04/12/2008
THE DISTILLERS
Ca existe depuis 1998. Ca fait un boucan pas possible. Je découvre il y a pas deux mois. J'ai honte.

22:46 Publié dans Survie musicale zonarde | Lien permanent | Commentaires (5)
LE MIRACLE DE LA HAINE
Il y a les ceusses qui font des chiards parce que "ça se fait", impératifs biologiques et intégration sociale s'associant pour le meilleur et le pire.
Il y a les ceusses qui en font par amûr, ce truc qui dure environ deux ans jusqu'à la garde inégalement alternée.
Et puis il y a les ceusses, plus minoritaires mais largement moins récupérables, qui pondront des mouflets par haine pure.
Un puissant argument contre la reproduction, paradoxalement, est l'altruisme, dans sa version "souci de ne pas infliger à autrui ce qui nous a fortement déplu". Un élan aussi noble qu'infantile, l'un n'allant évidemment pas sans l'autre. ll faut une tripe romantique pour donner un sens esthétique à la vie, et les romantiques ne vivent pas vieux, soit parce qu'ils se flinguent, soit parce qu'ils finissent par mûrir et transiger beaucoup plus ouvertement, sereinement. C'est justement ça qui permet d'envisager la mise en route d'une famille sous un angle qu'on pensait inimaginable.
L'ultime acte militant. Le summum du terrorisme à long terme. La rencontre de l'amour et de la haine sur leur seul terrain d'entente possible.
Il faut bien admettre, un jour, un horrible jour, que l'action directe et la dissertation savante sur les racines ethnophilosophiques de l'Europe débouchent sur le même collecteur d'égouts. Vaine agitation. Nous ne changerons pas le cours de l'histoire, personne ne l'a jamais changé, il n'a jamais existé que dans l'esprit malsain des chroniqueurs. Coups de batte ou traits de plume, c'est pareil. Du Bruit Blanc en guise d'épitaphe commune, et rien d'autre.
Que faire alors de cette fureur de vivre qui ne nous est plus utile, puisque vivre dans notre Grand Hospice Occidental mène à tant de laideur et d'empilements de trahisons minuscules ?
Passer l'immonde témoin. Exactement ce qu'on se jurait, à mi-parcours, de ne jamais faire, par dignité, par esprit de revanche et de contradiction.
Transmettre la sainte flamme de la Colère à la génération suivante, en payant de sa personne, dans la discrétion totale et pour au moins un quart de siècle à plein temps.
Revenir aux basiques, stupidement, animalement, et plus conformiste tu claques.
Faire de notre haine folle un héritage.

Fabriquer les mines antipersonnel de demain avec notre propre chair. Avec le risque considérable qu'elles nous pètent à la gueule ou qu'elles fassent long feu, sans qu'on sache trop laquelle de ces options justifie le plus efficacement la vasectomie.
Faire comme tout le monde, en fait. C'est une expérience hallucinante, mine de rien, pour nous autres Perdants de l'Histoire (pour reprendre un sobriquet qui me plaît énormément, de même que Lumpen-Nationalistes; pas sûr que son auteur, qui se reconnaîtra, ait conçu ça comme un compliment, mais c'est le résultat qui compte et cette digression est vraiment merdique).
Bien sûr, tout ça, ne le dites pas à vos gonzesses. Elles balisent suffisamment comme ça. Faites comme d'habitude : ne dites rien. Continuez de passer pour renfermés, handicapés des émotions, égocentriques, vulgaires, et toutes ces chouettes travers sans lesquels leur besoin viscéral de se plaindre ne serait pas satisfait. Tout est bien mieux ainsi. Au sein du couple comme de l'entreprise - la similitude est assez frappante sur ce chapitre précis - une réputation solide de médiocrité accroît le confort de vie (do you speak moderne?).
"Faire comme tout le monde", putain. Dix-huit ans à s'engueuler avec tout le monde et à foutre en l'air toute chance de réussite sociale pour finir par un tel slogan. Ca fout le vertige. C'est digne d'un prodigieux connard. C'est génial.
19:19 Publié dans Marées Noires | Lien permanent | Commentaires (8)