03/09/2011
VITE, DU HAUT-DEBIT ET DES CREDITS CONSO

Vos mâles sont tellement cons et obsédés du cul que vos filles risquent de se faire passer dessus bien avant l'âge ? Caillassez-leur les loches. C'est tellement limpide, intelligent, simple, ecofriendly (rien que des matériaux naturels et des méthodes ancestrales) que ça vous ferait presque oublier d'applaudir avec les pieds.
J'ai bien potassé mon Gauchisme sursocialisé pour les nuls, je sais donc parfaitement quelle réaction adéquate : c'est la faute à la pauvreté. Et donc au capifascimachitalisme. Et donc aux Blancs. Solution en trois temps :
1) s'excuser très fort, en s'auto-fessant avec une branche de datier
2) accorder l'asile aux mutilées, à leurs mères (pour les rééduquer citoyennement), à leurs pères (pour les sensibiliser aux notions compliquées de "protection de l'enfance" et de "responsabilité parentale") , leurs frères, leurs cousins, leurs voisins, leurs ennemis mortels, leurs hyènes domestiques, leurs microbes résistants aux antibiotiques (pour faire chier les ouacistes).
3) envoyer de l'argent, beaucoup d'argent, encore plus d'argent, et des ordinateurs portables, et des zaïpades, et des livres d'Attali et BecHameL en version manga sans texte, et des crédits conso et toutes ces belles marchandises que le machipatricapinazitalisme leur fait cruellement miroiter sans leur donner les moyens de se les offrir démocratiquement.
Merci, slate, de nous ouvrir de nouvelles perspectives sur la richesse de la diversité.
17:28 | Lien permanent | Commentaires (5)
01/09/2011
DECALAGE
Il y a une petite génération, quand vous haïssiez la société et viviez dans un quartier pourrave, vous écoutiez facilement ce genre de choses :
Majoritairement, les bons bourgeois n'aimaient pas ça. Certains de leurs enfants affectaient peut-être un certain intérêt pour les bas-fonds, histoire de faire chier papa, mais papa, lui, affichait un solide mépris pour les loubards, leur musique de sauvage, leurs dégaines crasseuses, leur nihilisme. Pas un politicard, d'aucun parti respectable, n'aurait imaginé s'en faire un électorat en flattant leurs moeurs, en citant leurs artistes comme des sources d'inspiration. La référence la plus audacieuse qu'un Mitterand ait tenté de manipuler était l'incroyablement propret, inoffensif et insupportable Balavoine, dont le souvenir nous fait chérir cette belle invention qu'est l'hélicoptère.
Zappez trente années, et écoutez Mongolène citer du Diams, sans se faire exclure de son parti ni perdre son statut de semi-présidentiable. Voyez les jeunes bourgeois d'hier dragouiller les bas-fonds météquifiés des quartiers tiers-mondisés, suer d'une trouille émoustillée face aux analphabètes à biteboxe qui les conchient et appellent sporadiquement à leur assassinat. Les salles de musique des écoles publiques transformées en salle de répétition pour morveux décérébrés marmonnant des allitérations imbéciles, qu'ils infligeront à une pleine salle de parents le jour de la remise des diplômes. Sur les chaînes brassant des millions et ciblant spécifiquement les 12-16 ans, la négritude haineuse, frénétique, revancharde est diffusée en boucle. Elle dégueule des fenêtres de pratiquement toutes les bagnoles conduites par les moins de cinquante ans, mâles et femelles confondus. Elle se retrouve jusque dans la pub, qu'il s'agisse de promouvoir des fringues pour enfants, une bagnole, un crédit-conso, va savoir quoi.
Pas trente ans pour passer de Renaud à Fifty Cent, le second vendant cent mille fois plus d'albums que le premier. C'est peu, trente ans, à l'échelle historique, pour un effondrement si radical de toute culture populaire. Ils sont où, les loubards, à présent ? Ils rasent les murs, comme les autres. La substitution culturelle les a rattrapés et plus personne ne les prend au sérieux. Leur "copain Mohammed" se fout de leur gueule, les traite de pédé, leur fauche leur mobylette, consent tout juste à leur vendre leur dose de chichon hebdomadaire. C'est à peine s'il existe encore des gens qui comprennent leurs références esthétiques, qui décryptent l'antique message que proclamait le fait d'arborer une tignasse, un cuir et des bottes. Obsolète, tout cela, venant d'une autre planète - alors que l'abomination Raï'n'B est considérée comme plus ou moins mainstream.
Qui n'en ressent pas une forme nauséeuse de vertige n'est déjà plus vraiment vivant.
15:55 Publié dans La Zone Grise, Marées Noires | Lien permanent | Commentaires (6)