08/07/2009
BREVE SORTIE DE COMA
Vivre dans un immeuble qui n'a pratiquement pas bougé depuis les années cinquante peut avoir son charme, mais la technologie d'un demi-siècle plus tard exige des travaux hallucinants et en conséquence des tractations éreintantes avec les ennemis du genre humain que sont les régies immobilières. Ce n'est donc pas demain la veille que je pourrai reprendre le cours de mes éructations ici. L'avantage, c'est que cette situation agaçante permet de conserver intacte une tendance naturelle à la rogne. Absence totale d'insonorisation, travaux de rénovation dont le bâclage confine au foutage de gueule punkoïde, étanchéité toute relative des fenêtres, tout ceci s'additionne à la fatigue d'un déménagement hâtif et à un sommeil de qualité toujours médiocre - tout va comme d'hab, je suis absolument furax, avec quelques ennemis personnels de plus. Si je ne claque pas de rage avant que je puisse sortir de ses cartons ce putain de pécé qui prend la poussière (et avec lui tout le stock de musique volée sans qui il est difficile de zapper la planète quelques instants), je devrais pouvoir alimenter ce bleaugue sans me fouler pendant quelques mois. La simple pensée que cela ne dépend que de la mauvaise volonté d'un voleur légalisé par l'Etat et sanctifié par le marché est une source puissante d'humiliation, de rancoeur, et donc d'inspiration. S'il y en a encore quelques-uns qui s'attardent en ces lignes, qu'ils sachent que je n'ai pas la cosse, ni rencontré Le Prophète, ni fracassé ma gueule sur un bitume hostile aux bécanes, c'est juste que je ne peux pas vraiment faire autrement que, pour une fois, fermer ma gueule. Avec mes saluts aux affreux du Bistrot.
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