22/04/2011
WHITE LOSERS INC.

If I were a broken back, and you a brace
Would let me lay down and die here, or put me back in place ?
Pro-Pain Make war not love
Braillez votre dégoût du choléra, un détaillant en peste vous accusera de cracher dans la soupe. C'est l'idiote morale à tirer des réactions au dernier billet de mamzelle Bouchard, qui l'a signé avant que je ne le fasse et mieux que je ne l'aurais fait.
Choeur des Yakas et des Couilles en Inox Associées : « Jeune croûlante ! Nostalgique amnésique ! Vous préférez le temps des écrouelles et des Ecorcheurs ? Si votre vie pue, c'est que vous êtes malpropre ! Séchez votre morve et payez-vous des vertèbres, ou une sourdine si votre crédit est épuisé ! »
J'avais, à l'origine, rédigé plusieurs pages suintant le ressentiment, la bile et le parfum des tissus cicatriciels. Je ne cache pas grand-chose de mes dégoûts d'ordinaire, mais ces lignes sont ce que j'aurai fait de plus honnête et de plus obscène. La limite entre franchise et exhibition est plutôt élastique, passé un certain stade de désespérance. Un reste de lucidité m'a poussé à expurger un peu tout ça. Question d'hygiène.
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Si nous estimons que le présent et laid, et que l'avenir pue du bec, nous n'en trouvons pas le passé sublime pour si peu, et n'avons de culte pour aucun Age d'Or. L'homme est à nos yeux une saloperie, le mongolisme bien plus son propre que le rire ou la raison - rien ne l'arrachera à son amour de la merde.
Cette détestation générale s'accommode très bien de haines particulières, car toutes les déchéances et tous les actes de haute trahisons ne se valent pas. Si l'ennemi de mon ennemi est une saloperie vivante, il ne peut être ni mon ami ni mon allié. La nausée que m'inspire la crouillification de la civilisation ne me masque pas la stupidité des toubabs et leur collaboration enthousiaste à leur propre mise à la fosse. L'imbécile vulgarité des ados androgynes ne rend pas moins odieux le relativisme et le maquignonnage de leurs parents, ni moins embarrassante la confusion des anciens. Ca vous brancherait, un grand-père qui publie Indignez-vous ?
« Personne ne nous doit rien », rappelle Bob Schwarzfuss, sans qu'on puisse lui donner tort. Souffrira-t-il qu'on lui explique quand même une chose ? Nous n'accusons personne de vol mais nous avons quand même été dépouillés. La vie est plus confortable, plus facile, plus longue ? Elle est aussi plus conne, plus dégueulasse, plus avachissante. Nous n'avons jamais eu ni froid ni faim ? La facture de ce luxe est une discipline de suicide, patiemment enseignée par nos parents, nos profs, nos journaleux, nos patrons, nos saltimbanques, nos syndicats, nos prêtres. Voici les entraîneurs qui nous ont préparé à perdre tous les affrontements à venir, à qui l'on devrait reconnaissance et admiration.
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C'est d'abord contre notre propre faiblesse, nos renoncements quotidiens, nos addictions merdeuses, que nous aboyons à nous déchirer la gorge. L'humiliation de notre condition est la source première de notre haine insensée, et pas notre prétendue ingratitude. Mais nous n'oublions pas que nous avons été jetés dans l'arène sans cuirasse, par des gens qui nous ont fait croire que tout se passerait bien tant qu'on serait polis et patients avec ceux qui, trop malheureux et malchanceux, ne le seraient pas en retour.
Notre éducation : baisser sa garde en signe de bonne volonté, ne pas réagir à l'affront, encaisser le mépris, ravaler sa fierté en permanence, considérer par défaut tout groupe et tout individu comme bon et bien intentionné. Ce dressage a fait de nous des toxicomanes, des paumés, des collabos, des lâches, des avaleurs de couleuvre à la chaîne, des enfants greffés d'une âme de pute.
Nous ne voulions haïr personne, mais on nous a appris à tout accepter, et c'est à force de prendre dans la face le mépris de nos élites et l'instinct territorial de l'Autre, que nous nous retrouvons pitoyablement à faire des moulinets au milieu des poubelles, encerclés par des gens plus déterminés, dressés à se battre et dominer, que personne n'a castrés ni endoctrinés. Violés et désarmés à la naissance par les bons sentiments de nos prédécesseurs, on voudrait qu'on ait la décence stoïque de ne rien leur reprocher !
Nous étions niais, crédules, grotesques ? La dégueulasserie des mensonges reçus et des abus subis n'en demeure pas moins révoltante. Chacun sa merde ? Yep. Voilà le pourquoi de ces billets, exposés à des inconnus, récompensés par des sarcasmes futiles, des louanges imméritées, des commentaires inutiles. Autant de miasmes que notre entourage non-virtuel n'a pas besoin de respirer. Vos yeux sont salis pour que leurs vies ne le soient pas. Le deal est réglo, car rien n'oblige à lire nos conneries, ni à y réagir, ni à s'en souvenir.
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Il n'a jamais tenu qu'à nous de détruire cet héritage d'acceptation du viol. Nous l'avons fait, avec nos pauvres moyens, en retombant mille fois face dans la fange. Nous arrivons à l'âge adulte tordus, étourdis, handicapés de l'identité. Selon les cas, nous tenons plus ou moins droit grâce à une combinaison variable de divers éléments : colère crachée en permanence, soulèvement de fonte, sports extrêmes, alcoolisation excessive, militantisme, provocations, vandalisme, paternité revancharde, et publication de textes où la honte brûlante de notre passé est distillée pour s'approcher au plus près de son insoutenable pureté.
En découle un discours naïf et infantile, un discours qui n'en est pas un, mais une articulation plus ou moins esthétiques de hurlements d'horreur, de dégoût et d'incompréhension. En les jetant à la face du monde, nous n'espérons ni considération, ni reconnaissance d'utilité publique, pas même une quelconque prise au sérieux. Nous n'en sommes presque plus là ; quand nous n'y serons plus du tout, nous n'écrirons plus, et puis voilà.
11:53 | Lien permanent | Commentaires (36)
21/04/2011
RRRRRAUS !
21:18 Publié dans Survie musicale zonarde | Lien permanent | Commentaires (4)
19/04/2011
IN MEMORIAM

En cette date qui n'a rien de spécial (mais faut-il attendre les anniversaires pour redevenir un peu humain?), je demanderai à chacun d'entre vous de se joindre à moi pour un instant de méditation, de réflexion et de prière.
Cet instant, je le dédie à la mémoire des centaines de victimes du terrorisme islamiste tombées en Suisse depuis l'interdiction des minarets, en novembre 2010. J'ai également une pensée pour les milliers de travailleurs au chômage suite aux retraits massifs des capitaux arabes, comme l'avait conseillé notre caricature de Der Stürmer préférée.
Les Chuiches ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes pour le climat de guerre civile qui afflige leurs campagnes bouseuses depuis cette décision fatidique et il faut, quoiqu'il nous en coûte, saluer la clairvoyance des prophètes d'ex-France et d'ailleurs, qui nous avaient avertis du désastre à venir.
Comme aiment à le dire les Pastèques, en conchiant leurs couches lavables : On n'a pas écouté. On nous avait prévenus. On n'a pas voulu entendre. On n'a pas écouté et voilà.
Ce n'est pas sans un frisson d'horreur que je vois ce qui se passe de l'autre côté de la frontière, d'ailleurs. Toutes ces histoires de visage à ne pas couvrir. Sont-ils aveugles ? Fous ? Est-ce que leur abonnement ne leur permet pas de recevoir la TSR ? Si notre exemple ne sert pas à empêcher d'autres morts et d'autres souffrances, alors les salauds auront vraiment gagné. L'Absurde aura gagné.
Je pourrais me dédouaner de toute cette merde. Ca serait facile. Je n'ai pas voté, à cause de mon allergie au démogluten. Mais quand je me hasarde à ouvrir une fenêtre, et que je regarde la nuit rougeoyer derrière les collines, que l'odeur des fumées refroidies me parvient, je me dis que j'aurais pu faire quelque chose malgré tout. Ne pas déconner.
Fermer ma gueule pour une fois.
C'est trop tard. Tant pis. C'est comme ça.
Il va me falloir encore un verre pour avoir une chance de dormir.
11:30 | Lien permanent | Commentaires (11)