Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/04/2009

NE PLUS DISCUTER

z148317185.jpg

 

Petite crise de militantisme. Une rechute sans gravité, je rassure. C’est le printemps. Ca va passer. Enfin c'est pas comme si on en avait quelque chose à foutre.

 

L’identité n’est pas qu’une question de lignée, d’héritage biologique transmis par deux parents. On est ce que l’on est à ses propres yeux comme aux yeux des autres, et ces deux visions peuvent facilement se contredire. Un Tamoul adopté par deux Genevois pourra se sentir pleinement citoyen de Kalvingrad, mais aux yeux des passants qui ne le connaissent pas, il n’apparaîtra jamais comme pleinement Suisse.

 

Pareil pour neuf toubabs modernes sur dix : ils se rappellent qu’ils sont pâles quand ils oublient trop longtemps leur crème solaire, mais ils n’admettent pas leur statut de Blancs, sauf quand ils sont confrontés à la Diversité, de préférence hostile. Frère Humain Divers, souviens-toi toujours que commencer une négociation sur l’air de « Vous Les Méchants Blancs » est encore le meilleur moyen d’obtenir du fric ou des passe-droits, et l’auto-apitoiement post-colonialiste est relativement efficace pour lever de la blanchette.

 

Le blanchouille moyen opte systématiquement pour une tribu de substitution, comme si ses origines européennes et l’histoire plurimillénaire du continent n’étaient qu’un canevas vide à personnaliser. Il se voudra catholique, racaille, humaniste, punk, fan d’Elvis, collectionneur de d’opercules folkloriques – n’importe quoi qui lui permette de se distinguer de ses semblables par une profession de foi. Il a besoin de faire, être ne lui suffit absolument pas, il ne peut existenr qu’en s’appropriant une personnalité par ses actes, si dérisoires qu’ils soient.

 

S’ajoute à cela le fait que sa blanchitude lui écrase les épaules ; il ne veut rien avoir en commun avec l’Occident, qui n’est pour lui synonyme que d’esclavage, de guerre, de génocide, de bonne conscience hypocrite et de destruction de la planète. Si tous les organes de propagande du monde ne lui ont pas filé la honte de son teint dès le plus jeune âge, pas de panique. Il lui suffit de vivre dans une famille très ordinaire pour comprendre rapidement que les Fromages sont des êtres vils, sans parole ni colonne vertébrale, infoutus de mener le moindre projet jusqu’au bout, obsédés par leur masse graisseuse et leurs revenus, et terrifiés à l’idée de froisser la susceptibilité d’un Divers, d’une vaginiste ou d’un sodomite. Il n’aura donc, la plupart du temps, que deux options à choix : endosser sa part de dégoût collectif et se plier à toutes les exigences de culpabilisateurs, ou briser tous les liens qui l’unissent à son clan en rejoignant le camp desdits maîtres-chanteurs. Lopette ou collabo, choisis ta mort, leucoderme !

 

A un tel être, un discours antiraciste procurera les frissons nécessaires à la Rédemption dont il a besoin comme d’un fix mental. En démontrant bien que LUI n’est pas comme tous CES AUTRES BLANCS fachos, fermés à l’autres, auschwitziens dans l’âme et misogynes-pour- compenser-une-virilité-fragile, il gagne sa place au paradis démocratique. Mieux encore : il rachète toute sa lignée avant d’y mettre un terme, et de repartir sur des bases qui lui semblent saines, puisque purifiées de la souillure raciste originelle. Mais lui-même, peut-il se considérer comme une victime de cette même souillure ? Niet. Il peut lutter contre le racisme dont lui-même se croit « collectivement » coupable, mais pas contre celui qui risque de le frapper : il n’y croit simplement pas, il ne peut pas l’admettre. Lutter pour sa survie en tant que membre d’une culture qu’il n’a pas explicitement choisie broie ses besoins de distinction superficielle ; de plus, la simple idée de « lutte » et de « survie » implique que l’Autre constitue une menace. Or l’Autre est un agneau, un bouc émissaire, une petite chose fragile qui redresse courageusement la tête après des millénaires d’oppression.

 

Se défendre est nazi. Envisager simplement de se défendre est nazi. Admettre que l’existence se résume parfois à une lutte d’influence entre groupes pour la domination culturelle d’un territoire est nazi. Ne faire que parler de ce genre de choses, sinon pour les railler et les dénoncer à la police, est nazi.

 

Voici, à peine grossie à la loupe pour les besoins de la démonstration, l’attitude des nôtres au quotidien. Et c’est pour ça que nous voulions nous battre ? C’est ça dont nous redoutons la disparition ? C’est ça que nous plaignons quand ça se fait claquer le museau dans un bus, en cherchant moins à se protéger qu’à observer la diversité antiraciste de ses agresseurs ?

 

La mère Lizzy se demandait s’il est bien pertinent de savoir le taux de racialitude du bolossage noctilien (ami linguiste, tu apprécieras à sa juste valeur la rencontre entre trois néologismes, un à moi, un en sabir de sous-homme, et un très officiel ; c’est pas tous les jours qu’on croise autant de Diversité ici).

 

On pourrait se vautrer avec délice dans l’antisémitisme le plus jouissivement gras, et radoter quelques temps sur le cosmopolitisme qui revient au galop. Marrant moins de deux secondes, parce qu’en matière de cible, notre Causeuse excelle dans le gâchage de plaisir. La teneur habituelle de sa prose indique qu’elle serait capable de rire en écoutant Les Juifs de Desproges ou de bailler sans honte après deux heures de Lanzmann. A vous dégoûter du nazisme, je vous dis.  

 

Reste que Lizzy a choisi son camp, le spécifiant clairement dans sa première analyse de l’affaire. France Blanche : büerque. France multiculturelle : y a bon, du moment qu’on massacre les voyous sans distinction. Une ligne de droite sécuritaire relativement basique. « Laissez la police faire son travail. »

 

Pour ne pas se sentir personnellement bafoué par les images de l’agression, il faut être allogène ou apatride. Leur violence semble avoir touché la red-en-cheffe, mais pas leur dimension symbolique. Or c’est tout ce qui compte. Que certains agresseurs aient été pâles de teint n’importe pas. Que la victime mérite la compassion qu’on accorde à un insecte écrasé, pas besoin d’y revenir non plus. En fin de compte, toutes nuances délicates dégagées, quand on lance la vidéo nous voyons plusieurs des Leurs ramasser la gueule à l’un des Nôtres.

 

Oui, la question se pose en termes de EUX et NOUS. Et cela n’empêche personne d’admettre qu’il y a chez Eux des seigneurs avec qui parler d’égal à égal, et chez Nous des lopes répugnantes à qui inculquer la dignité à coups de knout. En vérité, la proportion de lavettes chez Nous est encore plus alarmante que toute la population allogène en Occident. L’Occident est un obèse dégueulasse et le sciencepoteux molesté n’est qu’une cellule graisseuse parmi tant d’autres.

 

L’Europe aux Européens, oui. Mais avec beaucoup moins d’Européens, et des moins immondes que ceux qu’on croise en mouleburnes androgynes, c’est encore mieux. Si vous ne voulez pas piger qu’un patriote n’est pas un inconditionnel chauvin de tous les asticots qui polluent son sol natal, allez vous endetter pour un sex-toy Obama.

 

Mme Lévy estime qu’il faut recourir à la force pour que l’Occident abâtardi s’avachisse dans le calme et l’ordre. Nous estimons que la violence est un problème secondaire, parce que ce que nous voulons avant tout, pour paraphraser Serge de Beketch, c’est vivre en Europe, à l’Européenne, entre Européens. Nous l’avons fait pendant des millénaires, en nous foutant copieusement sur la gueule pour des broutilles, sans que cela ne nous donne jamais envie d’apprendre le tam-tam, d’oublier comment parler correctement français, ou de construire des mosquées de quartier plutôt que des cathédrales. Les chiens doivent dégager du jeu de quilles, et nous ne discuterons plus avec les mongoliens lettrés qui nous expliquent que chiens et quilles sont composés du même carbone. Nous ne discuterons plus non plus avec ceux des Nôtres qui n’ouvrent pas leur pébroque quand il leur pleut des glaires sur la gueule. Ils ne sont, justement, plus des nôtres. Ils sont un gâchis, des munitions sans poudre, des traîtres passifs, des propagandistes par l'acte du grand suicide dont nous sommes les ultimes témoins.

 

C’est, paradoxalement, ce qui fait notre modernité de patriotes à patries mortes : à nous non plus être ne suffit plus. Nous voulons être et combattre, et ceux qui ne se feront pas barrage entre leur famille et l’invasion des chacals ne sont que des zombies au service de la substitution ethnique, et nous irons pisser sur leurs fosses communes en temps voulu.  

17/04/2009

MELANCOLIE KAMIKAZE

 

Work for pay, and pay for freedom

Fuck'em all, we don't need'em

16/04/2009

BLACK IS PLENTIFUL

Quand j’écris l’expression « négrolâtrie médiatique », j’ai l’air d’exagérer ? Oui, sans doute. C’est mon wacisme qui ressort. Je fais des efforts, pourtant. Je m’ouvre à l’Autre. Je lis des journaux bien-pensants. Je fais un maximum pour me rééduquer.

   

Pionnière de l’industrie du X, Marilyn Chambers s’est éteinte à l’âge de 56 ans. (…) Hormis le physique avenant de la demoiselle, le succès immense du film (« Derrière la porte verte ») a reposé sur sa distribution industrielle en salles, et sur le tabou sexuel qu’il brisait. Pour la première fois dans l’histoire du cinéma américain, on y voyait une actrice blanche faire l’amour avec un acteur noir (Johnny Keyes). Les performances et l’enthousiasme de l’actrice achevèrent d’installer sa réputation. (24Heures, 15 avril, page 38 )

 

Mais même quand je lis ce qu'il se fait de plus bas - donc de plus démocrate - dans la presse contemporaine, je n'y peux rien, je tombe sur des choses qui m'arrachent des ricanements obscènes.

 

(…) les milieux anti-racistes (...) ont dénoncé le fait qu'un président noir ne s'engage pas pour donner un nouvel élan à la lutte contre le racisme.

 

Lisez le reste aussi, c'est un festival de maladresses, de grandes espérances déçues d'avance et et bricolages piteux pour faire coller les idéaux sur la réalité multiraciste.

 

Sinon, au cas où vous ne regarderiez jamais la télé, sachez qu’il y a ENCORE un Noir qui vient de faire son entrée triomphale à la Maison Blanche. Evidemment, cette fois, c’est un chien, ce qui change pas mal la donne. A noter que le chef du précédent gouvernement nazi américain avait lui aussi un chien noir ; ça démontre certainement quelque chose, mais allez savoir quoi.

15/04/2009

DES BATONS DANS LES URNES

DeadTree.jpg

 

Il est question d’OGM, au téléjournal frouzien, j’écoute distraitement en remuant ma casserole de riz. Il semblerait qu’un maïs transgénique ait des difficultés à trouver sa place dans les champs européens, malgré l’empressement des soubrettes bruxelloises à satisfaire la moindre demi-molle des agropollueurs d’Obamastan du Nord. Le commentaire explique (c’est très flou, pour bien réussir un risotto il faut être concentré sur ce qu’on fait), que, en gros, la chose ne va pas donner lieu à un vote, parce que ça ne changerait rien dans l’immédiat, et parce que des élections approchent. Comprendre : ce n’est pas le moment de se fâcher avec tel électorat ou tel financier de campagne. Des gens peuvent entendre ça et ne pas se curer le rectum avec leur carte de vote.

 

Réflexion faite (ça m'a pris bien sept secondes, putain), il ne suffit plus de s'abstenir de voter. Il faudrait aussi empêcher les gens de le faire. On est en règle avec sa conscience en n'alimentant pas la démocrassouille, mais c'est une machine contre-nature et qui en conséquence n'a absolument pas peur du vide. Au contraire : c'est son biocarburant. Voter ou ne pas voter, c'est pisser ou ne pas pisser dans un violon ; ce n'est pas en  jouer, c'est encore moins le foutre en l'air.

 

En soi, ce n'est pas vraiment grave que des millions de nos contemporains se passionnent pour du vent. Des premières divinités connues à Facebook, l'histoire de l'humanité se confond avec celle de la futilité et des efforts colossaux consentis à des entreprises ineptes. Notons en outre que l'absurdité n'empêche pas la beauté. Prenez la Sainte-Chapelle, par exemple : ça ne sert absolument à que dalle, mais ça a quand même de la gueule.

 

Avec la démocratie, c'est pas pareil. Non seulement ça ne sert à rien mais en plus c'est laid, et ça mobilise une énergie qui serait ô combien plus utile à bloquer les Parlements, au lieu de les maintenir sous perfusion populaire.

 

Monsieur Moyen, en général, n'aime pas son gouvernement. S'il est plus proche de Parkinson que de l'acné, il peut encore éprouver une sorte de respect flou  pour l'autorité politique, mais la sénilité n'excuse pas grand-chose. Il peut aussi trouver que tel ou tel saltimbanque à cravate (droite) ou en chemise (gauche) vaut mieux que la moyenne de ses collègues ; c'est encore plus con, parce que c'est croire qu'un bon rouage pourra faire de l'excellent boulot dans une machine encombrée de pièces parasitaires et qui ne produit que du statu quo.

 

Mais dans l'ensemble, Monsieur Moyen se méfie de l'Etat, et ricane volontiers des "promesses électorales", qui sont en passe de devenir plus proverbiales que le boniment d'arracheur de dents. "De toute manière, ILS font ce qu'ILS veulent", énonce la sagesse du Café du Raisin. Ce à quoi les démocrates rétorquent que l'Etat C'est Nous, et qu'il ne faut pas se plaindre de ne pas être au courant si on refuse de mettre les doigts dans la prise. (Les démocrates sont moins diserts sur la parcitipativité des boîtes internationales auxquelles tous les gouvernements locaux taillent des pipes dans l'espoir d'engranger de l'impôt, ou sur le poids des factions sectaires ou industrielles sans l’appui desquelles on n'entre dans un ministère que pour y nettoyer les chiottes. Mais bref.)

 

Cette méfiance instinctive, paysanne en diable, volontiers cynique, il en fait quoi, Monsieur Moyen ? Que dalle. Il pense que pisser dans un violon ne sert à rien mais il continue à pisser quand même. Les démocrates aiment à se lamenter, ça et là, sur les taux d'abstention "record" de la plèbe, sur sa dépolitisation, sur son manque de civisme (de sytoïenetude, pardon). Le seul vrai scandale, c'est qu'il y ait encore assez d'électeurs pour que les scrutins les moins bandants donnent encore des résultats considérés comme légitimes. On espérerait qu'à défaut de provoquer une guerre civile, Monsieur Moyen accepterait au moins d'être flemmard  jusqu'au bout. Ce n'est quand même pas compliqué, de ne rien foutre et de rester chez soi, au lieu d’attendre en file pour faire sa petite commission dans un cagibi sans chiottes. Mais il y a une chose que Monsieur Moyen aime encore plus que la glande: c'est l'ingratitude assumée.

 

Si ILS font ce qu'ils veulent, alors la moindre des choses est de bouder ostensiblement leurs kermesses électorales et leurs bureaux d’enregistrement des hoquets de l’opinion publique. Passe encore si l'on vit à Yanquiland : on choisit sa Convention selon qu'on préfère les peluches d'ânes ou d'éléphants, on coiffe un grotesque chapeau d'Uncle Sam en carton recyclé, on applaudit des pieds et des mains quand un orateur dit des phrases avec "Future" ou "Hope", et on rentre chez soi ivre de mauvaise bibine et de bonne conscience. En Europe, qui a l'excuse du bastringue pour se déplacer à un mitingue politique ? Il faut au contraire que la fête soit triste et raisonnable, les slogans poussifs, les programmes aussi appétissants qu'une cure de jus de citron.  

 

Il y a pire qu'un porno pour les pulsions suicidaires d’un célibataire qui ne croit plus au grand amour : un porno où les acteurs, visiblement, s'emmerdent et ne sont là que pour le cacheton. Les évangélistes et autres bateleurs à Jésus portatifs l'ont parfaitement compris. Quand on veut expliquer aux gens qu'ils auront quoiqu'ils fassent une vie de merde, il faut le faire en gueulant dans un micro, avec force gospels dans les enceintes et transe mystique sur commande. L'homo politicus européen a déjà tant de pieds dans la tombe qu'il ne demande même plus de frissons illuminés pour accorder ses faveurs à un candidat; son adhésion sera calculée sur la base d'un nuancier de gris, selon qu'il sera d'humeur claire ou foncée le jour du scrutin.

 

Son choix fait, il retrouve sa léthargie bien-aimée et attend tranquillement de pouvoir faire son numéro habituel de déçu, de trahi, de "tous-les-mêmes", avant de se jurer que la prochaine fois, on ne l'y reprendra plus, et qu'il ira voter pour l'autre blaireau, celui avec (ou sans) cravate. Pendant ce temps, il continuera de se faire mettre, d'avaler les couleuvres, de payer plus pour gagner moins, de se faire mobber, licencier, restructurer, délocaliser, enfliquer, museler, endoctriner, castrer, décérébrer - mais il pourra clamer que c'est pas sa faute, puisqu'un jour, il a foutu un papier dans une boîte.

 

Si l'église dealait au peuple son opium antirévolutionnaire il y a encore un siècle, la démocrassouille laïque lui file sa dose de bromure tous les trois ou cinq ans, juste à temps pour contenir son dégoût de tous les "représentants" du monde, avant que ce dégoût ne se transforme en rogne et la rogne en grande Jacquerie. J'ai l'air de me foutre de la gueule des amerloques, là plus haut, mais c'est bien l'un des plus illustres ancêtres des buveurs de Diet Coke qui l'a écrit : "L’arbre de la liberté devrait, de temps en temps, être arrosé du sang des tyrans, car c’est un engrais naturel."

 

Je voudrais pas donner dans l'alarmisme gratuit (ce n'est pas du tout mon style, je crois) mais l'arbre en question m'a l'air bien sec depuis quelques décennies. Y accrocher des bulletins encore des lustres ne va pas remplacer ses feuilles. Par contre, il y a des fruits à deux pattes qui auraient fière allure, accrochés à bien des branches stériles.