19/03/2010
COMMENT ETRE UN GAUCHISTE ACCEPTABLE
... et gagner son droit à ne pas être nettoyé en temps voulu ?
Il vous faut quelques instruments basiques, des riffs à deux balles, un ingénieur capable de vous bricoler un son
HENEAURME,
mélanger le tout et, après des années à produire des disques chiants et imbéciles, sortir un jour une pure tuerie :

OUI, JE SAIS, les textes oscillent toujours entre appel à la trahison et bouffonneries maladroites (une chanson contre la violence conjugale où l'on peut entendre "Il arrive parfois qu'on cogne plus fort qu'on ne croit", c'est tout simplement PRICELESS).
OUI, JE SAIS, en matière d'ennemis répugnants et avec qui aucun dialogue n'est possible sans objet contondant, on fait difficilement mieux que leur public-cible.
Mais le son ! Le SON, pute à dieu ! La voix qui se déchire dans les aigus, la batterie qui te lime le crâne, l'efficacité radicale des arrangements ! L'envie intenable de sauter partout et tout casser, une canette en pogne !
Ca doit être mon passé de quasi-punk-à-chien qui me joue des tours.
Et puis je vous merde : quand il s'agit de pinard, de bouffe ou de musique, faut pas me demander de cohérence idéologique.
Epurateurs de l'avenir, si vous avez autre chose que du guano dans les conduits, notez mes paroles : un peu de clémence pour ces quatre dégénérés, juste pour avoir pondu cette galette.
Voilà, c'est dit, maintenant c'est l'heure du chasselas.
17:16 Publié dans Survie musicale zonarde | Lien permanent | Commentaires (12)
17/03/2010
CHEZ LES WEBISOUNOURS, TOUT VA BIEN

Suffit juste de couper le son quand ça "déborde." Exemple chez Youpi!, reprenant une niouze de 20Minutes:
Un rap que ne goûte pas vraiment la vice-présidente du Front National. Marine Le Pen veut porter plainte pour «injures et menaces» contre le rappeur Cortex qui la menace «de lui faire subir une "tournante"». A la suite de nombreux débordements sur ce type de sujet, nous nous voyons contraints de fermer cet article aux commentaires. Merci de votre compréhension.
Mais bien sûr, qu'on comprend. On va pas s'exciter pour si peu.
Enfin, je dis qu'on comprend... J'en suis pas si sûr.
Tant qu'on aboie sur le net, on se défoule, on évacue de la bile, on retrouve le minimum de sérénité qui permet de procrastiner à mort pour tout ce qui est projet de meurtre.
Le ouaibe, n'en déplaise aux bolches qui confondent escarpins sécuritaires et paraboots génocidaires, est l'ultime réserve des fafs, leur parc naturel protégé, où ils peuvent blasphémer en rond, loin de toute bonbonne de gaz à vocation exterminatrice. Or plus on en cause, n'est-ce pas...
Une fois qu'en causer ne sera plus possible, logiquement, la pression non-évacuée devrait nous mener au suicide ou au drive-by-shooting, un mix des deux n'étant pas à exclure. Est-ce le dangereux calcul que fait Anasthasie ? Est-ce qu'elle ne calcule vraiment plus rien, nominaliste au point de penser que le ouacisme disparaîtra s'il est masqué ? Ou espère-t-on, au contraire, faire prospérer la Bête Immonde pour pouvoir la combattre par le fer et non plus par l'intimidation, les procès, l'asphyxie économique et sociale ? Je suis un peu largué, sur ce coup-là.
Reste qu'il est révélateur d'un accroissement des tensions qu'un site généraliste et si volontiers "participatif", pratique la censure avec un tel aplomb, en nous demandant de "comprendre".
Là encore, quelle détente de ne pas être dans les pantoufles d'un directeur de pensée officiel ! Il faut dénoncer quoi ? La misogynie effarante qui prône le viol comme rééducation d'une femme trop libre de ses paroles, ou le ouacisme censé avoir provoqué cet accès de "colère-qui-se-trompe" ?
Dans le même temps, je serais curieux de rencontrer un gauchiste pour qui le viol collectif de Marine Le Pen ne comporterait pas une partie même minime de points positifs.
Post-blogum: Pour de la prose qui casse les ciseaux des censeurs et broie les gonades des néo-puritains, se précipiter sur le premier billet de Loulou d'Arbois chez les Ilysiens. Comme souvent, tout est là, écrit avec un dépouillement remarquable.
18:52 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (2)
15/03/2010
DE LA SURPOPULATION AU GENOCIDE

(…) En devenant trop nombreuse et malgré le génie de ses penseurs, une société ne se perpétue qu’en sécrétant la servitude. Lorsque les hommes commencent à se sentir à l’étroit dans leurs espaces géographique, social et mental, une solution simple risque de les séduire : celle qui consiste à refuser la qualité humaine à une partie de l’espèce. Pour quelques dizaines d’années, les autres retrouveront les coudées franches. Ensuite il faudra procéder à une nouvelle expulsion. Dans cette lumière, les événements dont l’Europe a été depuis vingt ans le théâtre, résumant un siècle au cours duquel son chiffre de population a doublé, ne peuvent plus m’apparaître comme le résultat de l’aberration d’un peuple, d’une doctrine ou d’un groupe d’hommes. J’y vois plutôt un signe annonciateur d’une évolution vers le monde fini, dont l’Asie du Sud a fait l’expérience un millénaire ou deux avant nous et dont, à moins de grandes décisions, nous ne parviendrons peut-être pas à nous affranchir. Car cette dévalorisation systématique de l’homme par l’homme se répand, et ce serait trop d’hypocrisie et d’inconscience que d’écarter le problème par l’excuse d’une contamination momentanée. Ce qui m’effraie en Asie, c’est l’image de notre futur, par elle anticipée. Avec l’Amérique indienne, je chéris le reflet fugitif même là-bas, d’une ère où l’espèce était à la mesure de son univers et où persistait un rapport adéquat entre l’exercice de la liberté et ses signes.
Lévy-Strauss, Tristes tropiques, 1955, p.140
18:12 Publié dans La Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (1)