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07/02/2009

L'INSURRECTION

Ricanez puristes, méprisez droitards : il faut lire L'Insurrection qui vient, pour les mêmes raisons qu'il faut lire La société industrielle de Saint Théo. Les deux oeuvres, souvent maladroites, pas exemptes de verbiage ou de naïveté, ont la qualité primordiale de revenir aux basiques et de tenter un tour d'horizon des vrais problèmes actuels. La tendresse du Comité Invisible pour les chacals de banlieue, sa poésie un peu mièvre, ses solutions à l'emporte-pièce, son espoir imbécile d'une explosion sociale prochaine tout ça n'a pas d'importance. Seul compte la vulgarisation et le rappel des évidence, en des temps où personne, j'insiste - PERSONNE - n'est foutu de proposer une vision du monde simple, cohérente et radicalement opposée aux conditions de notre éradication culturelle. 

Voilà pourquoi je rends ce texte dispo ici, catégorie Evangile de Sainte Colère. Tout en sachant que les intéressés l'auront déjà trouvé ailleurs, et que ceux qui devraient le lire n'en auront pas grand-chose à foutre. Il contient des explosions de fureur lucide qu'aucun homme droit et encore capable de coups de rage n'a le droit de traiter par-dessus la jambe. Lisez-le, faites-le lire, gambergez dessus, faites vos propres commentaires, ajouts, corrections, objections.

A part ça, j'ai enfin foutu les pognes sur un scanner digne de ce nom, ce qui devrait me permettre de faire tourner quelques autres bouquins aussi indispensables que sortis des mémoires ou n'y ayant jamais mis les pages.

06/02/2009

DE LA MAÎTRESSE D'ECOLE ENVISAGEE COMME ENNEMI PRIORITAIRE

Pour intégrer les allogènes, il suffit de ne pas leur faire causer en français.

 

Fières et enthousiastes, la responsable du Bureau jurassien de l’intégration, Nicole Bart, et l’enseignante enfantine Angela Migliaccio. Elles ont initié un programme «original et novateur», dit Nicole Bart, «qu’on nous envie dans de nombreux autres endroits de Suisse romande», enchaîne la maîtresse enfantine: des contes et légendes étrangers sont narrés par des migrants installés dans le Jura aux jeunes écoliers, dans la langue originelle.

 

L’objectif est double: pédagogique car il met de l’immersion linguistique aux premiers degrés de l’école (de la maternelle à la 2e primaire) et politique car il sensibilise les petits Jurassiens aux cultures étrangères et permet aux migrants «de parler de chez eux, ce qui constitue pour eux une formidable expérience», note Nicole Bart. (...)

 

Même à 4 ans, il y a des réactions racistes, reprennent les initiatrices. Cette ouverture interculturelle, aussi modeste soit-elle, incite à l’acceptation et à la tolérance.» Le projet s’inscrit encore dans la philosophie EOLE, un programme d’éducation et d’ouverture aux langues à l’école.

 

A chaque menace sociale, sa solution adaptée :

 

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03/02/2009

FLIC-HOP

On dirait que j’ai loupé l’événement culturel de la saison : Casino de Montbenon, le vouiquainde passé, festival Au-delà des préjugés, hip-hop à tous les étages et pour tous les goûts. Raphaël Ebinger, couvrant la chose pour le 24heures, nous apprend même que le public délicat, raffiné et divers accouru sur place a pu jouir d’une bien belle ambiance « rythmée par les BITS puissants distillés par les DJ ». Voilà voilà. Il aurait pu parler de concours de longueur de beats que ça aurait pas été moins juste.

 

Mais la pétole sur le purin, c’est quand même la présence sur place de deux représentants de la police municipale, venus histoire de bousculer leurs vilains préjugés. « Ce monde est beaucoup plus ouvert qu’il ne l’était, admet Jean-Marc Granger, qui a participé à la table ronde en sa qualité de chef de la brigade de la jeunesse. Il y a cinq ans, je ne sais pas si je serais venu, de peur d’être mal accepté. » Le même, s’adressant à ces malheureux abonnés des brutalités flicardières, s’est dit convaincu que « Si certains policiers qui ont toujours une image négative de votre culture étaient présents, ils changeraient d’avis. » Ou de métier ? Après une humiliation pareille, ça serait légitime de rendre son uniforme avant qu’on vous en prive pour trop faible taux d’ouverture sur la racaille différence.

 

On se réjouit de voir la police organiser un festival Au-delà de la matraque. Il accueillera des contorsionnistes en survêts’ et des logorrhéiques à micro pour leur permettre de se frotter au métier de flic et casser leurs sales petites idées préconçues de wassisses qui s’ignorent. Au programme : stage d’encaissement de crachats et d’insultes de macaques enragés, et techniques d’évitement du conflit même quand la meute d’en-face veut absolument vous faire la peau, consciente qu’elle ne risque somme toute pas grand-chose. Des flics armés qui reculent face à un seul taré, ça s’est déjà vu ; ils savent qu’ils n’auront droit à aucun soutien de leur hiérarchie en cas de dérapage, même légitime. Qu’on se rappelle, pour les autochtones, le foin invraisemblable provoqué par un coup de flashball à Kalvingrad, il y a quelques années. Ou quand deux purs mongols anti-WEF ont bloqué un pont d’autoroute au risque de claquer et se sont retrouvés à l’hosto parce qu’un flic a fait son boulot.

 

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Je pense au fils de Z, un ado un peu agité fasciné par les commandos d’intervention et qui envisage très sérieusement de faire flic. Je pense aussi à W, vieux pote métaleux qui a coupé sa tignasse il y a quinze ans pour entrer dans la police. Je pense encore à ceux qui m’ont coincé une fois ou deux, et avec qui la conversation devenait tout de suite politique dès les formalités réglées. Tant d’efforts, de discipline et d’abnégation pour que dalle. Pour ne pas pouvoir nettoyer les rues de la crasse humaine qui étouffe nos villes. Pour devoir faire des courbettes à la lie de la société, protégée par l’intelligentsia qui nous pousse au suicide depuis plus d’un demi-siècle. Pour jouer au chat sans griffes avec des souris qui se marrent de leur impunité, de leurs sursis pour cause de prisons pleines, du soutien logistique et juridique que leur apportent les collabos les plus glaireux de l’Histoire des colonisations.

 

J’en entends qui grincent de l’émail depuis au moins un paragraphe. On se calme et on respire. Je parle ici des mêmes flics qui ont collé ma copine pour utilisation de vélo dans une zone piétonne et défaut de vignette. Qui ne sont pas là dans les rues qui chauffent le week-end mais qui collent des bûches aux bagnoles mal garées pendant trois minutes devant les boulangeries. Qui laissent délibérément quinze minutes d’avance aux castagneurs encore mineurs pour éviter d’aller au taquet. Qui sont convaincus que voter UDC constitue le summum de l’engagement politique. Qui haïssent ouvertement les Arabes et se mettent à la colle avec des Thaïlandaises, en se plaignant en douce qu’elles font la loi à la maison. L ’affaire est entendue, je crois.

 

 

Ca n’empêche pas de ressentir un peu de compassion, passagère mais sincère, pour les jeunes policiers encore idéalistes qui auront lu les propos de leur « représentant », et qui savent à quoi s’en tenir côté respect mutuel de la part des Lumpen à beatbox. Un bref shoot d'humanité sans conséquence, avant de redevenir un enfoiré post-fasciste punkoïde aux tripes froides et à la cervelle en chômage technique.