07/01/2009
DIEU NE RECONNAITRA PERSONNE
Chers et tendres amis sionistes, délicats frères humains islamistes,
Ces temps-ci, comme le reste du temps mais un petit peu plus fort, vous vous écrabouillez la chetron parmi pour la possession d'une bande de gaze.

Ca paraît un peu futile, mais l'Histoire nous enseigne que moult massacres commencent par des bagatelles. Enfin, moi, je ne vous juge pas. Sérieux. Non franchement. C'est vos oignons. Les vôtres. Pas les miens. Je vous explique. A voir ma gueule, je ne suis pas arabe. Pour ce que je sais de mes deux grands-mères, je ne suis pas juif non plus. De toute manière, je mange tant de cochon (avec ou sans pinard) que même en traînant mes basques une fois par semaine dans une mosquogue ou une synaguée, je serai mal barré côté vie-après-la-vie. En outre, mes oranges, je les préfère siciliennes.
Qui d'entre vous finira par bouffer l'autre et enculer ses restes froids pour en poster des photos sur Fesse-Bouc, m'est en conséquence égal, mais à un point ! que y a pas de mots pour. Je ne me pignole pas en pensant aux massacres des femmes des uns ou des enfants des autres, c'est entendu, mais crachons le morceau : ces femmes et ces enfants ne me sont rien. J'ai spectaculairement bien digéré pendant la boucherie rwandaise ou le dernier tsunami en date, je continue à être le sale petit con égoïste et insensible que mes parents se sont rendus moitié fous à tenter vainement de rééduquer.
Sauf que ce n'est pas aussi easy. Je ne parle pas des questions géostratégiques, des champs de pétrole, du contrôle des détroits et autres futilités sur lesquelles 99% des terriens n'ont aucune influence concrète. Je parle du fait que, tant les uns que les autres, vous vivez quand même parmi nous, sur nos terres, en nombre relativement conséquent. Du coup, c'est un peu plus difficile de faire comme si on ne voyait pas vos maniffes respectives. Il y a même des patriotes européens qui se sentent obligés de soutenir une équipe contre l'autre.
Oh les uns et les autres ont des arguments intéressants.
Par exemple, les palestophiles causent de "résistance à l'envahisseur" et de "lutte à mort contre le sionisme". L'invasion, Monsieur Leuco, il connaît assez bien, depuis quelques décennies, alors forcément ça lui parle. Or, si lui-même n'en parle pas, et ne peut pas faire grand-chose contre, c'est parce qu'il y a des lois qui l'interdisent. Des lois férocement soutenues, en leur temps, par quelques grandes gueules sionistes toujours en activité. On fait des rancunes durables avec moins que ça. Allez vous étonner, ensuite, que des fafs en viennent à trouver du charme à des barbus hirsutes et vociférant, qui haïssent le Montepulciano, les côtelettes et la fellation. C'est surtout ça, le truc ennuyeux avec l'antisionisme : ça fait danser des slows avec des gens que, d'ordinaire, on n'approcherait pas à cent mètres.
De l'autre côté de l'intifada, on marque aussi des points balaises. On y parle également d'invasion, mais on rajoute dans le brouet d'autres ingrédients pas propres : délinquance systématique, obscurantisme crasse, violence suicidaire au nom de doctrines ahurissantes d'imbécilité... Par opposition, on se réclame du droit à survivre par tous les moyens, d'écraser sans pitié un ennemi aveuglé par la rage homicide, de se foutre les Droits de l'Homme au cul s'il s'agit de protéger le clan. Eh bien ça aussi, Monsieur Leuco, ça le titille quelque part, comme rhétorique. Parce qu'il aimerait bien pouvoir faire pareil avec les chacals de favelas qui lui dégueulassent son quotidien. Alors il peut se dire que mieux vaut encore s'entendre avec des gens qui s'y connaissent un peu en musique classique, qui n'ont pas d'a priori contre le picrate et qui ne vivent pas dans des gourbis sordides. Ca se défend aussi, comme option.
Mais je le répète : ça ne marche pas comme ça. C'est un jeu perdant-perdant.
Soutenir les sionistes, c'est accepter de vivre encore un siècle de Devoir de Mémoire obligatoire, une Mémoire qui ne concerne pas les souffrances de nos ancêtres à nous. Au contraire, nos ancêtres y jouent un putain de mauvais rôle: le Collabo actif, le lâche qui ne s'est pas interposé, le traditionnaliste qui a pactisé avec la Diable par peur (irrationnelle bien sûr) du bolchévisme. Nos prédécesseurs nous ont transmis le bacille de la judéophobie, et il est encore si virulent en nous que même montrer Faurisson sur une scène constitue un genre de tentative-d'incitation-au-crime-contre-l'humanité, s'pas. Nous sommes donc invités à foutre au chiottes jusqu'à leur souvenir, à nos enfoirés de grands-pères nazis de naissance, puisque l'on nous enseigne depuis soixante ans que c'est le patriotisme, et donc l'ethnocentrisme, qui a permis l'existence d'Auschwitz. A la limite, si on pouvait faire du troc... pourquoi pas... Je veux dire, Moïse, David, Salomon, c'est relativement prestigieux comme généalogie. Mais je n'ai pas souvenance que le judaïsme soit très axé prosélytisme et conversion. C'est un club qui ne recrute pas de membres. Or le boulot de mercenaire, ça nous branche assez peu. Pas du tout en fait.
Soutenir les islamistes, ce n'est pas plus avantageux. Outre les interdits alimentaires non-négociables, il faudrait se fader des rites exotiques absurdes, des moeurs draconiennes et un universalisme délirant. Or, si on réfléchissait à choisir un camp, c'était justement pour conserver nos rites à nous, notre art particulier de la galipette, une des gastronomies les plus enviables du globe et des spécificités culturelles qui remontent à perpète. Ca fait foutrement cher pour se dispenser du Journal d'Anne Frank et des documentaires d'Arte (ceux qui ne parlent pas de la culture gay, ne mélangeons pas tout).
En fin de compte, quand Monsieur Leuco gamberge sur quel horde de supporters mérite sa coti dans ce match idiot, il cherche à la fois une source d'inspiration, une méthodologie et des alliés susceptibles de l'aider à vivre en Europe, entre Européens, à l'Européenne (je crois que j'emprunte la formule à SdeB.) Et il se fait mettre quel que soit son choix, parce que c'est lui qui devient l'auxiliaire du camp choisi, et parce que ce camp-là a toujours quelque chose à reprocher au but ultime qu'il vise. S'il réussit à battre un camp, il va se retrouver marié à l'autre. Et les mariages forcés, chez nous autres, ça passe plutôt mal.
L'interminable baston entre GI Jew et Jihad Joe est une histoire sans héros à admirer ni saligaud à siffler. C'est surtout un jeu de cons où le toubab ordinaire, qui n'aime pas spécialement les uniformes, a tout à perdre : son temps, son fric, sa salive, son indépendance, ses chances de survie autonome. Que tous ces tordus se foutent donc sur la kippa et le keffieh jusqu'à la fin des temps ou à la prochaine vraie crise cataclysmique (celle où des Madoff se feront sauter le caisson, et pas juste assigner à résidence). J'invite donc mes rares camarades natio-lumpen à faire péter les bières et les cahuètes et à profiter du show aussi longtemps qu'il sera distrayant. A la fin, Dieu ne reconnaîtra personne.
08:23 Publié dans La Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (17)