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08/03/2008

" LA MACHINE A FABRIQUER LES ELECTEURS "

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Pourquoi faut-il absolument que tous fassent la même chose et en même temps ? Pourquoi cette discipline de la classe qui n’est nullement une discipline de l’esprit ? Cette « correction » contraire à tout sens créateur – et qui consiste à ne pas « dépasser » quand on colorie une image ?

 

Pourquoi faut-il réduire l’enfant – considérer comme une matière première – à la docilité de l’uniformité ?

 

Parce que le but tacite et dernier de l’Ecole est de former des agents d’accroissement du PNB, si l’on est aux Etats-Unis ; des sujets obéissants d’une Nation prêts au sacrifice militaire, si l’on est en Europe de l’Ouest ; ou enfin des militants conditionnés dans les pays totalitaires. (Ces trois motivations existant à vrai dire partout, mais assez inégales.) Quel que soit le régime régnant, capitaliste ou socialiste d’étiquette, c’est encore l’Etat qui domine, expression nécessaire de la classe bourgeoise selon Karl Marx, et cependant pareil en Russie soviétique à ce qu’il est dans nos démocraties, républicaines ou monarchiques d’ailleurs – expliquez cela.

 

*

*          *

 

Je ne disais que du mal de la Démocratie dans ces Méfaits. Notez que le maréchal Staline n’en a jamais dit que du bien. C’est donc assurément de la même chose que nous parlions. Mais était-ce le fait d’un « fasciste » ou d’un « réactionnaire » que de l’attaquer ?

 

Anarchistes, gauchistes et scientifiques, conservateurs et progressistes de tous bords s’accordent aujourd’hui pour critiquer non pas l’égalité devant la loi, mais l’égalitarisme, l’uniformisation, l’alignement sur le dernier cargo et l’accroissement systématique de l’entropie, c’est-à-dire très précisément ce que j’appelais en 1920 « démocratie ».

 

Il est clair que le mot peut avoir d’autres sens, supporter d’autres définitions, notamment dans mes propres écrits, depuis ce temps-là…

 

Rousseau, suivi en cela par Proudhon, a soutenu que la vraie démocratie n’est concevable et pratiquée en fait que dans les petites communautés. « Plus l’Etat s’agrandit, plus la liberté diminue… Le gouvernement démocratique convient aux petits Etats… ceux où le peuple est plus facile à rassembler. » Plus un Etat est populeux, plus le pouvoir doit y être concentré. A la limite, il faut un dictateur.

 

Et ceci nous ramène aux Régions, fondées sur les Communes, seuls groupes « démocratiques ».

 

Denis de Rougemont, Les Méfaits de l'Instruction publique, 1929

Le texte intégral en version PDF ? Tout de suite Bwana : Les_Méfaits_de_l'Instruction.pdf

HUMOUR GRAS ALLEGE

C'est la Journée Internationale de la Femme, et pour qu'on ne me prenne pas en défaut du minimum syndical de misogynie, je salue l'événement en postant une belle photo de chatte humide : 
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07/03/2008

TECHNOSCIENCE

Le clip bof (trouvé que ça) mais la musique jawhol ! (les trente dernières secondes sont un rajout

 

Defaced by all inept justice
Shamed by the mental abuses
Branded "inferior weakness"
Ordered to cease and desist!

Man is obsolete!
Our world, obsolete!
Man is obsolete!
Erased, extinct!
Obsolete!

Fear Factory, Obsolete

05/03/2008

ET SINON, EN EX-FRANCE, LA RIGOLADE CONTINUE...

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A titre expérimental, les élèves d'une cinquantaine de classes de CM1 et de CM2 d'établissements caractérisés par un fort taux d'échec scolaire seront transportés dans d'autres écoles de la même ville afin de leur donner la possibilité de découvrir un autre environnement social et scolaire.

 

Sûr, les gars. Le bon vieux Busing yankee à l'usage de la France d'Après les Bêret-Baguette-Accordéon. Original, novateur, porteur d'espoir, plus ébouriffant que les bourrasques d'aujourd'hui (et qui par ailleurs ont foutu ma bécane par terre, un rétro à changer putain de merde!)  Voilà qui rappelle ce tranquille commentaire d'un Amerloque croisé l'année passée, autour d'un verre de blanc. "Avec le Busing, tu prends trente petits Blancs vers une école black, et à la fin tu as trente officiers SS qui ressortent."

 

La méthode Sarko-CRIF, si regrettablement abandonnée il y a peu, aidera-t-elle à apaiser les minuscules frictions qui émergeront de cette fructueuse Mixité sous perf' étatique ? On pourrait aussi faire en sorte que chaque établissement confie sa "Mémoire" à l'autre. Les écoles "à fort taux d'échecs" ne se fouleront pas plus que d'habitude, et ça fera des vacances mentales à celles qui fonctionnent pas trop mal.

 

En fin de compte, c'est peut-être pas si idiot que ça. Y a plein de savoirs à s'échanger pour avancer ensemble. Les bolo's apprendront aux Orcs les rudiments de la rhétorique classiste et à parfumer leurs revendications désarticulées avec un peu de Bourdieuserie, gage d'un grand succès auprès des jeunes pouffiasses à peine démoulées des écoles de journalisme. En retour, les Orcs enseigneront aux tektonikeurs malingres l'art et la manière de marcher sur la gueule d'autrui avec bonne conscience, à pratiquer efficacement le chantage affectif et à monter un bizness rentable pour ne plus dépendre économiquement de leurs parents ? géniteurs ? pondeurs ? responsables familiaux multigenre.

 

Bon pour la Kroassance, ça, coco.

03/03/2008

LE SUICIDE DES TAUPES

<< De glissements en dissolutions, de rongements en écroulements, nous avons été minés, creusés, grignotés. Poussés par les ennemis de la liberté, les taupes françaises ont foui leur propre chair. Leur cerveau, leur moelle épinière, leurs nerfs, leurs muscles, leur sexe. Cinquante millions de taupes vides, aveugles, anesthésiées, poursuivent, hallucinées, les activités pour lesquelles on les a programmées : conduire leur voiture, travailler au champ, au bureau, à l’usine, « métro-boulot-dodo », manger, copuler, se reproduire, ressasser les slogans de leur cassette idéologique. Le soir, un cercle de muets boit au Léthé de la Télé. Veillés criminelles, où tes parents, Jacques, te coupent la langue : « Chut !... Bouche cousue : Télé ! » >>

(p.15)

 

<< Voilà ce dont on te prive, Jacques, non par étourderie ni négligence, mais sciemment, selon un plan prémédité, que Jules Romains dénonçait, dès 1966, dans sa Lettre ouverte contre une vaste conspiration. Depuis longtemps on a tout fait pour te défranciser. Pour t’arracher à ce sillon de sensations, de sentiments, d’idées, de gestes, d’attitudes, d’intonations qui formaient la France. (...) Les uns volontairement, pour te détruire, les autres par lâcheté, tous t’ont amputé de la France. Violemment , sournoisement, ou par l’arme qui se passe de tout argument : le ricanement. On a monté en toi des réflexes, associant automatiquement l’idée de la France au ridicule. Chaque fois que tu aurais quelque motif de fierté nationale, fût-ce dans une victoire sportive, et que tu t’apprêtes à t’épanouir, on ricane COCORICO ! Fine allusion au coq gaulois, présumé stupide, et à son cri de triomphe sur son fumier. Ou bien, exprès, ou par une ignorance complice, chaque fois que l’on devrait employer le mot PATRIOTISME, désignant l’amour légitime de la patrie, aussi naturel que l’amour que l’on porte à ses parents, on le remplace par sa caricature. Le PATRIOTISME étant banni du langage, tu te crois obligé d’employer le seul vocable qu’on laisse à ta disposition : CHAUVINISME. Privé de sucre, tu te rabats sur la saccharine. « En 1914, une vague de chauvinisme submergea la France  », goguenarde un speaker de télé.>>

(p.19-20)

 

 
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<< Les ennemis de la liberté que le Moyen Age aurait dénoncés comme les suppôts du diable, ont procédé à sa façon, par la caricature. Ils ont fourbi leur arme suprême de dérision : la POLITISATION. « Vous voulez faire de la politique ? ont-ils dit aux démocraties libérales. On va vous en fourrer partout. »

 

Jusque dans les moindre rainures et interstices de l’individu et de la société. Et non point de la bonne vieille politique à la papa du café du Commerce, héritière des bavardages cordiaux de l’agora et du forum, clins d’yeux, connivences sous le manteau, fausses colères avec toujours quelqu’un pour vous retenir, mais de la POLITISATION féroce. La population alignée au garde-à-vous, comme dans les camps de concentrations. Les bons – les méchants. GAUCHE-DROITE… GAUCHE-DROITE… Obligation de se ranger dans ces catégories avec tout son fourniment. Interdiction d’en sortir. Toute la vie bloquée. Tous les trésors de fraîcheur et de charme souillés. Tous les élans de création et d’amour, pourris. Le rire et le sourire, éteints. La joie d’exister, de respirer, de voir, d’écouter, d’aller et venir : MORTE. La richesse infinie des nuances, des sensations, des idées, la volupté des échanges, des rapports loyaux, la recherche de la justice et de la vérité : ETOUFFES, ETRANGLES.

 

DROITE-GAUCHE… DROITE-GAUCHE. La haine, la menace, la mort.

 

Un Swift peindrait cet enfer. Des juges de droite, n’utilisant que le plateau de droite de la balance de la Justice , et des juges de gauche, n’utilisant que le gauche. Des prêtres de droite adorant un Dieu de droite, qui n’a créé que la partie droite de l’univers et des prêtres de gauche un Dieu de gauche. Des médecins de droite ne soignant que la partie droite du corps et des médecins de gauche ne soignant que la gauche. Des policiers de droite, ne réglant la circulation qu’à droite, et des policiers de gauche qu’à gauche. Des gens de droite ne se mouchant que la narine droite et des gens de gauche que la gauche.

 

Jusqu’à l’heure où il n’y aura plus ni DROITE ni GAUCHE, mais seulement un côté. Refermé pour toujours, le clapet n’aura plus rien à trier. >>

(p.43.44)

 

 

<< Aujourd’hui, Jacques, la plupart de tes camarades se traînent au cours d’Histoire « comme à l’abattoir ». Vercingétorix, Jeanne d’Arc, Henri IV, Louis XIV, Napoléon, auraient-ils déteint dans le fleuve du temps ? Se seraient-ils évanouis ?

Il se passe simplement ceci qu’on vient de nous révéler : le plus monstrueux scandale du siècle, aux conséquences incalculables. Nous assistons à la poursuite méthodique du génocide intellectuel, spirituel, moral ourdi contre notre peuple, du lavage de cerveau perpétré pour défranciser les jeunes, c’est-à-dire la France de demain, qui tombera, sans guerre, sans invasion, comme une poire mûre, dans les mains de l’occupant.

 

On a pu commettre ce forfait sans que le gouvernement de ce pays et les parents des victimes lèvent le petit doigt. Un peuple de châtrés assistait, muet, au massacre intellectuel de ses enfants. Pour le massacre des innocents ordonné par Hérode, des croix de sang désignaient les maisons du crime. En France, partout où vivaient des jeunes d’âge scolaire, des millions de maisons, dans nos villages, nos sous-préfectures, nos grandes villes, Paris, étaient marquées des croix invisibles de l’oubli.

 

Quand l’horreur a débordé, les taupes ont tout de même entrouvert un œil. Pas d’elles-mêmes, mais parce que quelques esprits libres les ont secouées. Alain Decaux a donné le signal : « On n’apprend plus l’Histoire à vos enfants ! » (Le Figaro Magazine, 20 octobre 1979). Courageusement, douloureusement, il a dénoncé le scandale qui le crucifiait dans son âme d’historien. Il a révélé au grand jour la méthode de nos bourreaux.

 

A coups de marteaux, ils ont brisé la continuité chronologique. Il fallait à tout prix rompre le flux vital qui, de génération en génération, formait la trame de la France. Il importait d’abord de détruire la sensation viscérale que, de Vercingétorix à Giscard d’Estaing, les Français formaient une même famille, que cette cohésion intime dominait les classes sociales, les intérêts particuliers, les différences économiques, philosophiques, politiques, religieuses, et les régimes, Monarchie, Empire, République.

 

Nos héros, nos génies, nos saints, nos rois, nos seigneurs, nos bourgeois, nos paysans, nos ouvriers, agrandissant pas à pas notre domaine, d’un champ, d’une haie, d’un chemin à l’autre, jusqu’aux limites actuelles de montagnes, de fleuves, de mer de notre « pré carré », les irisations, les contrastes de couleurs, de sons, d’odeurs, qui confèrent à nos siècles leur allure française, tous ces trésors, nos tortionnaires les ont enfournés dans la moulinette du Père Ubu, grand mixer du néant.

 

Cette immense vie continue, chatoyante, diaprée, charriant le destin de la France , des forêts de la Gaule aux tours de la Défense , ils l’ont réduite en bouillie. >>

(p.122-123)

 

Paul Guth, Lettre ouverte aux futurs illettrés, Albin Michel, 1980