29/01/2009
RE : COKE EN STOCK, ON NE S'EN LASSE PAS
En lien avec la note d'en-dessous.
Jérémiades afrocentristes et attendrissement blanchouille, c’est reparti pour un tour – on est plus proche du mouvement perpétuel que du carrousel, d’ailleurs, puisque le carrousel, lui au moins, fait parfois une pause.
24 Heures, supplément Week-end du 22 au 28 janvier, page 3.
Andrea Novicov a décidé d’implanter son Woyzeck sous le soleil des Caraïbes. Il réunit sur ce projet comédiens blancs et noirs pour une création anticonventionnelle.
(Ah ben oui, la mixité et le métissage, c’est révolutionnaire à crever, Christophe Blichtler doit en dégueuler son cor des alpes !)
Interview avec Tania Nerfin, une des comédiennes noires de la troupe.
(Insister sur la couleur des gens, c’est pas nazi si on a sa carte de journaliste.)
Tania Nerfin est originaire de Cuba.
(Quelques détails biographiques avant le premier appel à sortir les mouchoirs…)
Quand elle débarque en Suisse, (…) elle doit faire face à sa différence :
(Ah ? Pas à celle de la population locale ? Bigre, être Divers, ça ressemble à un dédoublement de personnalité…)
…sa couleur de peau et son accent sont un frein à des engagements en tant que comédienne.
(Le monde du spectacle, c’est bien connu, est un nid de crotales réactionnaires. La preuve…)
- (…) Est-ce difficile de trouver des rôles intéressants lorsque l’on est Noire ?
Le théâtre est encore très lié à des clichés. Regardez l’Amérique, c’est soi-disant le pays de la liberté, mais les Noirs n’ont jamais les mêmes rôles que les Blancs.
(Alors que même Omar Shariff a eu le droit de jouer un officier allemand dans La Nuit Des Généraux , c’est injuste. Vite, un remake de Black Gestapo sponsorisé par le Conseil de l’Europe !)
Jamais on ne va voir une femme black exposée comme un symbole de beauté et d’amour : il n’y a jamais de Juliette noire au théâtre ou au cinéma. Les Noirs sont cantonnés aux rôles secondaires.
(Ce salaud de Shakespeare, c’est clair que c’est pas lui qui aurait fait une pièce avec un Noir comme personnage principal. Etats raciaux ? Aussitôt Othello, comme dirait mon pharmacien.)
- Ce rôle, c’est un soulagement ? L’impression que les mentalités évoluent ?
(On vous suce assez les orteils ou vous voulez qu’on vous gobe aussi les mollets ? Y a qu’à demander, vous pouvez me cracher dessus aussi, si ça vous « soulage. »)
Je pense que c’est une porte qui s’ouvre,
(Okaye, les mollets, les genoux, le cul, allez ! On va faire chauffer les glandes salivaires !)
…pas forcément pour d’autres rôles, mais pour le public qui sera confronté à cette pièce. Enfin, il pourra juger de notre capacité à faire passer un message universel quelle que soit notre couleur de peau et non pas juste un cliché.
(Si vous me choisissez pas parce que je suis Noire, z’êtes wassisses. Si vous me choisissez parce que je suis Noire, ben c’est aussi un peu wassisse quand même. Alors on fait un deal : je surjoue à fond ma Noiritude, et vous faites semblant de ne voir absolument rien. Et ouvrez la bouche un peu plus grand, sinon vos dents vont me faire des marques.)
21:39 | Lien permanent | Commentaires (4)
COKE EN STOCK, EPISODE 13897

Un violeur psychopathe peut avoir l'impression de faire l'amour à sa victime, mais la brute ordinaire ne se pose pas vraiment de colles : il ne dégoise des histoires de "consentement" ou de "provocation" qu'une fois face aux flics. Devant son reflet, pas de telles excuses. Il a pris ce qu'il a voulu, fin de l'histoire. Avec nos afrolâtres, c'est exactement la même chose. Ces fils de chienne ne croient pas un instant à ce qu'ils prêchent, et ils ne sont guère pratiquants, sauf pour les paparazzi.
En fin de compte, eux, nous et Monsieur Moyen, voyons la même réalité, avec les mêmes lunettes. Tout le monde ricane en douce de la rage des "quotas", de la mixité organisée par l'Etat, du culte médiatique de l'Homo Cafélactus. Alliés, ennemis ou mutuellement indifférents, tout le monde sait bien qu'il y a NOUS et LES AUTRES, et que l'actuel jeu de chaises musicales ne peut avoir qu'un gagnant. Pour l'instant, c'est NOUS qui perdons. Mais LES AUTRES ne sont pas plus heureux, ni plus à leur place. L'immigration de masse du XXè siècle, c'est le Dîner de Cons à l'échelle planétaire.
Parce qu'il ont beau chanter "J'y suis j'y reste", nos braves colons, ils ne sont pas plus considérés par ceux qui les y ont invités.
D'abord parce que leur besoin en considération est sans fond. Normal quand on n'a que la famine, la misère et l'esclavage comme héritage revendiqué. Comme quoi se répéter qu'on est originaire du très officiel Berceau de l'Humanité, ou que les Pharaons Noirs ont appris la recette de la moussaka aux Athéniens, ça n'a pas l'air de mettre beaucoup de baume au coeur.
Ensuite parce que nos Propriétaires Démocratiquement Elus n'ont pas grand-chose à foutre de quel bruit ou quelle odeur répandent les Ressources Humaines que nous sommes tous à leurs yeux, toubabs et Divers confondus. Le triomphe de la Non-Pensée est si total que leur cynisme affiché, presque candide, en devient limite réjouissant, comme dans cet article du Monde. "Il faut faire plus qu'un leuco quand on débarque d'Afrique". "Extraire un individu de sa Minorité est un investissement." A quoi répondent les intéressés, bien entendu, "Si vous m'aimez pas, c'est qu'vous êtes rien que des wasisses." On attend fébrilement le couplet des théoriciens mixocrates, à base de "Faschysme bras armé du capitalisme".
Cette querelle entre maîtres, esclaves et fourriers est plus assommante que mille rediffusions de La Grande Vadrouille, même si parfois, on se laisse aller à un sourire face à ces bouffonneries archiconnues.
09:45 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (0)
27/01/2009
COLLABOS, ENIEME CHAPITRE

Bonne Nouvelle, Le Mensuel de l'Eglise protestante vaudoise, février 2009, page 11
"Le choeur des jeunes de l'Eglise revient du Bénin. Dominique Tille, son chef, raconte."
(...) Votre tournée comptait surtout des gospels et des negro spirituals, des chants d'origine afro-américaine. Comment avez-vous été reçus au Bénin ?
- Les Africains apprécient quand c'est rythmé, que cela tape des mains. Un solo de basse bien enlevé, c'est l'extase. Il n'y a pas de gospel africain, ce n'est pas dans leur culture, mais ils apprécient ce style, certains le chantent aussi. Nous avons eu le plus de succès avec les chants africains que nous avions appris. (...)
Qu'avez-vous envie de transmettre aux jeunes ?
- Il y a tout d'abord la vie du groupe, quand vous vivez à quarante dans des situations plus précaires que chez nous, avec peu de confort. Les jeunes sont impressionnants, tout s'est passé dans une bonne ambiance. (...) Je veux enfin transmettre la confiance dans le métissage. Il ne faut pas avoir peur de l'autre, les différences sont enrichissantes. Chanter ensemble rend cette idée concrète. Chacun apporte ses différences et cela forme un nouveau tout.
Bref... nihil novus...
18:11 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (4)