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07/09/2007

COMPLETEMENT IDIOT

03ec543e164b0af644b1d93acf1f930a.jpg... et parfaitement inutile. Comme l'essentiel de la blogosphère, les dégueulis de Yours Truly y compris. Mais il y a du style et de l'humour crétin parfaitement assumé. Un homme qui ose écrire "j'irai cracher sur vos tongs" ne peut pas être tout à fait mauvais et mérite d'être lu.

 

 

UN TIERS DE CONNARD

3adb310f58c5561939f62c5ec9536042.jpgScore médiocre. Déception.

 

 

 << Sur une échelle allant de 0 à 100, votre score de Connard Prétentieux est très exactement de 31. Vous vous sentez parfois obligé d'afficher votre supériorité, mais dans l'ensemble vous restez quelqu'un d'ouvert capable de prendre en compte l'opinion d'autrui. Lorsqu'il s'agit d'intervenir sur un forum, vous privilégiez le débat d'idée et la discussion à la rhétorique et aux attaques personnelles. Continuez sur cette voie. Ne vous laissez pas entraîner dans des disputes stériles par des imbéciles ou des connards prétentieux. Vous valez mieux que ça ! >>

 

 

04/09/2007

INTEGRATION PARTIELLE

Suffit pas de "passer le pas", de réaliser son Réveil politique et de s'impliquer pour la survie culturelle de son peuple. On a beau dire, ce n'est PAS une activité à plein temps, pour une raison basique : l'absence de structures sociales alternatives suffisantes et solides.

 

Pour la plupart d'entre nous, il n'existe au niveau local que de petits clubs révolutionnaires dormants, avec un concert, une conférence et une grillade-randonnée-picole par trimestre. C'est peu pour souder une communauté. Ca constitue au mieux de petites aires de repos sur notre autoroute perso, des moments où on peut tomber le masque et causer franchement aux gens, échaffauder des plans grandioses de renversement mondial ou goupiller de petites opérations à court terme. Mais notre activisme a beau être au centre de nos préoccupations, il ne constitue pas le pivot de notre existence. Il faut toujours retourner à la routine du boulot, du couple, de la famille, de la semi-vie sociale qu'on mène comme on peut. Et c'est là un des plus graves problèmes des dissidents : rejetés par le monde moderne, le rejetant eux-mêmes avec encore plus de rage, ils n'ont pour autant nulle part d'autre où aller.

 

"Pas d'or, pas de révolution" - Céline, encore et toujours, indépassable, indispensable. Les groupuscules les mieux organisés ont parfaitement assimilé ce constat brutal. D'où leurs fréquents appels aux dons, aux réabonnements, aux investissements dans du matos militant. Mais pour les non-alignés, les non-encartés, bernique. Mêmes emmerdes niveau trésoreries, sans pouvoir compter sur la charité de personne. Pas de pognon = pas de local associatif. Pas assez de troupes expérimentées, de relais médiatiques et de complaisance politique = pas de squatt durable. 

 

Ca nous donne une belle hernie mentale : le corps étouffe dans la cage soc-dem, mais l'esprit qui seul lui permettrait de s'y adapter sur le long terme, lui va vagabonder dans les forêts, les chemins de montagne, les îles de la mer du Nord, n'importe où plutôt que là où traînent encore des bipèdes post-humains.

 

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Impossible de s'évader, et impossible de se faire au rythme de vie de la taule. Midnight Express, ça vous rappelle quelque chose ?

 

- "Pourquoi tu te rases encore le crâne ?"

- "Pour ne pas oublier que je hais cette taule.

 

Pour la plupart, qu'on l'admette ou pas, qu'on en soit conscient ou non, nous vivons tous une intégration partielle à la machine détestée. Comme des sables mouvants qui n'avaleraient que la moitié du corps. Comme le seuil d'une porte qu'on ne pourrait pas franchir en entier. Comme un coma qui laisse la chair inerte et conserve l'esprit soigneusement à vif, un coup d'épingle par minute.

 

L'intégration partielle, c'est un stade intermédiaire entre le fou du roi et le fou du village. L'amuseur extrême qui ose dire tout haut ce que chacun pense tout bas, mais dont tout le monde, plus tragiquement, se contrefout quand il est l'heure du film, quand sonne la fin de la pause, quand Bobonne pointe son groin. C'est un rôle de Mauvaise Conscience Jetable. C'est faire partie du paysage sans pouvoir aucunement influer sur la marche des choses, alors qu'on s'y voudrait à part, électron libre et force motrice tout d'un bloc.

 

Pragmatiquement, c'est dépenser plus d'énergie qu'on n'en possède pour à la fois se maintenir en société (puisqu'il faut bien bouffer et éviter les dettes) et ne pas fracturer son équilibre mental (puisque le premier taff de l'Ennemi est de nous rendre tous au minimum borderline). Trouver un job et le garder. Ne pas foutre en l'air toute amitié à force d'ouvrir son claque-merde. Tâcher de s'informer en croisant toutes les sources pour limiter la dysinformation. Refouler jour après jour les accoutumances, les faiblesses et les trahisons minuscules. S'imposer une discipline physique et mentale sur le long terme. Rester lucide sans devenir trop aigri. Assouplir sa diplomatie en slalommant entre les engagements intenables et les arrangements crasseux.

 

Faire tout ça à la fois, seul, dans le vide, sans résultats tangibles, sans jamais être sûr de faire juste et de ne pas agir simplement comme un taré embrigadé dans va savoir quelle secte. Et ne pas déraper, ne pas perdre le sens des réalités, ne pas s'enfermer dans une bulle hermétique. On dira, avec un petit sourire condescendant, que c'est somme toute ça, vivre en adulte. La bonne vieille image du Chêne et du Roseau. Vous en connaissez beaucoup, des souples qui restent droits ? Pas moi. Jamais connu que des rigides qui cherchaient à se faire briser pour prouver leur bonne foi et des courbés de naissance dont la prétendue "neutralité" n'était finalement qu'un masque pour leur fadeur. On passe d'un statut à l'autre avec une aisance déconcertante : suffit de ranger les badges et les tracts dans un tiroir.