16/08/2009
TOUT CE QUE VOUS POUVEZ
Elle était belle, comme peuvent l'être ces femmes que l'on aime déraisonnablement. Tout en elle exhalait la Mère Porteuse, sa façon de se tenir en société, son amour avoué de cette sensation particulière d'être entourée d'une petite cour. Elle excellait dans l'art difficile de sublimer sa beauté brute par une mise en scène minimale et contrastée, en noir et blanc. Je crois avoir compris qu'elle a pondu récemment. En son temps, elle avait parié qu'en cas de séparation, elle me croiserait au guidon d'une poussette bien avant elle. J'aurais dû parier une caisse d'armagnac.
Elle venait me voir en bus, aussi piétonne que moi, bien que pour d'autres raisons plus honorables. J'avais pris l'habitude de la ramener au bus, prétextant d'absurdes raisons sécuritaires pour déguiser sous des atours virilement présentables un besoin pathologique de conserver son contact aussi longtemps que possible.
Je l'abandonne un dimance soir à cet arrêt de la zone semi-industrielle, où le turc était la langue naturelle avant que ne le remplacent les borborygmes organisés de nos doux amis kossovars. Je ne sais de ce qui a suivi que ce qu'elle me raconta plus tard, mais pourquoi aurait-elle menti ?
Un couple de retraités patiente aussi sur le banc. La conversation se noue, car elle était aussi sociable que je m'efforçais de ne pas l'être. Au moment des adieux, l'homme aurait eu ces mots :
"Mademoiselle, la vie est une garce. Il faut lui voler tout ce que vous pouvez."
06:29 Publié dans De quoi j'me merde ? | Lien permanent | Commentaires (2)
15/08/2009
TAPER SUR LES NERFS
Je sais, c'est de nouveau trop large, je corrige quand je peux.
08:11 Publié dans Survie musicale zonarde | Lien permanent | Commentaires (0)
12/08/2009
FUNERAILLES PORNOGRAPHIQUES
Que la civilisation européenne crève - ou plus précisément, que crève ce qui lui donnait sa beauté, son panache, sa valeur - n'est pas forcément un problème moral insurmontable. Les empires naissent et crèvent, certains plus vite que d'autres, comme "avant leur temps", mais quoi ? Les meilleures choses ont une fin, s'pas. Ce qui est abominable, c'est que notre extinction se déroule dans une ambiance de fiesta planifiée, avec bonne humeur obligatoire et esclaffades enregistrées. On ne nous laissera pas même claquer comme des chats, planqués dans des coins sombres, il faut que nos funérailles ressemblent à celles de Chloé dans L'Ecume des Jours : obscènes, dégueulasses, bouffonnes, histoire de bafouer jusqu'au dernier souvenir de nos grandeurs passées. Les Blanchouilles disparaissent et sont invités à faire la claque pour la mise en scène de leur propre extermination tranquille.
Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je ne pensais pas qu'on puisse autant
S'amuser autour d'une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux?
(Défi : faire mieux que détourner du Cabrel pour prêcher la guerre totale ethnique. Genre : Bruel ou Obispo)
Et on voudrait, dans de telles conditions, ne pas succomber à la tentation de piéger son propre cadavre, histoire qu'il pète tout desprogement à la gueule de nos embaumeurs ? Il faudrait trouver immature, poseur, inconséquent le rêve de réconcilier idéal patriotique et politique de la terre brûlée ? Ca ne vous arrache pas le coeur et le ventre, à vous, cette idée de léguer le Colysée, le Parthénon, la chapelle Sixtine ou la basilique de Saint-Denis aux hordes décérébrées issues des pires replis du duodénum de cette foutue planète ? A choisir, ne vaudrait-il pas mieux tout plastiquer ? Je saurais à peine fabriquer un Molotov sans me brûler les pognes, mais je pose la question quand même. La substitution ethnique s'est mise en place avant notre naissance, elle continue à plein régime chaque jour, une action concertée de tous les gouvernements d'Europe pourrait à peine la freiner, fut-ce au prix d'un massacre. J'en déduis que tout ce qui sera sauvé ne le sera pas pour nos mouflets. NOS mouflets, j'insiste lourdement.
Dans mon entourage direct et indirect, en segmentant par individu, je croise presque chaque semaine "quelqu'un-qui-connaît-quelqu'un" en train de fonder une famille dite multiculturelle. Ca se passe en Chuiche, pays de nains de jardins et de banquiers qui n'a jamais colonisé personne, dont la moindre fermette semble afficher fièrement son drapeau, et dans lequel fort peu de racailles s'amusent à flamber des bagnoles lors de la fête nationale. Pas besoin de banlieues sensibles pour se faire lentement effacer de la surface de notre coin de globe. Tout ça se fait fort helvétiquement, avec retenue, et comme avec indifférence. Ces parents et grand-parents qui voient leur lignée partir en peau de couilles tannées prennent tout ça avec le sourire, c'est bien un max si certains se permettent, en douce, un vague soupir de désillusion, de résignation aigrelette, quand ils sont sûrs que, pour une fois, on ne leur sortira pas le catéchisme Citoyen autogénocidaire.
Faut bien que le spectacle continue. Est-ce que c'est chaud ce soiiiiir ? J'ai dit : Est-ce que c'est chaud ce soiiiiiiiiiir ?! Une boule à facettes dans un funérarium ne ferait pas meilleur effet.
00:30 Publié dans Marées Noires | Lien permanent | Commentaires (0)