tout ce qu’il compte, c’est qu’il soit compétent, honnête, en accord avec vos opinions politiques. Sa blanchitude est un détail gênant ; il n’est pas obligé de s’en excuser publiquement, mais s’il fait un geste en faveur de la négritude, de la jaunitude, de la gaytude, de la météquitude, il aura en quelque sorte « racheté » sa carence en mélanine, dont l’Histoire nous démontre si bien le potentiel criminogène et génocidaire.

 

En clair, plus il se fera le représentant de gens qui ne se sentent pas représentés par lui, plus vite il gagnera ses galons de Nouveau Juste. Notons que l’homologue tiers-mondesque de Robert Duschmoll serait malvenu de lubrifier une telle Ouverture sur l’Autre ; l’étiquette exige de lui une dignité ombrageuse de descendant d’esclave ou de coolie, sans laquelle on devient un colonisé, un Oncle Tom, un Bounty. 

 

Rester cohérent au milieu d’un tel bordel idéologique et sémantique, est-ce possible sans LSD ?

 

L’astuce semble être précisément de d’appliquer ce contre quoi la Représentation veut précisément lutter : l’inégalité de traitement selon la tronche de l’électeur-client. Oh on s’entend : à dose homéopathique, avec parcimonie et discrétion. Robert Duschmoll s’appliquera donc à ne pas représenter du tout ses semblables en tant que tels. Ce sera selon qu’ils soient de « gauche » ou de « droite », fonctionnaires ou indépendants, syndiqués ou non, roulant en poubelle ou en Lexus – qu’importent les catégories, l’essentiel est de créer autant de factions que possible et d’en faire des marchés captifs.

 

Au sein de chacune de ces filières, ne restera plus qu’à mitiger tant que possible toute forme d’homogénéité trop prononcée. Prôner la Mixité sous ses formes les plus délirantes. Donner des gages d’ouverture et de tolérance. Faire des appels du pied très appuyés aux Minorités. Bien insister sur le fait que « rester entre soi » nuit à la paix sociale, à la prospérité économique, à la santé de la Démocratie. 

 

« Rassembler », en un mot.

 

C’est si imparable que même les éventuels contradicteurs en viendront à surenchérir dans le même registre, à adopter la même rhétorique, à se polir jusqu’à la transparence, à se réclamer des Drouadloms pour lutter contre le droit-de-l’hommisme. Le chant d’un vieux cygne imitant le plus laids des canards. L’ultime humiliation arriviste avant le recyclage dans le compost de l’Histoire.

06.05.2008

A GIRL'S BEST FRIENDS

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04.05.2008

CROIRE, CONSOMMER, OBEIR

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Profitez de cliquer sur la belle feauteau pour lire un bien bon blog.

02.05.2008

SHOULD I STAY OR SHOULD I GO

De prime abord, ça semble être un choix plus que cornélien.

 

Rentrer chez soi, où l'on est bien accueilli, à l'abri des discriminations, au soleil toute l'année mais où il n'y a pas forcément d'eau courante, où on règle les différends à coups de machette et où on soigne le sida avec du jus de fenouil...

 

Ou se faire sa place dans le Reich Sécuritaire Occidental, où tout le monde est raciste, où la police fasciste pratique officiellement le délit de sale gueule, mais où la blonde facile n'est vraiment pas regardante sur l'AOC du sex-toy humain temporaire, où les banques te prêtent volontiers de l'argent pour t'acheter un nouveau canapé et où l'autochone moyen s'excuse de crimes que ni lui ni ses grands-parents n'ont commis ?

 

Dur dur.

 

Mais en fin de compte, le choix semble assez vite fait.

 

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27.04.2008

LEGALISEZ-LES TOUS

Les Frères-Humains-fascistement-dépourvus-de-titre-de-séjour font la grève en Hexagonie. On peut ricaner un moment sur la pertinence de refuser de bosser quand on n'est pas censé avoir droit à du taff ni même être là, mais c'est assez vain, légaliste, centre-droite, et ça ne distrait pas très longtemps. Sur ces questions, seules deux positions sont dignes d'être soutenues et publiquement affichées : soit l'on s'en fout, impérialement, soit l'on est favorable à une régularisation massive tous les trimestres. C'est ça ou rien.

Les réalistes choisiront la première option, qui est la plus sage. Puisqu'il n'est pas de la compétence du peuple de choisir qui il veut ou non accueillir sur son sol, et puisque nos divers cornacs voient le métissage de masse d'un très bon oeil, qu'est-ce que ça peut nous foutre ? Avec ou sans sa médaille, vacciné ou grouillant de puces, c'est toujours le même clébard qui se promène dans le jeu de quilles, et que l’antispécisme nous interdit de chasser à coups de pierres. Rajoutez autant de caméras et de mosquitos que vous voudrez, imposez-lui des cours de français et de citoyennitude, et réveillez-moi dans quinze ans pour me confirmer que ça ne servait à que dalle.

D'un point de vue plus général, l'observateur qui ne s'embrume pas l'esprit avec des slogans ou des statistiques éprouve fatalement un sentiment difficile à cerner, lorsque se présentent à lui de prétendues "grandes questions sociales". Il se sent comme parachuté dans un mauvais film, ou au milieu d'une cérémonie new-age particulièrement bouffonne. En gros, il se demande ce qu'il fout là, pourquoi on lui demande un avis dont on ne tiendra pas vraiment compte, pourquoi on le somme de choisir entre sauce blanche et sauce piquante alors qu'il n'a pas envie de kebab à la base. En mâtant le téléjournal, en étudiant le matériel de vote, en causant politique avec des gens "sérieux et responsables", en écoutant les conversations autour du zinc, toujours et partout cette même sensation de débarquer dans un hôpital, où des infirmiers se battent pour établir le menu d'un patient déjà crevé.

Les optimistes choisiront la seconde option, plus aventureuse. Elle consiste à tabler sur l'aggravation de la situation, en espérant qu'un accroissement consécutif des flux migratoires finira par rendre ingérable, puis explosive, une situation où nous devenons fous sans rien pouvoir faire de décisif. La prophétie du Camp des Saints enfin accomplie sur Terre. Un Lampedusa continental. Un débordement si colossal des outils de régulation étatiques et économiques que l'apparence du calme et de la prospérité ne pourrait plus être maintenue - prélude à toutes les insurrections et sécessions imaginables.

On voit bien ce que ça a de romantique et de masturbatoire. La capacité du régime à dissoudre et recycler tout ce qui semble le menacer sape ces délicieuses rêveries. En 2008, les cent rafiots menés par le Calcutta Star ne provoqueraient aucun exode, pas la moindre révolte, et peut-être même aucun changement fondamental dans nos routines. Notre coin du monde blanc est mort depuis des lustres déjà. La visibilité croissante du communautarisme ne joue pas le rôle des métastases du continent, elle est le signe de son pourrissement et les Indigènes de la République se lèvent chaque matin en chantant son Requiem. Nous ne risquons plus rien : le pire est déjà fait, le point de non-retour est passé. Ce qui rend si difficile à admettre une telle réalité, c'est que nos malheurs n'en sont pas terminés pour autant, ils ne font au contraire que commencer. Nous n'en sommes qu'à la naissance des véritables Heures les plus sombres de notre histoire, les dernières.

Seule certitude : un durcissement, même radical, des politiques européennes en matière d’immigration ne serait pas une bonne nouvelle. Il n’y a rien à attendre d’un cristallisation de la situation présente. Un retour à la l’Ordre et une quasi-militarisation de la société pourrait calmer le phénomène racailles et les ardeurs artificières des fous d’Allah, sans doute. Et alors ? Abd al Malik ou Joey Starr comme beau-fils, je suis navré mais je ne vois pas la différence, et si vous la voyez, pensez à changer de fournisseur de coke. Il est absolument clair que tout Etat, même ouvertement identitaire, demeurera l’obstacle central à l’exercice de notre droit à disposer de nous-mêmes. Laissez donc piorner les Boniches sur les dernières clowneries électorales chez nos amis ritals : ce qui les chagrine n’a rien pour nous réjouir, malgré le petit plaisir qu’on peut retirer du spectacle de leur désolation.

Nous qui avons perdu pratiquement tout ce qui justifiait notre existence, tout ce qui lui donnait du sens, de la beauté et du goût, pourquoi diable nous syndiquer pour améliorer nos conditions de détention ? Il faut au contraire qu’elles deviennent intolérables, jusqu’à pourrir la vie de nos mâtons et gâcher le sommeil du directeur. Puisque la guerre ethnoculturelle est perdue avant d’avoir pu commencer, il n’y a plus qu’à pratiquer le sabotage systématique. Brûler la terre faute d’avoir pu la défendre, et sans espoir la reconquérir de notre vivant. Concrètement, il n’y a même pas grand-chose à faire, ce qui est bien pratique : le mécanisme d’autodestruction est en route, et les microbes qui nous dissolvent gagnent chaque jour en arrogance d’esclave révolté mais toujours honteux.

Tout ce qui peut nuire à cette Europe qui n’est plus la nôtre, est à saluer comme une divine surprise. 

 

24.04.2008

HIP-HOP POUR FACES-DE-CRAIE

 

22.04.2008

CA BOUGE ENCORE DANS L'ATLANTIS

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La fan blonde éplorée : Ah ben merde, j'y croyais plus...

 

Le capitaine emo-balafré : Tu vois que t'as bien fait de me garder dans tes favoris, connasse !

17.04.2008

HAPPINESS IN SLAVERY

D'habitude, Capital, ça cause de la vie des riches ou de la manière de s'offrir des vacances de bourges, ce genre de choses fondamentales. Ce dimanche soir, c'était un numéro spécialement consacré à la promotion de la servitude économique volontaire, avec une belle galerie de portraits dégradants. Ca a trente balais, c'est fun et tendance, et ça s'expatrie chez les bougnoules, les bridés ou les yanquis pour "faire fortune" et "chercher l'aventure" dans de "nouveaux Far-West".

 

La fortune, c'est trois fois le salaire français sans papiers ni qualifs, mais pour trois ou quatre ans maximum, dans des conditions d'hébergement effrayantes, au contact de grouillements humains cauchemardesques, dans des dédales de verre et de béton floutés par des brumes toxiques permanentes.

 

L'aventure, c'est s'entasser à huit dans une chambre d'auberge de jeunesse en guise d'appartement, ou dans une caravane recouverte d'un revêtement thermique opaque histoire de ne pas dormir en anorak, avant de retourner au bureau pour peaufiner le portrait d'un Afrootballeur destiné à un jeu vidéo sportif pour ados obèses.

 

Le Far-West, c'est la loi du plus friqué, dans des Etats où le libéralisme permet et promeut la destruction de l'environnement, les sous-jobs jetables, les formes les plus dégradantes du salariat moderne - comme par exemple cette Chine où on ne boycotte décidément pas tout à la fois, et qu'on taquine pour son communisme tout en applaudissant ses efforts de Croassance.

 

Mais tous ces jeunes gens trouvent ça formidable. Ils sont Français, souvent très recherchés pour cette AOC dit-on, mais ils ne sont de nulle part. Tout lâcher pour vivre trois ans à Dubaï, puis six mois à Vancouver, puis quatre trimestres ailleurs où sévit la mégalomanie financière ou immobilière, ça leur va. L'essentiel, c'est qu'il y ait suffisamment de nightclubs et qu'on puisse tutoyer les collègues pendant la pause Café-What-Else. Ne penser à rien pour agir global. Le stade suprême de la spéculation humaine, en somme. 

 

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D'autres s'endettent pour reprendre un bistrot et en faire un lounge à canapés blancs et sushis lyophilisés, juste le temps de rempocher leur mise de départ et de se faire un pourcentage au passage. Ces esclaves volontaires vont plus loin, en investissant carrément leur vie, en boursicotant avec leurs propres "ressources humaines", plantes vertes qui trimballent leur pot d'un continent à l'autre en suivant les nuages de pluie. Voilà le prix à payer quand on veut exhiber, sur un gigantesque écran plat, les photos de ses vacances dans un bungalow collectif sur une île, comment elle s'appelait déjà ? Enfin une île et c'était vachement bien, tu vois. On les comprend. Ils ont bossé dur. Alors ils les méritent bien, ces vacances. C'est pour elles qu'ils ont bossé si dur d'ailleurs, et qu'ils sont allés vivre près des derniers cercles de l'enfer urbain occidentalisé.

 

Inutile d'expliquer à ces gens-là qu'ils ne sont pas leur travail ; ils sont leur week-end et leurs primes au rendement.

 

Leur spectacle pourrait être glaçant, il est à peine pitoyable. Ce n'est pas comme s'ils nous vendaient une grande réussite personnelle, à la force des reins et du poignet, dans des terres hostiles où tout est à construire. Leur mise en scène n'a rien de Bollywoodien, elle est terne, mesquine, carcérale. De grands sacrifices et un exil radical pour des miettes hâtivement grapillées d'un fuseau horaire à l'autre. La torpeur du décalage horaire conçue comme un quotidien très banal. Tout ça pour que dalle de durable. Leurs racines arrachées de la terre d'Europe ne se plantent pas dans leur coin du lupanar mondial ; ils vivent perpétuellement hors-sol. L'arnaque est flagrante, le bon plan pue le bricolage au rabais et la pub si outrageusement mensongère que personne n'y croit d'entrée de jeu.

 

Les globalistes nous font une séance Nostalgie Des Trente Glorieuses, comme d'autres radasses imbitables à la Amy Winehouse recyclent Aretha Franklin. On va faire semblant, comme avant, du temps où ça marchait, où tout le monde pouvait croire à un destin de Golden Boy en partant de que dalle. Vous aussi vous pouvez connaître un destin magique, si vous vous donnez les moyens de vos ambitions. Vous aussi vous pouvez finir red-en-chef en commençant par vendre des journaux à la criée. Vous pouvez être le prochain Bill Gates, ce nerd entouré de hippies qui s'est retrouvé à la tête d'un Empire.

 

Ca a plutôt bien marché pour nos parents, cette course de lévriers. Pour nous autres, ça soulève déjà moins d'enthousiasme, parce qu'on a pigé que le lièvre n'était pas mangeable. Même les suceuses prosélytes qui étalent leur soumission à l'écran suintent un vide existentiel si total qu'on en a mal pour elles - à leur place plutôt. Mais pas longtemps. A les voir tortiller du croupion entre dédales de bureaux et boîtes de nuit identiquement glauques partout sur le globe, on se dit que, décidément, manier du shrapnel artisanal dans une bicoque perdue du Montana était une carrière d'expatrié particulièrement séduisante.

 

PS : jamais fait autant de fautes de frappe ou de grammaire depuis longtemps, purée. Merci à Sam pour m'avoir signalé les oublis d'une première relecture...

14.04.2008

LA MORT DE L'EMPIRE, TROISIEME TRANCHE

Quelques pages supplémentaires du colossal document de Keith Preston, dont les deux premières parties sont disponibles dans la rubrique ad hoc. Sauf en cas de précision expresse, ceci (...) signale une coupure parfaitement arbitraire dans le corps du texte parce que l'auteur y répète une fois de plus des choses abordées plusieurs fois plus haut. Preston est coutumier de ces récapitulations laborieuses, notamment en dressant systématiquement la liste de tous les groupes farfelus pouvant espérer un certain degré d'autonomie au sein du délabrement mondial qu'il appelle de ses voeux. La tranche d'aujourd'hui comprend les chapitres 4 à 6. Bonne dégustation.

 

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11.04.2008

APRES L'EFFONDREMENT

"Ceux qui annoncent, pour s'en réjouir ou pour s'en effrayer, un effondrement à venir de la civilisation se trompent : il a commencé depuis longtemps, et il n'est pas excessif de dire que nous nous trouvons aujourd'hui après l'effondrement."

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09.04.2008

BEBETES IMMONDES

Soyons vigilants, Citoyens, car le Ventre Fécond s'en prend directement à nos six trente millions d'amis.
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Ah vraiment, ils ne respectent plus rien.
Il va falloir un devoir de Mémoire d'éléphant pour lutter contre tout ça.

08.04.2008

HUMOUR NOIR

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(Déniché par Frater Piotr)
Contre la diarrhée, pensez à la tisane d'orties.
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06.04.2008

SERIAL VICTIMS

3c048da8544beb984b7de80f9fdbdbad.jpg<< J'ai vu un truc, à la télé, ben du coup je suis plus très sûre de vouloir faire des gosses...>>

 

Dixit la charmante petite chose avec qui je partage presque équitablement les quelques mètres carrés encombrés de ce vieil appartement Il faut dire que la pauvresse venait de se taper - de son plein gré, en plus - un long soap-documentaire sur des ados ne vivant que par, pour et sur Internet. Ce que j'en ai entendu, plongé de mon côté dans un bouquin sur les magouilles pas propres de Greenpeace, faisait effectivement froid dans le slip. Chaque sortie de ces sous-merdes pubères constituait un argument-choc en faveur de la vasectomie.

 

J'ai quatorze ans et je veux faire chanteuse ou rien. Pas deux ans de plus et tout le web francophone peut voir mes loches ou les pelles que je roule à une copine. J'ai plus de mille potes, à qui je ne cause jamais que sur MSN. Ne leur manque plus qu'à se nourrir par intraveineuse, puis à installer des cagoinces chimiques à côté de leur plumard, et ils n'auront plus rien à attendre du monde extérieur, en-dehors de se faire récupérer en temps voulu par les services de la morgue. 

 

Le privilège d'être parent, c'est qu'on a un choix illimité de trouilles à disposition.

 

Mon gamin sera malformé.

 

Mon gamin sera racketté par des hyènes protégées par les boniches de la grisaille scolaire.

 

Mon gamin sera cogné à dix contre un quotidiennement jusqu'au suicide.

 

Mon gamin sera acteur porno gay.

 

Mon gamin sera junkie et prostitué.

 

Mon gamin sera un tiers-mondiste décérébré.

 

Peu de parents toutefois semblent réfléchir à l'éventualité que leur Septième Merveille du Monde a de bonnes chances d'être stupide. Une illustration vivante de votre échec à transmettre certaines valeurs et certains comportements. Un contrepied exact et acharné de tout ce qui vous importait vraiment à l'époque où vous aviez pris le risque insensé de perpétuer la lignée dans notre crevoir de masse. Une victime non pas des dangers physiques dudit crevoir, mais de son pourrissement des neurones et des tripes. La marmelade directement injectée dans les tripes du verrat. Les trouilles tendance, c'est de redouter les voyous, les profs de gym pervers, les carences en fruizélégums ou l'excès de bibine-dje drinking, n'est-ce pas, ce fléau londonien, tralalère... Mais s'attendre à ce que l'environnement culturel qu'ils connaissent en vienne à formater leur progéniture en trépanés, en toxicos de la Visa, en sacs poubelles à disposition de tous les déchets de l'industrie des loisirs, ça, ça va.

 

Les gosses chez qui je tente de consolider les ruines causées par l'instruction publique ont des pondeurs dans ce trip-là, à la fois misérabilistes et idolâtres. "Il est pas con, mon fils, il connaît par coeur tous les personnages de mangas." "Vous vous rendez compte ? Elle a trente mots à apprendre par coeur pour demain, et même qu'elle doit en connaître la définition ! " Leur demander le moindre effort de réflexion ou d'apprentissage, c'est presque des méthodes à la Fourniret. Voilà des gens qui ne trouvent rien à redire aux ateliers d'écriture hip-hop ou aux cours de tolérance citoyenne, mais qui refusent l'unique chose que l'école obligatoire pourrait encore les aider vaguement à enseigner à leurs gamins, un minimum de rigueur et de discipline.

 

Au moins ces malheureux ont-ils pondu sans trop se poser de colles métaphysiques. Je ne pense pas que tu te rendes compte, cousin anonyme du cyberfafspace, de la chance phénoménale de notre génération de futurs reproducteurs. Nous sommes les premiers, depuis des lustres si ce n'est depuis toujours, pour qui fonder une famille est à la fois un devoir sacré et un terrifiant crash-test. Le couronnement de toute une existence, doublé d'une garantie d'échec, de dégoût et de trahison.

 

Alors bien sûr, il y aura les posés, les sereins, les lettrés qui sortiront des citations remontant à la plus haute Antiquité, et qui démontreront, numéros de page à l'appui, que chaque nouvelle génération déçoit systématiquement celle qui l'a embarquée dans sa propre galère. Ils convieront Sénèque, Socrate et Adrien pour banaliser cette panique spirituelle de donner naissance à des portées de trouducs décomplexés. Ils auront sans doute raison quelque part, dans le sens où c'est un peu le boulot des mouflets que de navrer la génération précédente. Mais combien de nos ancêtres ont-ils démarré une famille avec, boulonnée au ventre, la terreur lucide d'enfanter dans un cloaque qui salira et abrutira les descendants les plus prometteurs ? Au moins la plupart d'entre eux pouvait-elle attendre l'adolescence avant d'être déçue ; nous autres, nous pouvons prévoir que nos moutards seront soit abyssalement cons, soit enterrés vivants sous les taches, les bâtards et les décérébrés.

 

Sont-ce là raisons suffisantes pour s'abstenir de cracher au bassinet génétique ? Mais oui ! C'est clair ! Amplement d'ailleurs !

 

Allons-nous pour autant tenir compte de tous ces signes annonciateurs de temps encore plus obscurs et malsains que les nôtres ? Y a peu de chances.

 

D'accord pour admettre que tout est foutu, que l'occupation du terrain nous a échappé pour de bon, que toute reconquête semble absurde pour les vingt-cinq années qui viennent au bas mot, et que d'ici-là nous serons dans un état encore plus pitoyable et déshumanisé que maintenant. Mais s'est-on jamais mobilisé pour la Victoire ? Y a-t-on jamais vraiment cru ? N'était-ce pas plutôt une exigence toute esthétique avant tout ? Une volonté de partir, sinon en beauté, du moins pas sans noblesse, le crâne fendu mais la tête droite ? Peu l'admettront ouvertement, et personne ne le fera chez ceux qui cherchent une reconnaissance officielle de leurs efforts militants. C'est une condition non-négociable de la réussite ; se battre sans plus y croire est un privilège de cinglé et il nous faudra accepter cette étiquette avec le sourire, avec gratitude même. Ne pas chercher noise aux contempteurs qui n'y verront que prétexte, déguisement d'une passivité honteuse, confort de l'aboyeur qui ne mord pas. Fermer sa gueule pour de bon, ou faire en sorte de n'être entendu que de cercles minuscules, là où nos vomissures ne viendront pas perturber les balayeurs métapos de la sciure du cirque démocratique.

 

Se concentrer sur l'essentiel, à savoir se raccommoder avec nos instincts de survie primaires et bosser à devenir des pères présentables. Construire patiemment, modestement, sans exaltation aucune, l'abri atomique où pourront pousser les suivants, plus ou moins à l'abri du bombardement de dégueulasseries scolaires, télévisuelles, politiques, sous-culturelles, ethnosuicidaires. Faute d'avoir pu trouver une famille de substitution auprès des "camarades" au rabais, en créér une soi-même, une vraie, une solide, ni recomposée, ni mixte, ni altersexuelle, du basique, du pas raffiné, du brutal. Du boulot d'artisan consciencieux et d'artiste oeuvrant dans l'absolu. Parce qu'en définitive tout se ramène à cela, et à que dalle d'autre. Une génération après celle qui aura tout fait pour Tuer le Père, le faire renaître enfin à travers nous-mêmes, lui redonner sa place, le resacraliser. Etre pour ceux qui nous suivent ce que ceux qui nous précédaient n'auront pas pu être pour nous.

 

En des temps d'universelle laideur, une famille traditionnelle qui fonctionne constitue la propagande par l'acte par excellence, l'insulte absolue à nos assassins, le gigantesque Fuck-Off inattendu à notre extinction programmée. La conciliation inespérée entre utopie complète et action pragmatique. Et ce uniquement pour la beauté sauvage du geste. Un dernier acte d'engagement qui va beaucoup plus loin que tous les risques consentis jusqu'alors : le risque de devenir normal dans un monde dont nous rejetons la normalisation forcée vers le tordu, l'absurde et le gerbatoire.

04.04.2008

L'OCCIDENT, CA TROUE L'CUL

Mobilisons-nous tous et protégeons toutes ces belles choses que le monde nous envie contre la menace terroriste qui siffle sur nos têtes.

 

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01.04.2008

CRONULLA MY LOVE

165788027.gifDes jeunes qui se bougent en Australie. Le blog a mis du temps à prendre un peu de viande mais du matériel commence à s'accumuler. C'est bordélique, ça compile des liens vers de Benoist et Malcom X, on espère que ça va continuer à s'améliorer... Rajouté dans les liens ad hoc.

Y A PAS QUE LES VACHES QUE CA PERTURBE

Je crois que mon horloge biologique commence à déconner un maximum. J'ai reposté le clip de Fear Factory, étant persuadé de ne pas l'avoir fait.... On va dire que c'est la faute au changement d'horaire...

 

Pour rester dans l'ambiance et continuer de brouiller les repères temporels, je remplace par la bande-son de mes jeunes années de déglingue et d'abonnement aux crises de foie assistées par boissons fermentées.

 

31.03.2008

COOL, DU BOULOT EN MOINS

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Si ce n'est pas déjà fait, pensez à lire les trois derniers billets du Bal Des Dégueulasses (çui-là, et pis çui-là, et pis aussi çui-là, peut-être mon préféré) . Thèmes variés traités avec précision, concision et patate.

 

 

29.03.2008

PRAGMATISME

Un premier billet sur Fitna a fini aux chiottes après deux heures d'effort pour dire quelque chose de pas trop khon. Je pensais ne plus y revenir. Les ultras ne peuvent qu'être déçus, les réacs plus ordinaires font avec et l'essentiel a déjà été dit ailleurs, notamment dans la nouvelle version d'A l'Ombre des Lumières. Que rajouter à tout cela ?

 

Je lis et j'entends, ici ou là, que ce Vidéo-Gag mouzlimophage reste un pavé dans la mare, si mal ficelé qu'il soit et quelles que soient les intentions véritables de son créateur. Ca aurait le mérite de clarifier une ligne de front minimale, de causer enfin en termes de "Eux" et "Nous". Les considérations sur le républicanisme vachard qui le sous-tend, le choix final entre vivre en dhimmi ou en toxico de supérette, ne seraient que de la pougnette pour geek politisé. Il en découle que quiconque crache dans cette triste soupe finira soit par en manger quand même sous la pression des événements, soit par crever de faim parce qu'incapable d'en cuisiner une autre plus mangeable.

 

Choisis ton camp, kamarade, question de vie ou de mort, le reste n'étant qu'arguties.

 

Eh bien en bon Helvète, je m'accroche à mon putain de neutralisme congénital. Je choisis de ne pas choisir.

 

Ou mieux, et plus précisément : je choisis la mort, parce que c'est le seul vrai choix à disposition. L'alternative qu'on nous propose n'est pas aussi radicale qu'on le voudrait. In fine, s'agit pas d'opter pour l'américanisation totale ou la dhimmitude complète. Ces scénarii sont des vues de l'esprit, des projections brumeuses, des extrapolations cauchemardesques - pour la raison simple qu'il n'y a pas de ligne de fronts, pas de fronts, pas de troupes.

 

La partie qui se joue actuellement ne nous concerne pas, ni en tant que patriotes prêts à en découdre, ni même en tant que membres d'un peuple.

 

Premièrement, il est inutile de disserter longtemps sur l'état du camp plus ou moins enraciné. Pas de pognon, du matériel humain désastreux, un manque de formation qui serait foudroyant de déshonneur si quiconque en avait quelque chose à foutre, presque aucun lieu de vie indépendante sérieusement organisé et sécurisé, pas de réseaux de solidarité solides, aucun sanctuaire à l'abri des curiosités policières, un capital de sympathie populaire moins que ridicule, basta ! Quant à l'idée de fréquenter les "patriotes" officiels et bien organisés, elle révolte tout activiste qui les a pratiqués quelque peu. Ces bestioles ne vivent tout simplement pas dans le même monde que nous et ne voient jamais en nous que de la main-d'oeuvre gratosse pour Love Parade électorale, ou des allumés à foutre en quarantaine pour éviter les ennuis avec les autorités et la presse.

 

Deuxièmement, notre peuple est un entassement de cadavres sous perf' qui ne réagit à plus rien, qui subit toutes les humiliations possibles depuis trop longtemps pour avoir encore la moindre décence. Vous pensez encore pouvoir le faire paniquer avec des vidéos et des tracts ? Qu'il ressent encore quelque chose en se plongeant dans la surinformation, fut-elle moins putassière que l'officielle ? Il a intégralement renié sa culture et ses racines, pour n'en conserver que des miettes de folklore mièvre ; il n'a plus aussi honte de les grignoter que la génération précédente, mais il ne comprend tout simplement pas qu'on puisse se battre pour de tels restes. Il sait où il vit mais se contrefout d'où il vient et ne sait pas plus que nous où il va. Et surtout, surtout, il ne se sent pas menacé par l'islam, ni même par la substitution démographique.

 

Une Europe sans leucos, ça lui paraît tout bonnement impossible. C'est un fantasme qu'il se refuse à imaginer, exactement comme un individu est, la plupart du temps, incapable d'imaginer sa propre mort. C'est biologique. C'est indépassable. Quand un être se sent vraiment à deux doigts de claquer, il ne réfléchit plus. Il agit. Il cogne. Il hurle. Il bousille tout autour de lui. Il soulève quatre fois son poids sans effort ni dommages. Et il le fait sans suggestion extérieure, sans propagande, sans sournoiserie. Vous voyez quelque chose comme ça autour de vous ? Moins de goinfrerie ? Plus d'intransigeance ? Un regain clair d'intérêt pour des questions autres que le "pouvoir d'achat", les cotisations, les horaires de boulot et la fonte printanière de la banquise ? Nada. L'euphorie médicamentée. La vie de merde avalée patiemment en faisant descendre chaque cuillère avec des tranquilisants, et ces mélanomes sans lesquels on passe pour un loser qui n'a pas été se griller la couenne sous les Tropiques pendant ses deux seules semaines de liberté conditionnelle.

 

Les faits, élémentaires, démontrent qu'il n'est plus question de savoir qui nous voulons ou pas chez nous. Il n'y a plus de "chez nous". Nous habitons sur des terrains appartenant à l'Etat ou au Marché, des entités pour qui l'identité n'est qu'une question de capitaux ou de paperasse. En tant que squatteurs, nous ne sommes tolérés qu'aussi longtemps que nous acceptons le racket officiel de l'administration et les règles de bonne conduite fixées par nos proprios. Tortillez l'affaire dans tous les sens, achetez tous les bouquins qu'il vous plaira, votez pour tous les parlementaires que vous voudrez, vous trouverez toujours le même résultat : nous ne pouvons pas décider de notre sort collectif. Officiellement, officieusement, pragmatiquement, il ne dépend plus de nous. Ceux qui avaient oublié l'affaire d'Emmen ont eu récemment une bonne piqûre de rappel, avec ce village argovien où une Turque a pu contester victorieusement le refus de sa naturalisation au motif de son hijab. L'unique condition d'accès à ce qui était hier nos terres sont les mêmes que dans une discothèque minable : TENUE CORRECTE EXIGEE, CONSOMMATION OBLIGATOIRE. L'Europe n'est plus qu'une boîte de nuit, où nous ne sommes que des clients parmi les autres, d'autant moins importants que nous consommons assez peu, que nous n'aimons pas la musique et que la fréquentation nous fout la gerbe. Si nous ne sommes pas expulsés, c'est que nous en sommes encore à bougonner dans un coin sans lumière.

 

En tant que citoyens, nous avons délégué tous nos pouvoirs aux épiciers, aux flics et aux avocats. Nous pouvons choisir la marque de préservatif mais pas refuser de nous faire enfiler. Il n'existe pas de moyen légal et pacifique de reprendre ce pouvoir, nous le sentons tous, confusément ou clairement selon les cas. Sauf qu'un coup de force est inimaginable et que, pour la plupart, nous ne sommes pas (encore?) prêts à donner nos vies pour emporter avec nous un maximum de salopards. Cette situation rend toute parole vaine et ridicule, tout acte mort-né, toute initiative sans objet. Voilà ce qui explique, fort simplement, ce mélange d'apathie et de rage sous la peau, cette combustion qui nous bousille de l'intérieur sans foutre le feu à rien du tout autour de nous.

 

I chose not to chose life, une fois encore. Voilà le seul vrai choix. Refuser de vivre trop longtemps dans un bourbier pareil, c'est ça l'option raisonnable, la seule. Pas que je prône le suicide immédiat (ce qui serait immoral) ou l'attentat kamikaze (ce qui serait fort peu démocrate). Mais il paraît de plus en plus incontestable que "nous" n'avons plus rien à foutre ici-bas, hormis causer un maximum de dégâts selon nos compétences et notre degré de désespérance. Ma génération est née et vit depuis toujours derrière les lignes ennemies, en plein territoire hostile. Culturellement, nous sommes tous des Serbes du Kosovo, des fermiers blancs du Zimbabwé. La résistance à l'écrabouillement par les mondialistes ou la dilution par les barbus n'est pas une question de survie, puisque nous sommes condamnés en tant que groupe ; c'est une question d'honneur individuel - rien de plus, rien de moins non plus. En fin de compte, tout se ramène à savoir si l'on veut claquer avec dignité ou avec enfoncé dans le rectum le livre saint de l'Ennemi, que ce soit le Coran ou la Déclaration Universelle n'ayant aucune espèce d'importance. D'ailleurs, nous avons le second si profondément encastré qu'il n'y a pas de place pour le premier. Vos petits-enfants bâtards seront aussi pratiquants que l'étaient nos parents, vivant encore en terres chrétiennes plus ou moins épargnées : ils sauront quelques sourates, ricaneront des bondieuseries de leurs aînés, fréquenteront à peine les mosquées et s'en iront tirer sur des chichas à la pomme avant d'aller aux soirées Tektonik Revival pour singer la jeunesse idiote de Grand-Papa. Ils vivoteront dans un climat de violence ordinaire, comparable à celle des grandes villes du XIXè, auront des dettes dès la maternelle, baiseront n'importe quoi qui marche sur deux pattes, auront de la peine à faire la différence entre Hitler et Ben Laden, feront des enfants encore plus idiots qu'eux. Et la grande tuyauterie financière du globe continuera de fonctionner comme si de rien n'était, sans heurts de masse, parachevant le bétonnage irréversible de tout le foutu continent.

 

Si Geert Wilders finit avec un yatagan dans la bedaine, on pourra le considérer comme un martyr de la Liberté d'Expression, un type qui se sera fait trouer la peau pour ses idées au lieu de vendre celle des autres pour faire plaisir à Wall Street. Réactions auprès du grand public ? NICHTS. Les collabos se saouleront la gueule de bonheur et oseront aller jusqu'à affirmer publiquement qu'il avait pris des risques et que ce genre de choses peut arriver, ma brave dame. Les réacs en feront un Saint et un Héros, comme ils avaient taillé des étendards dans le cuir gras de Théo Van Gogh, dont ils ignoraient tout à la veille de sa mort. Monsieur Moyen trouvera ça pas cool, se commandera sa pizza-kebab du soir en pensant que nous vivons des temps décidément bien peu civils et que c'est pas dommage qu'on soit enfin vendredi soir. Des émeutes ? Des parkings entiers incendiés ? Des chasse à l'homme dans les territoires occupés ? Des gouvernements renversés pour cause de trahison passive ? Mais comment donc. Mais bien sûr. Evidemment. Vous pensez bien.

27.03.2008

CRACHE DESSUS, CA LUBRIFIE

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Après les Idiots-Utiles de gauche, les Provocateurs-Lubrifiants qui font frétiller les droitards.

 

Sa caricature représentant le prophète Mahomet portant un turban en forme de bombe a changé sa vie, mais Kurt Westergaard dit n'avoir aucun regret.

Ce caricaturiste danois de 72 ans est l'auteur du dessin le plus controversé dans la polémique qui a éclaté après la publication en septembre 2005 dans le quotidien danois Jyllands-Posten d'une série de caricatures sur l'islam, reprises ensuite par plusieurs journaux européens et suscitant la colère d'une partie de la communauté musulmane.

Dans une interview accordée mercredi à Reuters, il estime cependant que ces dessins pourraient au final aider l'islam à trouver une place en Occident, où la vision islamique de la société peine à s'intégrer aux valeurs laïques.

"Je le referais de la même manière parce que je pense que cette crise des caricatures est d'une certaine manière un catalyseur qui accélère l'adaptation de l'islam", dit-il.

 

C'est pour ce genre de héros que vous vous battez, messieurs les réacs. Voilà les fougueux chevaliers de la Liberté d'Expression Occidentale, bafouée par les Islamo-obscurantistes dont disséquez les sourates comme d'autres arrachent leurs ailes aux mouches (notez que les mouches, vous leur faites bien autre chose d'habitude.) Le pire, c'est que l'argumentaire du crobardiste tient parfaitement la route. Mettez les hurleuses gôchisses sur sound off et pensez-y deux secondes pendant qu'elles dénoncent l'hypocrisie du discours : les Barbudos ont tout intérêt à lisser leur discours, à se faire démocratocompatibles, à épurer leurs rangs des poseurs de bombe. Les pauvres polémiques sur le pétard mouillé de Geert machin ne sont qu'un hijab écran de fumée parfaitement dérisoire.

 

Certains le feront pour ne ravaler que la facade, d'autres plus sincères chercheront à adapter leurs convictions au confort de la décadence laïque, en priant modérément, en ne se privant pas de rillettes, en n'imposant pas de cagoule à leur femme, et en se poilant de bon coeur aux plaisanteries sur la sexualité du Prophète. Ceux qui se la joueront hardcore jusqu'au bout finiront par prendre la place de l'épouvantail nazebroque, qui tombe en poussière malgré d'innombrables rapetassages ; ils subiront un sort comparable, pire même s'ils ne font pas que stocker des armes et invoquer l'esprit de Sainte Guerre. "Notre style de vie n'est pas négociable", ce n'est pas le slogan d'un Président US sanguinaire et halluciné - c'est la philosophie de tout l'Occident, qui se militarisera plutôt que de renoncer à ses hypermarchés. Les gouvernements d'Europe écraseront sans pitié ceux qui s'acharneront à ne pas se laisser corrompre. Et qui ne péteront pas les plombs seuls dans leur coin de clapier comme nous sommes tous en train de le faire, sur nos rivages Obscurs.

 

En interne, il y aura le double boulot des imams et des Grands-Frères, tous aussi appliqués à répandre leur Bonne Parole qu'à rendre malléables, adaptables, présentables, gendre-idéalisables les incendiaires et caillasseurs actuels, pour en faire les députés, entrepreneurs, lobbyistes et porte-paroles de la France-d'Après-les-Gaulois. C'est que ça va pas marcher tout seul, le petit crédit, les vacances plannifiées aux Seychelles, la téléphonie mobile, la malbouffe et toutes ces choses sans lesquelles il n'est pas de Citoyenneté possible. Va falloir se mettre au taff ! Former la relève ! Celle "qui se lève tôt", que ce soit pour choper le métro ou faire sa première prière de la journée ! Il va donc aussi falloir du monde pour encadrer cette jeunesse débordante, surtout si elle aura pris l'habitude de tout casser à la première contrariété, et de ressentir comme une blessure mortelle toute égratignure de l'égo. Aux traîtres purs jurs qui auront oeuvré au pourrissement des cultures locales, succéderont les majordomes de notre Zone grise, qui leur enseigneront les bonnes manières et l'art de se plier aux convenances et à nos pauvres vestiges de "tradition d'impertinence et de liberté d'expression".

 

Les bédéastes blasphémateurs jettent de l'huile sur un feu de paille. Tout débat sur le caractère "intrinsèquement belliqueux" de l'Islam vous mènera dans ce genre d'impasses humiliantes, à servir de Sergent Hartmann aux nouvelles Troupes Coloniales du Marché mondial. Crachez tant que vous voudrez : non seulement vous l'aurez dans le cul comme les autres, mais ça glissera encore mieux comme ça.

 

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23.03.2008

365 JOURS DE NAUSEE

Frères Humains,

 

Il y a exactement un an, l'idée stupide d'ouvrir un blog pour y déverser mes excédents de bile noire devenait une réalité. J'y étais venu à reculons, comme quand on doit chier alors qu'on a des hémorroïdes. Après plusieurs années à pondre de la propagande pour d'autres et dans l'espoir crétin d'être utile, je me décidais enfin à n'écrire plus que pour ma pomme et à faire mon coming-out nihiliste. Une manière de boucler officiellement une époque, de transformer mes anciennes idoles en Bonhommes Hiver. Une année particulièrement idiote et improductive à tous points de vue a rejoint les égoûts du temps et la flambée n'est toujours pas terminée. Je pensais que ça allait être un bon défouloir, c'est râpé. Il y a des rages contre lesquelles le seul vaccin efficace s'administre par canon scié. Et puis il y a aussi des enragés qui ne veulent pas vraiment être guéris, autant l'admettre.

 

A l'origine, en ce 23 mars 2007, je voulais publier un avertissement à l'usage des âmes pures tombant malencontreusement en ces pages malsaines, qui disait notamment ceci :

 

Il n’y a qu’une différence très fine entre un égout et une catacombe, la nuance n’est en fait qu’une question de perspective. Pour le citoyen Romain, un homme sain d’esprit n’avait aucune raison de rôder dans les sous-sols de la Cité  ; on y croisait que des rats et des chrétiens, deux parasites peu appétissants. Rats et chrétiens, au contraire, voyaient dans ces boyaux sordides de précieux refuges, loin des épurateurs et des empêcheurs de prier en rond. Question de point de vue et d’image du monde. 

Ce minuscule recoin de cyberespace sera à la fois ma catacombe et mon égout, un abri perso autant qu’un sac à gerbe sous la surface d’un Monde Moderne chaque jour plus insupportable. Ces lignes ne s’adressent à personne, comme une bouteille lancée dans les sables de la mer d’Aral. Quelques amis les liront peut-être, certains en comprendront une partie. Les curieux les plus gonflés feront peut-être quelques commentaires cyniques, pour me prouver qu’ils ont une haine et une bite plus grosses que les miennes. Les plus sages hausseront les épaules et passeront à autre chose. (...)

 

Pour finir, c'est resté dans mes tiroirs.

 

J'ignore ce qu'il va advenir de ce bleaugue durant les prochains mois. Il viendra bien un moment où j'aurai fait le tour de la question, dissequé jusqu'aux vertèbres la carcasse de notre civilisation, cartographié les ruines de la dissidence encore hantées par des spectres pittoresques ou affligeants, tartiné sans vergogne le spleen ordinaire du trentenaire sans passé ni avenir, et tout sera dit. C'est déjà largement le cas, parce que j'ai l'impression de répéter régulièrement les mêmes conneries, sénilité précoce. Mais cette routine de détestation méthodique n'est pas sans agrément. On devient vite accro. Et pour se défaire d'une dope, la meilleure cure consiste à passer à quelque chose de plus fort. Le temps viendra peut-être où écrire ne suffira plus. Il faudra donc faire des gamins ou suivre les traces de Kaczynski. Perpétuer l'espèce ou lui nuire plus activement. Peut-être ne faire ni l'un ni l'autre, en fin de compte, et se laisser paisiblement couler dans la mélasse ambiante. Mais choisit-on vraiment de devenir un cynique croyant et pratiquant ? J'en doute.

 

Si cet organe officiel du Parti de la Haine Mondiale dure encore quelques mois, il faudra que je m'attèle aux divers travaux de traduction qui prennent la poussière sur ce bureau, à commencer par les derniers chapitres de La Mort de l'Empire. Il y a aussi quelques bouquins que je veux mettre en ligne et qui sont en cours de recopiage (quand on n'a pas le scan, on a l'insomnie et la persévérance diabolique).

 

Non content de m'offrir un très élégant habillage, Frater Piotr a réalisé en un temps record une fresque d'anniversaire que vous pourrez déguster en cliquant sur la vignette ci-dessous, également de sa patte :

 

 

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