06/09/2008
IDEES MALSAINES
On trouve vraiment de tout sur le ouaibe. Même de prétendus patriotes à la noix qui préconisent le retour à des méthodes abominables, dignes des coins les plus arriérés de la planète. Y en a qui tiennent une de ces couches, c'est pas possible...

21:53 | Lien permanent | Commentaires (5)
YOUTUBE, C'EST BON POUR LA TÊTE
C'est miraculeux les choses qu'on peut découvrir quand on est curieux, relativement inculte et connecté au ouaibe. On jette un oeil dubitatif à un détournement alambiqué recommandé par je ne sais plus qui (mais qui se reconnaîtra sans doute) et on finit, en trois secondes de farfouillage, par découvrir ça :
<< Il est donc bien entendu que toute norme est oppressive, toute autorité liberticide, que les minorités sont toujours opprimées, que les femmes et les homosexuels sont porteurs d'un potentiel de subversion, que les immigrés sont nos frères en révolution, que l'amour est toujours subversif et incompatible avec les rôles sociaux ou avec le pouvoir, que les « jeunes de banlieue » sont des résistants à l'ordre établi, etc. Et il en coûte à l'impudent qui prétendrait discuter ne serait-ce qu'un seul de ces articles de foi face à de prétendus amants de la liberté, en fait aussi intolérants que les curés d'une autre époque.
<< Mais nous savons, nous, qu'il n'y a pas de société sans normes, que l'amour est aussi lieu de tous les pouvoirs, que derrière le refus de toute hiérarchie, il n'y a bien souvent que la haine de l'intelligence, de la distinction et de tout ascendant, qu'une certaine passion égalitaire ne vise généralement qu'à araser tout ce qui pourrait révéler la médiocrité et qu'il faudra beaucoup d'autorité si l'on veut entreprendre un jour de bouleverser cette société, d'une autorité dont la légitimité est à penser dès maintenant. Que nombre d'homosexuels ne font que rejeter sur l'autre sexe la responsabilité de la déception que leur vaut l'état présent des rapports hétérosexuels, manifestant un désir effréné de s'intégrer dans ce monde pourvu qu'on l'aménage en tout point pour le leur rendre agréable. Que les femmes, après avoir remporté des victoires non négligeables sur le plan des moeurs et du travail, semblent avoir bien du mal, à présent, à se libérer des conséquences de leur dernière libération (car tout se passe comme si celle-ci ne leur avait été consentie que pour mieux les enchaîner par des liens plus subtils et non moins contraignants).
<< Mais nous savons aussi notre maladresse et nous n'ignorons pas non plus que l'homme de ce temps n'est pas pour rien dans cette mise au pas que la bourgeoisie a su créer en exacerbant la guerre des sexes qui est pour elle tout bénéfice. Et le marché se retrouve ainsi en pays connu. Ce qui nous donne cette fin de siècle où un cynisme en vogue semble régner sur le délabrement amoureux, dans une vulgarité sans pareille. Nous savons enfin que beaucoup d'immigrés, trimballent les pires arriérations dans leurs bagages. Et de même qu'il aurait fallu, en d'autres temps, considérer l'ouvrier réellement existant, celui qu'on pouvait effectivement rencontrer, côtoyer, et non l'incarnation de la classe mythique, qu'il conviendrait, sans complaisance exagérée, de considérer aujourd'hui l'immigré réellement existant, en arrêtant de croire et de faire croire que tous les « sans papiers » sont chassés de leur pays par la misère, la guerre civile ou la persécution. Qu'on ne peut raisonner sur l'immigration actuelle en évoquant le souvenir et l'exemple de Frankel et Dombrowsky, comme si on immigrait dans la France d'aujourd'hui pour partager un combat commun et pour achever l'oeuvre de fraternité initiée en 89, comme si c'était toujours la patrie des Droits de l'Homme, de Voltaire et de la Liberté qui faisait rêver dans le monde entier les candidats au départ. >>
Alain Tizon, François Lonchampt, Votre Révolution n'est pas la mienne, Le début et la suite ici.
13:14 | Lien permanent | Commentaires (4)
04/09/2008
ALESIA VALEWNKOV TOI-MÊME
Chère Alesia Valewnkov,
Merci beaucoup pour vos deux mails ; un seul aurait suffi et j'ose espérer votre pardon pour mon unique réponse.
Vous me dites que votre « époux est décédé dans le désastre de Tsunami en Thaïlande.(sic) » Le pauvre homme vous a néanmoins laissé quelques 4.500.000 dollars américains, ce qui devrait vous assurer une provision de gigolos (gigoli ?) bien au-delà de votre ménopause. Mais votre belle-famille, m’assurez-vous, vous fait « quelques difficultés », si avide qu’elle est de « mettre la main sur certains biens. »
En femme prudente que vous êtes, vous avez soustrait ce joli tas de pognon à la rapacité de vos beaux-frères-sœurs-parents et planqué le tout « dans une mallette métallique (...) au sein d’une compagnie de Sécurité des biens » de votre beau pays, dont le gouvernement fait bien des misères à la chouette démocratie géorgienne si j’en crois mes journalopes préférées. Redoublant de prudence face à vos trouducs par alliance, vous avez carrément « insisté auprès de la compagnie de sécurité pour que [votre] mallette soit gardée avec un maximum. (sic) »
L’engin se trouve actuellement sous bonne garde chez « une compagnie de garderie (sic) de bien en Angleterre » et, bien entendu, vous comptez sur mon aide pour la récupérer. Je sèche discrètement une larme en pensant à vos malheurs, vous dont la belle-famille « ont (sic) à plusieurs reprises tenté deporté (sic) atteinte à [votre] vie pensant qu’à [votre] mort tous les documents légaux des bien (sic) que possédaient (sic) [votre] mari leur reviendraient de plein droit (sic ad nauseam). » Il y aurait un pourcentage pour moi en récompense de mon dévouement, ce qui paraît tout de même la moindre des choses.
La délicatesse élémentaire voudrait que je vous communique tout d’abord mes sincères condoléances. Or je suis un rustre - pas un homme sans manières ni éducation, mais volontiers grossier et brutal, selon la définition de Robert Petit, édition 2007 (un cadeau de mon papa, il faudra que je vous parle de lui dans une prochaine lettre.) Vous comprendrez donc que je me permette de ricaner bêtement à l’annonce de votre veuvage. Est-ce ma faute à moi si feu votre mari était un queutard, écumant les bouges de Pattaya pour se fournir en mia noi ?
Vous n’aviez qu’à lui faire les cochonneries qu’il demandait et à y convier la petite du troisième chez qui il allait systématiquement demander des sparadraps ou du sucre en poudre. Qui sait les miracles qu’un peu de piment polygame aurait pu produire sur votre libido, avec toutes les conséquences heureuses sur votre mariage et donc les projets de voyage insensés de votre vieux salingue ? Mais je m’égare, comme d’habitude.
N’allez pas croire que je choisisse de vous laisser dans votre dèche par pure méchanceté de gros fafanar frustré. Simplement, je ne peux pas être présent sur tous les fronts de la lutte contre l’injustice et l'exploitation. Je suis déjà en affaire avec Désiré-Trésor N’gol-Diop, dont vous avez sans doute entendu parler. Il s’agit de l’unique survivant de la famille régnante du Bonzanzo Ex-République Populaire du Koukounia Oriental, massacrée en février dernier par les rebelles séparatistes du Front de Libération Démocratique Progressiste de l’Avenir Développé (FLDPAD). Lui aussi – Ô ironie amère ! – se trouve dans la situation fort déplaisante d’un milliardaire SDF, obligé de sucer des pines à la chaîne pour se payer une heure de connexion dans un cybercafé de la brousse et rentrer en contact avec de généreux Occidentaux comme ma pomme.
Notez que lui, plus commerçant (l’école de la misère causée par des millénaires d’esclavage leucoderme, que voulez-vous), m’avait demandé une grosse avance pour récupérer son fric, contre promesse d’une récompense à la hauteur de ma générosité humanitaire. A choisir, votre offre eût été plus raisonnable, puisque vous ne me demandez qu’une réponse gratosse avant d’entamer les négociations proprement dites. Mais voilà, je n’ai qu’une parole et je suis déjà en affaires avec machin, là.
Je me vois donc contraint de vous refuser le secours que vous espériez, tant il est vrai que ma bonté est connue jusqu’aux confins du monde slave. N’étant toutefois pas un salopard intégral, je vous transmets ma bénédiction, ainsi que quelques conseils. La Vieille Europe ne manque pas de célibataires laids, incultes, cons mais aisément manipulables, et qui ont de la peine à se contenter d’un coup rapide tous les troisièmes vendredis du mois avec des prostituées tropicales (on peut être sexuellement misérable et ne pas perdre toute dignité, vous le comprendrez). Aussi vous enjoins-je à (de ? je ne sais jamais) faire bénéficier vos filles de votre temps de connexion pour vendre leurs charmes rousskis par le même moyen qui nous a permis d’initier une correspondance qui s’annonce, j’en suis sûr, longue et riche.
En vous souhaitant plein de courage face aux épreuves que Dieu a choisi de mettre en travers de votre route.
23:46 Publié dans De quoi j'me merde ? | Lien permanent | Commentaires (5)
03/09/2008
EPICURISME
Chaleur lourde, humide. Départ pour le lac, histoire de nager quelques longueurs. C'est moins crade qu'une piscine et on n'y croise que de rares barboteurs, restant prudemment près du bord. Mais le lac est agité, pas quarante mètres de parcouru, balloté dans tous les sens, envoyé contre les rochers, je renonce, fait chier, le retour se fera à pied. En sortant de la flotte, je croise un pêcheur, rondouillard et visiblement très optimiste quant à ses chances de bouffer du brochet ce soir.
- Alors ? On attrape quelque chose avec des vagues pareilles ?
L'homme se fend la poire et répond, avec un accent indéfinissable :
- Non !... C'est juste pour passer le temps...
11:20 Publié dans De quoi j'me merde ? | Lien permanent | Commentaires (5)
02/09/2008
OH MAMY BLACK

M'sieur Abelikov gamberge sur la christification du Premier-Candidat-Presque-Noir au Yanquiland. D'autre part, j'apprends avec un peu de retard que ledit sexy, intelligent, enthousiasmant personnage a failli être flingué. Voui m'dame. Comme Martin Luther Chose et Gustave Kennedy, ces deux grands modèles qui semblent avoir été accouplés de force pour produire cette affriolante synthèse du Révamériquain. C'est déjà assez tristoune comme ça, vous direz. C'est que vous vous contentez de peu. L'intéressé a failli se faire trouer son beau cuir brun clair pour des motifs rassisses.
Imaginez un peu. Trois-quatre bouseux pâlichons, dont les bobines délirantes semblent être sorties de Fargo, n'auraient pas vu d'un bon oeil un Président Noir à la Maison Blanche.
Faut-il être con, quand même.
Moi qui suis un Mauvais Citoyen AOC, et qui ai déjà de la peine à pratiquer le Vivre-Ensemble avec ma seule sale gueule, je trouve très intéressante la perspective d'un Président des Etats-Unis Divers. Si je n'étais pas obligé de choisir entre intérêt pour la démocratie mondiale et visionnage de l'intégrale de South Park en V.O. (la vie est une question de priorités), sûr que j'aurais les poches du para farcies de stickers et de gadgets promotionnels. Tous derrière Barak Hussain ! Half-Black Power ! Prions pour l'avènement de la présidence funky !
Il faut ABSOLUMENT que Baraque Ng'obama remporte ces foutues élections. Vraiment. Les contorsions sémantiques des afrolâtres yanquiphobes vont exploser tous les records connus quand ils constateront que la politique vis-à-vis des palestochards ne bougera pas d'un poil, que le taux des Frères en prison ne baissera guère et que les zinégalités peineront à s'aplanir malgré l'émoustillant bronzage du Président. Pensez aux fabuleux concours d'excuses et de louvoiements en perspective !
La première puissance capitaliste mondiale dirigée par un métis de centre-gauche ! Oncle Sam qui devient Oncle Tom, s'il ne devient pas carrément un Bounty ! Vous voudriez louper ça ?
Bien sûr, si un réac atlantiste assumé lisait mes bavures - tout est possible, après tout, sur internette - il pourrait reprocher à ce perfide soutien des motivations antiaméricaines. Plus tordues que celles dont font preuve les obamaniaques occidentaux certes, mais quand même. A ce lecteur imaginaire, je répondrais alors ceci : je ne souhaite pas franchement de mal à l'Amérique de Joe Sixpack. Ou plus précisément : je lui souhaite le même mal qu'à l'Ex-Europe : un effondrement salvateur, un basculement irrémédiable dans le scénario catastrophe que nous ne faisons pour l'instant que frôler.
Appelez-ça la Politique du Pire optimiste. Ou n'importe quoi de plus élégant et poétique, je ne trouve pas de jeux de mots présentables, juste là. J'insiste sur l'optimisme de la démarche, et ne cache guère sa fonction parfaitement masturbatoire. Il est impensable qu'un Chippendale friqué, même fleurant bon le R'n'B, puisse faire le moindre mal à l'hégémonie amerloque. Son accession au trône ne serait que l'occasion d'un joli spectacle chez les commentateurs, passant rapidement de la multienculade orgiaque à la gueule de bois désabusée face à la médiocrité prévisible des performance de l'icône en question. Un peit plaisir coupable, stérile, immature, éphémère. Pas de mal à se faire du bien, assène la morale populaire, ce en quoi elle a bien raison, et me fait d'ailleurs penser à mettre de la Dôle Blanche au frais pour ce soir.
Il reste entendu qu'à choisir l'option la plus gratinée, c'est encore pour Jessie Jackson que je militerais. Avec Louis Farrakhan comme Premier Ministre. Mais on m'assure que la politique est l'art du possible, manière de dire qu'on fait comme on peut avec ce qu'on a. C'est bien pour ça que je ne fais pas de politique.
13:51 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (6)
01/09/2008
185 MILLIONS
Une manchette d'un torche-oeil gratuit me demande ce que je ferais avec 185 millions. J'adore les questions idiotes. Je présume que ledit baveux propose une page ouaibe où l'on peut poster ses plus beaux fantasmes, histoire de publier un sondage entre deux pubs pour des usuriers spécialisés dans l'écran plasma. Mais je garde ça pour moi et les trois désaxés qui s'aventurent ici.
En tout premier lieu, j'arrêterais de chercher du travail, ou de faire des efforts pour en garder un. Mais comme je ne suis pas spécialement gourmand, je conserverais mon train de vie actuel. Je m'arrangerais pour avoir des intérêts de 4000 balles par mois, histoire de couvrir les assurances, le loyer, la bouffe et les séances de binge-drinking. Un abonnement aux CFF pour voyager dans le pays. Et puis un gros cadeau à mon garagiste pour qu'il fasse en sorte que ma putain de 125 roule encore dix ans, et atteigne enfin les 120 km/h que promet fallacieusement le compteur.
Ensuite, j'embaucherais régulièrement des assassins. Des gens sérieux, discrets, avec de l'expérience, capables de se procurer des armes chimiques ou bactériologiques. L'idéal serait, bien sûr, de provoquer une guerre civile, en montant les communautés les unes contre les autres. Appliquer le plan anti-capitaliste de Kaczyinski avec la pointe de la technologie moderne. Accélérer le processus d'effondrement social, sans plus attendre de Grand Soir, ni de Petit Matin, pour le simple plaisir du Grand Nettoyage. Transformer les banlieues occupées en brasiers permanents et les beaux quartiers en bunkers frigorifiés par la trouille. Du présent faire table rase, et de la table faire un immense bûcher funèbre.
Je crois qu'un film décrivait un scénario un peu dans ce style. Pour ce que je m'en rappelle, c'était une histoire de terroristes nazis, moins drôle et plus con que Piège de Cristal. Je n'ai vu que cinq minutes, jusqu'à la première croix gammée ou au premier speech adolfien. Ca partait d'un bon sentiment. Mais je crois que ça se finit "bien". Les films avec des psychopathes nazebroques finissent toujours "bien".
Et puis, pour mon seul plaisir, un grand stock de Bas-Armagnac et une B.C. Rich neuve et un gros Marshall. Avec tout ça, il serait enfin possible d'attendre les métastases avec toute la sérénité désirable. J'ai des goûts très simples, somme toute.
Le seul bémol, c'est que je ne pense pas que 185 millions suffisent. Et puis de toute façon je ne joue pas au loto.

16:16 Publié dans De quoi j'me merde ? | Lien permanent | Commentaires (2)