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06/01/2008

OUI, ON PEUT DIRE TOUT CA A PARTIR D'UNE PUB POUR DU PARFUM...

Un marchand de pantalons cherche à nous vendre du parfum ; pour ce faire, il fait tourner diverses réclames dans la boîte-à-cons, selon qu’il drague les clients féminins ou masculins. Leitmotiv en forme de question : are you alive ? Et ma foi c’est une bonne question. C’est même une putain d’excellente foutue question.

 

L’argument sous-jacent dudit marchand, c’est que vous ne vivez pas complètement si, de temps en temps, vous ne jouez pas à la salope ou au hooligan. C’est ce que laisse entendre respectivement la pub version ovaires (où une pouffe se rhabille tranquillement dans un ascenseur) et la pub version couilles (montrant un bobo chevelu et hilare, fuyant on ne sait quelle émeute). Message final : pour sentir comme une vraie pornslut ou un intermittent de la révolution A.O.C., trempez-vous la viande dans la fragrance en question. Mieux encore : un coup de vaporisateur, et vous aurez le courage de les imiter brièvement.

 

La radasse et le racaillon altermerdeux vantés comme idéal de dépassement de soi. C’est ça ou continuer à vivre une vie de blaireau.

 

Un slogan vendeur qui est aussi un constat de base. En majorité, nous ne sommes pas vraiment vivants. Nous entretenons des vies végétatives, où le summum de transgression consiste à asticoter la police ou à se déguiser en pute d’un soir. Rien de neuf sous le smog : c’est la même vieille récupe des idéaux de 68 histoire de meubler le quotidien de ses anciens acteurs.

 

Jouissez sans entraves pour un euro la minute en tarif local. Exigez l’impossible grâce à nos mensualités à la carte. Prix cassés sur tous les kits de guérillero au rayon chiffons.

 

On connaît, d’accord, n’empêche que ça résume bien la situation.

 

 

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La demoiselle de l’ascenseur a un petit air de sainte-nitouche, monsieur l’émeutier est très propre sur lui. Tous deux ne se sont permis qu’un petit écart de conduite avant de reprendre le chemin du bureau. On est assez loin du cow-boy Marlboro. C’est du rock’n’roll précuit, à consommer vite fait, un coup de folie chronométré, sécurisé, garanti de ne pas nous éloigner trop longtemps des impératifs de l’entreprise et des mœurs de la moyenne bourgeoisie. Les frasques qu’on peut se permettre quand on vit dans un loft ou qu’on conduit une Lexus. Même l’exubérance ne se prête qu’aux riches.

 

Le reste du bétail, nous autres salariés jetables ou Bachelors en Recherche Permanente de Sous-job, tout ça n’est pas vraiment pour nous. Pas de misérabilisme excessif dans cette affirmation. On doit pouvoir se payer ce sent-bon sans trop rougir le compte en banque. C’est plutôt cette rébellion propre et dandyesque qui est hors de notre portée. Quand trouver ou conserver un taff acceptable devient un privilège tacite, travailler plus pour bastringuer plus est moins un cri de guerre électoral qu’un fantasme compliqué. Ce qu’il nous reste, c’est l’acceptation forcée d’un quotidien couleur béton et saveur coton. Un ennui à la fois douillet et asphyxiant. Ce n’est pas du parfum qui va nous en extirper.

 

Ce qui est horrible avec l’ennui, c’est que tout, autour de nous, concourt à nous en rendre seuls responsables. C’est ton problème si tu te fais chier ; ce ne sont pas les distractions, les emmerdes ou les échéances impératives qui manquent, à toi la faute si tu parviens malgré tout à ne pas t’amuser autant que le reste de la foule. C’est évidemment l’un des plus gros foutages de gueule de l’histoire, et le mensonge le plus largement gobé de tous les temps.

 

Ne servir à rien ni personne et vivre un siècle. Mener une existence de réserve d’organe vivante, de stocks de plasma sanguin organisés en famille et en zones urbaines plus ou moins sensibles. Etre scotché jour et nuit sur Second Life doit même avoir plus de goût que ça. Mais le goût, n’est-ce pas, c’est sans doute un truc pour bourgeois de droite. L’important c’est la vie tout court. Chose life. Reprenez la longue tirade introductive de Trainspotting, elle fait le tour de la question et on n’a pas dit ça mieux depuis. On peut toutefois y rajouter de nouveaux éléments, histoire d’être bien à la page.

 

 

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Choisissez la vie sûre et stable, sans risques qui ne soit couvert par une assurance. Choisissez les ronds-points, les passages piétons sécurisés tous les vingt mètres, les bacs à fleurs monolithiques qui perturbent les lignes droites, les radars plantés en champ de blé et les retraits de permis pour avoir toussé au volant.

 

Choisissez la vie désinfectée, neutralisée, désodorisée, climatisée, hospitalisée. Choisissez de dire non au tabac, de dire oui à un seul verre avant la route, de dire peut-être à moins de trois bière puisqu’au-dessus c’est du binge drinking. Choisissez les soins anti-cernes, anti-âge, anti-temps, anti-oxygène tant qu’on y est puisque cette saloperie finit par ronger les chairs qui en ont besoin.

 

Choisissez la Voie du Milieu, moralement de gauche, économiquement de droite, culturellement de partout et philosophiquement de nulle part. Choisissez d’investir chez Max Gras-de-Lard, d’agir en consomm’acteur, de faire durer le Développement, d’éteindre la lumière en vous brossant les dents, de ne pas tirer la chasse avant que la cuvette ne déborde.

 

Plus que de l’uniformité, l’ennui renaît perpétuellement de l’inutilité. Et, navré d’insister graveleusement là-dessus, mais nos vies actuelles ne servent absolument à rien. Maintenir l’érection des flux de cash et de marchandise ne donne pas de sens à l’existence humaine. Obéir à une Constitution Citoyenne ne fait rien pour la fortifier. Brasser des hectolitres d’air à chaque carnaval électoral ne la rend que plus triste. Tout faire pour vivre le plus longtemps possible sans vieillir lui retire toute dignité. Remplacer toute idole par une humanité couleur arc-en-ciel la souille de ridicule. Mais tout ça n’a pas d’importance pour nos éleveurs et nos cornacs.

 

Dans notre batterie, le temps se divise entre loisirs à crédit, sommeil artificiel et ponte intensive. L’accepter, c’est faire preuve tout à la fois de civisme, de réalisme, d’un sens élevé de ses responsabilités et de solidité au niveau des reins. Benzodiazépines all-you-can-eat pour ceux à qui ça laisse comme une acidité dans la gorge. Quarantaine discrète pour les réfractaires au bonheur en gélules ; tôt ou tard, la folie, l’addiction ou l’effondrement moral ramèneront dans le circuit les rescapés du suicide à la petite semaine.

 

Prenez cent détours ou coupez tout droit, c’est pareil : nous sommes tous condamnés à protéger nos viandes des bactéries et du vieillissement, tout en pourrissant activement nos esprits et nos instincts avec des toxiques plus délirants que les bricolages cosmothéologiques du Mandarom. Haine de Soi, Culte du Corps Parfait, charcuteries esthétiques et hygiénisme collectif qui transforme notre environnement en sas de décontamination mondial.

 

Face à cette partouze de tous les cauchemars imaginables, même le fantasme réac du Califat d’Occident en survêts Lacoste a une tournure quasi érotique.

05/01/2008

LA SUISSE, PAYS MECHANT

Depuis le temps que la gôche et la supergôche nous répètent que la Suisse est un pays waciste, dont la politique est directement piquée aux nazis, et sans leur payer de royalties en plus !

 

Les droitards murmuraient prudemment, au fond des carnotzets, que c'était quand même un chouïa exagéré. Les superdroitards, s'égosillant aux buffets de gare, criaient à la propagande masochiste tout en rêvant que ça soit la simple réalité. Bref, c'était le foutoir et l'incertitude. Au royaume des comptes secrets et du macadam quotidiennement briqué, la honte !

 

Voilà enfin une confirmation cinglante apportée par la Confédération elle-même, sous prétexte de lutter contre le piratage et l'économie souterraine :

 

 

 

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Voilà au moins qui clarifie les choses.
(Merci à Piotr pour cette dénonciation citoyenne)

02/01/2008

KACZYNSKILL THEM ALL

Oui, c'est à chier comme jeu de mots. Passons, voulez-vous ? J'ai pas trop d'inspiration cet après-midi.

 

On peut trouver facilement le texte intégral de La Société industrielle et son avenir à divers endroits du ouaibe, en anglais comme en français, dans des traductions très acceptables. J'en avais filé le lien dans un post il y a quelques semaines. Il est à présent disponible dans la nouvelle rubrique L'Evangile de Sainte Colère, sur votre gauche. Ce pour deux raisons.

 

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La première, c'est que ce travail remarquable n'est vraiment pas assez lu par les patriotes d'Europe. En dix ans d'activisme en Romandie et en France voisine, je n'ai jamais vu ce bouquin cité par qui que ce soit. De récentes conversations avec de jeunes sympathisants ont confirmé cette grave lacune. Les grosses têtes de notre non-mouvement auront beau jeu de le disqualifier pour son style rudimentaire, son argumentation sommaire, ses répétitions, ses approximations historiques. Les ultras et les monomaniaques n'y trouveront pas leur compte, puisque que l'auteur n'y parle ni de substitution démographique ni du Quatrième Reich Nazislamiste d'Eurabia. Vu que je ne m'adresse ni aux uns ni aux autres, question réglée.

 

La seconde, c'est qu'on a beau filer des liens aux gens, ils cliquent dessus, jettent un oeil distrait, foutent l'URL dans leurs favoris s'ils ont vraiment mauvaise conscience, et n'y reviennent jamais plus. S'ajoute à cela le fait qu'une routine très solide peut facilement s'instaurer dans notre usage du ouaibe : visite régulière du même petit cercle de sites, avec de rares incursions chez ceux qui ne pensent pas exactement comme nous. Jusqu'ici, Kaczynski semble n'avoir intéressé que les post-situs ou l'ultragauche, parages où le dissident natio ne nage pas si souvent qu'il aime à le faire croire. Alors évidemment, présenter d'énièmes versions de ses textes, même mises en page et directement imprimables, ça fait plutôt double emploi. Et puis il serait préférable qu'on les trouve sur le réseau identitaire mainstream, qui brasse un lectorat autrement plus considérable que celui qui scrute mes pauvres vomissures. Qu'importe. Comme ça, eux au moins n'auront plus d'excuses valable pour ne pas lire Mister Unabomber.

31/12/2007

BONNES RESIGNATIONS

2007 aura farouchement pué du cul. Comme 2006, 2005, 2004, 2003, 2002, 2001 et 2000, mais avec quelques innovations dignes de consignation. La prochaine année risque de battre de nouveaux records. Autant s'y préparer en prenant quelques bonnes résignations.

 

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Pour les prochains douze mois, je promets de faire beaucoup d'efforts pour me résoudre à :

 

- accepter comme inévitable et normal l'effacement de toutes ces choses impalpables qui donnaient à notre ex-civilisation sa dignité, sa saveur et sa noblesse ;

 

- ne plus parler politique, sociologie ou philosophie avec les gens dits "normaux", qu'on reconnaît à leur capacité de vivre longtemps sans se poser de questions et à agir cyniquement tout en se croyant fort moraux ;

 

- faire un choix définitif et catégorique entre tentation d'autodestruction méthodique et discipline visant à maximiser les chances de survie, cela ne serait-ce que pour mourir un peu moins ridicule, puisqu'on meurt idiot de toute manière ;

 

- considérer les semi-échecs et la médiocrité constante comme des bases acceptables pour une vie d'adulte responsable, en des temps qui condamnent pareillement les losers flamboyants et les conquérants qui s'assument ;

 

- envisager sereinement l'éventualité préoccupante de faire des mouflets dans un monde sordide et auto-naufrageur, en s'interdisant d'avance de fonder sur eux la moindre espèce d'attente et en ne leur transmettant que la vie, sans aucun flambeau ni étendard ;

 

- continuer à brûler consciencieusement ce que j'ai adoré sans jamais adorer ce que j'ai brûlé.