23/03/2012

SOURIEZ, VOUS ÊTES BAISES

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Qui en doutait ? Levez la main qu'on vous la coupe. 
 
Les gouvernés veulent être protégés - les gouvernants veulent surveiller. Obsession sécuritaire et obsession du contrôle ne se rencontrent pas, elles coexistent en parallèle. Les réacs qui plébiscitent la surveillance sont des abrutis qui n'ont jamais été agressés, et qui ne comprendront que dalle quand ça leur arrivera. 
 
Ca va de pair avec le Spectacle et le culte de la Transparence : tout le monde doit pouvoir tout savoir tout le temps sur tout le monde. C'est concommittant avec l'explosion de la presse pipeaule, de la télé-"réalité" (qui vous présente comme réel un redécoupage spectaculaire de shows calibrés avec des acteurs amateurs soigneusement sélectionnés pour leur potentiel de dérapage et d'outrances). C'est aussi l'élimination de la sphère privée, sur laquelle chacun se laisse accuser et moraliser quand il croit s'y "replier", alors qu'on n'a jamais pu être véritablement seul quand on le désire vraiment. Nous sommes du bétail autiste et drogué dont l'étable planétaire est filmée en permanence.

Le bétail de drouate trouve que c'est très réconfortant et très appréciable parce que ça a l'air de faire tourner le lait du bétail de goche. 

Commentaires

Renaud Camus en parle très bien ; il met en parallèle la fin de l'intimité, la fin du silence, la fin des espaces *vides* et une démographie démente par accroissement naturel + immigration
tout ça, c'est pareil
il faut évidemment le panopticon nécessaire
ça me fait toujours soupirer quand des cons hurlent pour la liberté de tel ou tel medium *créé spécialement pour la surveillance*
tout ça, ça marche, et vachement bien
combien de personnes autour de vous connaissez-vous capables de seulement vous *écouter* ?
le con moderne hurle, interrompt, oublie, n'écoute pas, écoute son portable, lit son portable, tape sur son portable, le tout en mangeant de la junk food et/ou en conduisant
qui voudrait la compagnie de tels animaux ?
alors, forcément, on est seul

Écrit par : GAG | 23/03/2012

« ça a l'air de faire tourner le lait du bétail de goche »

« Ça a l'air »... mais juste l'air alors. Les Degauches ne sont pas contre la surveillance, ils veulent pouvoir la contrôler.

Écrit par : Criticus | 23/03/2012

Rien à avoir.
Les caméras ne représentent que le pathétique remplacement de l'auto-contrôle social des comportements déviants que toute société décente pratique spontanément, auto-contrôle qui, de par chez nous, a complètement disparu faute de normes sociales à faire respecter et de citoyens pour y accorder foi (et surtout ayant le courage de les faire appliquer : ils pourraient finir au tribunal !). Ne reste donc plus que le pseudo flicage théorique pour faire respecter le dernier truc vaguement normatif avant rien du tout : la loi.

En ce sens, réacs et fafs me font bien rigoler, eux qui seraient les derniers à tolérer que, par exemple, leurs moutards ne s'en prennent une par un voisin excédé après qu'ils aient pour septième fois gravé des parties génitales sur ses fenêtres et chié devant sa porte.

Écrit par : snake | 24/03/2012

Oui, enfin toutes ces considérations philosophiques et littéraires c'est très bien, mais on peut aussi parler de pratique et d'efficacité.

A Paris, il existe maintenant ce que l'on appelle des vidéo-patrouilleurs : c'est à dire qu'au lieu que les caméras ne soient employées qu'après coup, pour rechercher les délinquants à l'aide de leur photo dans les cas les plus graves, il y a des équipes qui surveillent en direct ce qui se passe, et qui sont en mesure d'alerter instantanément les policiers sur le terrain, lesquels procèdent à des arrestations en flagrant délit.

Je doute que la police anglaise procède de la sorte.

La police française emploie aussi maintenant des caméras mobiles, capables d'analyser automatiquement les plaques d'immatriculation de toutes les voitures qui passent à proximité, et d'alerter en cas de numéros suspects (voitures volées, individus recherchés, etc).

Normalement, ces techniques devraient améliorer la répression des délits par rapport aux patrouilles physiques. Il faudra consulter à nouveau les statistiques d'ici un certain temps, spécifiquement dans les zones où ces techniques sont employées.

Écrit par : Robert Marchenoir | 24/03/2012

@ Robert Marchenoir

Les « considérations philosophiques et littéraires » (philosophiques, d'accord, mais littéraires ?) ont un lien avec des phénomènes concrets dans le monde réel en matière, précisément, de sécurité. Le cas que relaie Stag en atteste.

Mais, plus largement, la vidéo-surveillance pose problème car elle permet l'enflicage de toute la population, sous prétexte de lutte contre l'insécurité.

Stag parle des gauchistes qui font mine de s'indigner de l'omniprésence des caméras, mais les gauchistes sont les premiers à s'emparer du moindre extrait vidéo où l'on voit un politicien de centre-droit faire une blague vaseuse pour exiger sa mort politique. C'est donc peu dire que la vidéo-surveillance représente un risque énorme si elle tombe en de mauvaises mains.

Mais comme elle est DÉJÀ en de mauvaises mains, il y a lieu de faire la part des choses entre, d'une part, le surcroît de sécurité que la vidéo-surveillance est censée procurer, et, d'autre part, la perte de liberté généralisée qu'elle a occasionnée.

Je ne suis pas sûr que le jeu en vaille vraiment la chandelle. C'est un débat qu'on n'aurait pas, en tout cas, si les solutions traditionnelles (port d'arme, application pleine et entière de la légitime défense) n'étaient pas systématiquement écartées.

Écrit par : Criticus | 28/03/2012

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