Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/09/2011

S'AMUSER A EN CREVER

Pompé chez Amerika

 

huxley-vs-orwell-amusing_ourselves_to_death.jpg

06/09/2011

RIEZ, VOUS Y VIENDREZ

Déjà deux ans que le ouacisme se prenait un coup mortel dans la gueule - pour renaître de ses purulentes cendres une nuit plus tard, la vie est dure quand même. Et à peine le temps d'approfondir ma connaissance du vignoble vaudois, de trouver enfin un boulot stable, de parcourir moult miles canadiens, que déjà revoilà une nouvelle mise à mort publique et hilarde la Mête Ibbonde. Enfin, il paraît, c'est Atlantico qui le dit et je n'ai jamais ni bu ni couché avec ces gens, donc la fiabilité de leurs renseignements, hein, enfin, bref. Pourquoi iraient-ils inventer cela, en même temps ?

mdr.jpg

J'ai beau faire un gros effort pour fouiller dans mes souvenirs d'antifa à deux balles, je ne me rappelle pas avoir pris la lutte contre l'adolfisme comme quelque chose de marrant ou de léger. C'était tragique, tétanisant, enrageant. A la limite, un festival de gros punk pour "fustiger-l'intolérance" ? Pourquoi pas ? J'y suis allé, c'était une manière de joindre 5% d'utilité fantasmée à 95% d'agrément bien concret à base de bibine et de décibels. Mais une grosse marrade où l'on reste assis entre deux applaudissements ? Concrètement "Rire ensemble contre le ouacisme" ? Inepte, même pour l'ardent gribouilleur de tracts que j'étais alors. Le retour de la Bête, c'est pas des conneries qui prêtent à la gaudriole.

Alors à quoi donc pensent les organisateurs d'un tel événement ? Est-ce qu'ils vous sortent un discours sur l'air du rire, "Meilleure arme pour combattre l'exclusion" ? Est-ce qu'il s'agit de tourner le ouacisme en dérision, d'exposer sa fragilité dogmatique, ce genre de choses ? Jamais eu l'impression que c'était à l'ordre du jour. Il y a des choses, voyez-vous, avec lesquelles on ne peut pas *transiger*, des *limites* à ne pas franchir, des plaisanteries qui sont *douteuses* voire *nauséabondes*. Causer d'humour avec ces crispés volontaires peut être aussi éreintant que de prendre des cours de cuisine chez une anorexique.

Oui, il y a aussi beaucoup de gens sinistres, monomaniaques et coincés du cul chez les xénophobes. Mais ce n'est pas le propos.

La dérision peut être une arme efficace, mais tout dépend de la cible qu'on lui assigne. Elle peut faire des ravages pour saloper un consensus, des règles de bienséance bien établies, auxquelles personne ne peut se permettre de toucher sans risquer son job ou sa réputation.

Ce fut longtemps le cas de la virginité de la maman à Jésus, pour ne prendre qu'un exemple idiot. Un libertin véritable se devait alors de clamer qu'il avait vérifié par lui-même et que Marie était une salope. Scandale assuré chez les puritains, acclamations des prétendus libertaires quelques siècles plus tard.

Mais railler une idéologie illégale et unanimement condamnée par tout ce qui ouvre son claque-merde en prime time ? Vous m'expliquez à quoi ça sert ? Et la différence profonde avec les déclarations d'amour du prolétariat au président Mao ?

Sur  dernier point, pas besoin d'explication, en fait. La différence, c'est que les rigolistes antiracistes n'ont pas besoin d'être terrorisés par une police politique pour surjouer leur engagement Citoyen. Ils sont leurs propres flics. Ils font eux-même attention à expurger leur lexique de mots pouvant heurter la sensibilité d'une minorité. Leur existence est un joyeux panoptique dont leurs potes sont les gardiens. Et il y en a encore qui osent parler de médias aux ordres. Aux ordres de qui, tas de moules ? Ils n'en ont même plus besoin.

Pas besoin non plus de s'étendre sur le fait que ces mêmes libertaires s'étranglent d'indignation quand on rigole d'Ochouitze ou de l'esclavage. Ca ne se fait pas. Puritanisme. Consensus moral menacé. Bien entendu, vous ne leur ferez pas admettre une si mastoque évidence. Ca n'est pas la même chose. Il y a des limites. Je ne veux pas entendre ça. Und so weiter. Cessez de rire, charmante Elvire, la flashmob est terminée et il y a du loup fasciste à chasser de Paris.

Visiblement, cette angoisse inquisitrice n'empêche pas de se poiler pendant 45 secondes chrono. On verra bien ce que ça dure. Je serais curieux d'assister à une rencontre entre des zygomatologues de cette classe et une manif Mort-pour-rien en mémoire d'un énième faucheur de scooter, crevé comme une merde parce qu'il n'a pas tout à fait compris la fine différence entre route et trottoir. Le dialogue interculturel risque d'être assez savoureux.

Une modeste consolation, face à tout cela, c'est de se dire que rigoler ne sera bientôt même plus possible.

J'en entends souvent se payer un petit vertige sécurisé en évoquant Desproges, et imaginer les bennes d'excrément qu'il se prendrait sur le grain de beauté en sortant de nos jours les belles horreurs qui ont fait sa gloire il y a une génération. Il est très heureux que Desproges n'ait pas vu nos temps châtrés et oestrogénisés de force. Il est même bon, souhaitable, nécessaire, que la moindre plaisanterie sur le Vivre-Ensemble-sans-les-Blancs soit sanctionnée d'un séjour en cabanon, que tout les Guano-Tanamo du monde libèrent les fétichistes de Mou-à-Merde et remplissent leurs cages de bons cons lourdeaux se permettant une boutade à vague caractère ethnique.

Tant qu'il sera possible de dédramatiser, Monsieur Moyen pourra se convaincre qu'il est dirigé et sermonné par des gens "un peu extrêmes" mais quand même raisonnables. Vous voulez faire d'un corniaud un vrai clebs de combat ? Oubliez les gratouilles et les friandises : c'est fenêtres opaques, bastonnade quotidienne et écuelles de sang frais. Pour l'instant, le Médor occidental ne se prend que brimades, crachat, humiliations et contre-ordes imbéciles. Vous n'en pouvez déjà plus ? Demandez-en encore plus, beaucoup plus, et beaucoup plus vache si vous espérez trouver en vous de quoi ridiculiser le score de l'ami Breivik.

05/09/2011

AINSI PARLA GAG

im-dead-500x400.jpg

Lire les commentaires d'un blog est un exercice qu'on a rarement de bonnes raisons de s'infliger. Pour des raisons qui dépassent ma comprenette et dont je me félicite, ces pages ont été épargnées, et ce depuis mars 2007 quand même, par l'essentiel des malédictions propres à ce genre de soutes publiques: gauchiasse à Caps Lock frénétique, faux narquois à références adolfiques, distributeurs de Godwins par canadairs entiers... Tout au plus ai-je dû subir les crachotements épisodiques de schizoaffectifs nauséeux, un dommage collatéral plutôt modeste. Pour le reste, salutations aimables et encouragements appréciés ont constitué la norme. Je m'estime donc plutôt chanceux.

Mais chez mes compères scribouillards, ce n'est pas toujours le cas. Je m'abstiens donc de trop m'attarder dans leurs sections de com', écoeuré à vie de tout débat contradictoire avec des putes qui vous feraient flinguer dans le dos ou encabanner à vie si elles pouvaient le faire avec la garantie de récolter une médaille écométissocitoyenne au passage.

Si vous êtes aussi avisés que je puis l'être (or vous me lisez, donc vous sentez bon de la bouche et meilleur encore de l'entrefesse), vous faites sans doute de même, que ce soit ici ou ailleurs. Auquel cas vous auriez très imbécilement loupé cette contribution de GAG, qui mérite de remonter de la cave pour s'inviter à table.

 

Ce qui est très, très frappant, c'est la double acculturation que nous avons subi et en si peu de temps.

Nous vivons désormais dans un "pays" (remarque valable pour l'ensemble de l'Europe occidentale, et encore je présume qu'à l'est ça doit bien commencer à pourrir aussi) dont les mœurs ont été et africanisées et américanisées, et dans le même élan.


L'africanisation, c'est l'effondrement absolu de la discrétion, de la politesse, de la courtoisie, de la pondération. C'est la transformation systématique de tout immeuble -tous standings confondus- en HLM merdique dès que telle ou telle populace l'habite. C'est le bruit, énorme, immense, systématique, c'est la saleté, c'est la puanteur, c'est la dégradation, les ordures, les déjections, les mouches, les crachats par terre. C'est des grands chimpanzés costauds qui se mouchent dans leurs doigts (vous savez, en appuyant sur une narine), c'est des cris, des hurlements et du raï chaque nuit pendant la Fête Nationale du Ramdam. C'est des regards noirs, des sourcils froncés, des couteaux qui sortent trop vite, de la saleté physique, environnementale et surtout de la saleté d'âme.

L'américanisation, je ne vais pas m'étendre là-dessus, on connaît puisque c'est une acculturation par le haut (l'africanisation étant une acculturation par le bas). C'est des jobs pourris, des salaires merdiques, des collègues immondes, moralement plus bas que des punaises, des rêves de caissières partagés par l'ensemble de la population du plus minable au plus friqué (je crois que c'est la première fois dans l'histoire ; comme dit Renaud Camus, "la seule chose qui différencie aujourd'hui les riches des pauvres, c'est l'argent"), des goûts identiques, de la bouffe à peine différente, de la musique calibrée déversée de LA à Vladivostok, la consommation comme dieu, art et fin en soi.

On ne peut pas aborder correctement une journée lorsqu'on est ainsi cerné par la laideur : il devient impossible de vivre et encore moins d'envisager de transmettre la vie.

La nostalgie dont je parlais plus haut gomme évidemment les désagréments : oui bien sûr aucune époque n'est si enviable que ça, mais les inconvénients du passé (enfin, faut voir quel passé : avoir pour horizon de terminer la tripaille répartie sur 5 mètres en 1916 à l'âge de 19 ans n'est guère séduisant) font partie d'une sphère de vie globalement plus saine que ceux d'aujourd'hui.

L'infecte double invasion contemporaine endort grâce à de puissants anxiolytiques : RTT, loisirs, écrans partout, haut-parleurs partout, picole, bouffe, shit, fast sex (comme on dit "fast food"), etc.

Si on élimine cette couche de vernis, on succombe face à un vide terrifiant. Adolescent j'avais lu la trilogie rigolote "Le Guide du voyageur galactique" et je me souviens qu'on y évoquait une peine de mort particulièrement sophistiquée : on vous mettait en présence de l'infini de l'univers, ce qui avait pour conséquence de vous déconnecter définitivement, n'étant pas apte à supporter -même physiquement- une telle confrontation.