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10/10/2008

INJUSTICE

« Ingrid » (tellement sympa qu’on peut se dispenser de son nom de famille) n’a pas reçu le Prix Nobel de la Paix. C’est un waciste qui l’a reçu, un drôle de Finlandais qui se vante d’avoir 12,5% de sang norvégien. Alors c’est bien, parce que ça veut dire qu’il est métissé, mais parler de sang, quand même, ça rappelle des heures d’histoire sombres ou un truc à base de ventre fécond, je me rappelle plus.

 

Yahooniouze, en semble légèrement chagriné (« Ce n’est pas Ingrid ».) Quant Richard Trois, il se gausse gratuitement des attentes déçues. On peut se demander en quoi rester encabanée dans la jungle pendant des lustres est utile pour la paix. Mais l’utilité du Prix Nobel aussi fait débat auprès des mauvais esprits. Ça aurait donc paru logique que l’une reçoive l’autre.

 

Aussi, je propose que, pour consoler « Ingrid », et surtout ses nombreux fans déçus par cette décision inique, on lui décerne le Prix Nobel de la Pouffe.

 

« Ingrid » n’est pas une pouffe ; une pouffe ne se pique pas de faire de la politique en zone de guérilla, et elle est souvent très baisable. Mais comme « Ingrid » n’a rien fait non plus d’utile pour la paix dans le monde, ce genre de considérations semble déplacé, à mon sens.

 

 

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09/10/2008

COEUR D'ARTICHAUT

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Prendre le train, tôt mais pas trop, pour rejoindre le bouche-trou salarié du moment. La faune du départ est bien moins pire que celle de l'arrivée. Ca ne dispense pas de quelques mesures d'isolement. La visière au ras des yeux. Les pompes à coque cirées brillant. La barbe hirsute. Et l'inévitable baladeur empétroua vissé aux portouguaiches. Pour l'ambiance festive de ce matin, qui va devenir de plus en plus glauque à mesure que je me rapproche de l'arrivée, j'ai opté pour Deadlight, de Before The Dawn, un espèce de machin genre blackcore semi-mélodique qui broie sa race. Le seuil de la douleur est encore loin mais le volume est suffisant pour ne rien entendre d'autre.

Bien entendu, le ouagon est plein. Pas question de se choisir une double banquette en solo. J'opte pour la première moitié qui se présente. Ce qui est assis en face semble femelle, je regarde à peine. Une étincelle de raffinement chevaleresque me pousserait à ôter casquette et écouteurs pour saluer, mais je passe outre. Le train démarre, et le paysage aussi, comme ont pu le chanter les incontournables Nonnes Troppo, successeuRES des non moins indispensables V.R.P.

Au bout d'un moment, je me laisse distraire des brumes funéraires qui enrobent les champs que nous traversons pour laisser errer mes yeux sur la passagère. A la réflexion, c'est parfaitement délicieux. Blond, cheveux plus ou moins court, physique agréablement ordinaire, dégaine simple, petites loches qui lorgnent discrètement hors d'un chemisier quelconque. Ce qui frappe surtout, c'est cette expression de douceur exquise. Elle me rappelle une ex. Il y a de la Madonne post-pubère en elle, une sérénité sensuelle qui rayonne et qui coupe le souffle.

Elle a l'air encore plus raide que moi, en ce petit matin humide. Elle a retiré ses lunettes, roulé sa veste en boule et s'en sert comme d'un oreiller, se pressant contre la paroi pour un semblant de sommeil. Ce n'est pas un canon, pas une icône porno, juste une donzelle des environs d'une incomparable suavité. Elle donne envie de se lover contre elle dans un immense et suicidaire élan de régression infantile. Dans un monde où Dieu existerait, elle serait une Mère idéale. Si la planète n'était pas le rectum du cosmos, tout prédateur s'approchant d'elle tomberait en poussière de cendres et elle serait physiquement incapable d'un coup de pute, d'une trahison, d'une bassesse. Les gens qui dorment sont assez laids. Elle, c'est une Joconde contemporaine. Je fais des efforts athlétiques pour ne pas la mâter trop souvent, des fois qu'elle se réveille.

Or elle se réveille, justement. Refout ses bézicles. Se penche vers moi. Semble me causer. J'arrache mes écouteurs avec autant de flegme que possible.

"Monsieur, est-ce que vous pourriez mettre votre musique moins fort, s'il vous plaît ? Ca serait gentil."

Un sourire, putain ! En mégatonnes, c'est même pas calculable. Elle était déjà belle en roupillant, quand elle vous cause c'est surnaturel. Je présente mes excuses et baisse le volume. Elle se réinstalle, divine au possible, referme les yeux, c'est à nouveau un tableau de maître, un extrait de Renaissance qui flotte devant moi avec une tendre insolence.

Court instant de grâce absolue. Plusieurs siècles d'amour courtois me traversent les entrailles en quelques minutes. Si j'étais célibataire, il y aurait de quoi se flinguer immédiatement, dans l'espoir d'entrevoir encore cet émail scintillant à travers la déchirure de ses lèvres. Cette conne-là arrive jusqu'à rendre dérisoire la moindre pensée graveleuse.

Vu ce que j'écoute, le faible volume, ça le fait pas. Et puis après cette oeillade, du boucan bourrin semble déplacé. Il va falloir zapper. Pourquoi pas Playing the angel, tiens ? En plus, l'ex qu'elle évoque adore Depeche Mode. Elle est déjà loin dans ses rêveries. Cette B.O. lui va à ravir.

When I feel the warmth
Of your very soul
I forget I'm cold
And crying
When your lips touch mine
And I lose control
I forget I'm old
And dying

06/10/2008

RETOUR DU VALSEUR

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