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17/05/2007

DEUXIEME RATION DE MATOS NATIO-ANAR

Ca fait bien un an que je bosse sur cette tradoche. Le document pèse bien ses 317 ko et fait environ cinquante pages. J'en suis à la moitié, environ. Je vais le publier par chapitre. Ca permettra aux plus curieux et aux plus flemmes d'entre vous d'y jeter un oeil sans vous plomber la cafetière avec un volume entier d'un seul coup. En ce jeudi parfaitement dégueulasse météorologiquement, voici l'intro et le premier chapitre de <L'anarchisme philosophique et la mort de l'Empire, écrit par Keith Preston, publié originellement ici et franchouillé par mes humbles soins avec son aimable autorisation.

 

C'est un texte extrêmement ambitieux, qui tente "d'appliquer la théorie anarchiste traditionnelle à la situation mondiale que nous connaissons", pas une mince affaire donc. C'est l'oeuvre d'un type bien documenté, sans doute autodidacte et foutrement isolé au sein de la mouvance anar, comme on l'imagine. Autant le dire cash : c'est souvent un peu rébarbatif. J'en suis sans doute le premier responsable, la simplicité lapidaire de l'anglais s'adaptant mal aux circonvolutions bâtardes du français, qui aime à compliquer les phrases jusqu'à l'absurde. Le second responsable, c'est monsieur Preston lui-même, qui empile les exemples et les digressions au risque d'épuiser son lecteur.

 

Reste que ça demeure un remarquable travail de réflexion, malgré les prédictions hasardeuses et, comme toujours, la maigreur relative des propositions concrètes. C'est ce que les rosbifs et les yanquis appellent du Food For Thought, ou ce qu'on pourrait décrire comme du viagra pour matière grise : ça ne donne pas beaucoup de réponses mais ça soulève un maximum de questions, que vous êtes sans doute assez grands pour triturer tous seuls. C'est déjà pas mal, étant donné la pauvreté égale de la littérature anarchiste et nationaliste contemporaine. Bref, imprimez ces dix premières pages tranquillement et dégustez au calme. Le reste suivra durant les semaines à venir, si les dieux le veulent.

Anarphilo_chap_1.pdf

16/05/2007

LA HONTE DES FUTURS ARCHEOLOGUES - PT. 1

On est souvent surpris, quand on étudie les civilisations anciennes, de la bizarrerie de certains rites, de l’importance accordées alors à des croyances qui nous semblent absurdes. Lorsque les archéologues de l’avenir étudieront la fin de l’empire occidental, ils seront plus abasourdis que nous le sommes face aux Moai de l’Île de Pacques ou à l’obsession des Egyptiens pour l’astrologie.

 

 

Ils découvriront une société régie par une élite qui ne croyait même pas à ses propres mythes, où l’on gravissait les échelons du pouvoir selon la séduction opérée sur une stricte minorité de scribes à la fois omniprésents et mongoliens. Il n’y a pas que nos anciens qui considéraient les handicapés mentaux et les fous comme sacrés : nous avons porté le culte du gâtisme aux plus hautes sphères, chacun se prosternant devant ce qui se fait de plus crétin, de plus faible, de plus difforme. Que des rappeurs, des invertis, des vaginocrates, des laiderons et des putes puissent être considérées comme des exemples à suivre en dit plus long sur notre civilisation que tous les manuels de sociologie.

 

 

La social-démocratie se gargarise de ses valeurs, de ses réalisations, de ses libertés. Que lèguera-t-elle à ses survivants ? Rien, absolument rien de ce qu’elle croit de plus « durable » en elle. Nous laisserons à nos descendants l’image bouffonne et pathétique d’un sabordage sous acide. La décadence de Rome, en comparaison, aura un aspect romantique et glorieux. Nos Caligulas sont des sous-merdes sans panache, notre luxure est atroce de vulgarité marchande, notre aristocratie fin-de-race a la prestance et le charisme d’un candidat à la Starac éliminé au premier casting.

 

 

Pistes à l’usage des futurs chercheurs :

 

 

L’Occidental et ses croyances

 

 

 

L’Occidental des derniers siècles est panthéiste, version molle. Il vit dans un monde où les astres et les éléments tournent autour de l’Individu, sorte de divinité présente en chaque être humain, et à qui on doit rendre un culte très astreignant.

 

 

 

L’Individu est à la fois omniprésent et omniscient, mais d’une extrême fragilité : toute entreprise collective menace sa survie et doit être abandonnée si elle risque de le froisser. Un adage de l’époque spécifie qu’il vaut mieux libérer cent criminels confirmés plutôt qu’un seul innocent soit condamné à tort. C’est bien évidemment toute la collectivité qui en souffre et qui finit par mourir d’incivisme et de désordre. Mais à cette époque, le Peuple est considéré comme une abstraction légale, et comme une addition de tous les individus qui le composent. On préfère donc le malheur de tous à l’injustice frappant un seul.

 

 

L’Occidental est également xénolâtre, un système de croyance qui renverse toutes les conceptions connues jusqu’alors. Ce qui vient de sa propre tribu est considéré comme suspect, et tout ce qui émane de l’extérieur doit être accueilli sans restrictions ni méfiance. Ne sont suspicieux que les mécréants et les mauvaises personnes, que la loi et la coutume traitent en Intouchables.

 

 

 

Cette « homo-phobie » (au sens littéral du terme) se retrouve au niveau des familles ; faire le même métier que son père, une évidence jusqu’au XIXème  siècle, est tenu pour un grave échec, un signe de son incapacité à prendre son destin en main. S’ajoute à cela une autre conception, qui veut qu’un fils doive faire mieux, et surtout vivre plus confortablement, que ses parents. Tout autre destin est considéré comme une intolérable injustice.

 

 

Cette idée particulière s’insère dans le culte de la Croissance , une spiritualité très informelle, qui rassemble toutes les catégories sociales et qui transcende les convictions politiques.

 

 

 

Chez les gens « de droite », protecteurs des prédateurs économiques, on la considère comme la condition sine qua non du bonheur collectif. Chez les gens « de gauche », ennemis officiels des premiers et protecteurs des parasites en tous genres, cette conception se retrouve, sous la forme de la « défense des acquis sociaux ».

 

 

 

Apparemment opposées, ces deux castes se rassemblent tacitement autour de l’idée de « Développement Durable ». Elle postule que la boulimie obscène de la société industrielle peut être maintenue indéfiniment, tout en limitant les destructions irréversibles et les pollutions abominables qu’elle génère.

 

(à suivre)

NATION ET TERRITOIRE SONT DANS UN BATEAU

Il faut, aussi vite que possible, accepter cette idée triste et nécessaire que Nation et Territoire n’ont plus rien en commun. Nous avons été expropriés des terres sur lesquelles nous résidons encore et où nos ancêtres fertilisent le Special K ou le fourrage à MacHeidi.

 

 

Nos culs sont pour moitié propriété de l’Etat, pour l’autre moitié des grossistes planétaires auxquels ils nous vendent pour le bien de la Croissance. Quant à nos rues, elles n’appartiennent pas à ceux qui y descendent mais à ceux qui les squattent en permanence parce qu’ils n’ont rien d’autre à foutre ou parce qu’ils sont payés pour y maintenir un semblant d’ordre. Monsieur Moyen ne fait qu’en raser les murs. Il n’aime pas forcément ce qu’il y croise mais quoi ? Pas le temps d’y penser.

 

 

La Visa demande à être renflouée. Le chef de rayon chronomètre le retard accumulé. Les lardons réclament leur triple dose de sucre. Les choses sont encore suffisamment normales pour que les questions sérieuses soient déléguées à la police, aux partis, aux syndicalistes, aux collectifs Citoyens, à n’importe quel blaireau à porte-voix ou carte officielle du moment que ça ne nous occupe pas du temps de productivité, de zapping ou de Merdic Walking.

 

 

Si quelque chose nous concerne tous, alors « ça » ne concerne jamais que les autres, eux seuls. Ma banquette du Titanic est confortable, l’orchestre n’en est qu’à son premier rappel, la femelle pas farouche est abondante, les stocks de champagne sont inépuisables, et y a même pas besoin de les payer puisque la maison fait crédit. Enjoy, comme disait Coca il y a encore peu. Enjoy jusqu’à plus soif, enjoy jusqu’à la gerbe, enjoy jusqu’à la décomposition.

 

 

Ceci dit, rien n’indique que nous autres Blanchouilles soyons dans une merde plus odorante que nos nouveaux invités surprise. En fait, tant les fafs que les mondialistes de tous poils se plantent à ce niveau : ni les nouveaux colons ni les anciens maîtres n’ont plus de droits que les autres. En clair, le Système n’est pas raciste, que ce soit « anti-blanc » ou anti-portenawak. Il se contente de gérer les marchandises humaines dans l’entrepôt continental, sans états d’âme particuliers. Son idéologie ne va pas contre notre vision du monde, comme on aime tant à se le répéter ; elle ne se colle pas à elle non plus, comme le bavassent les clowns de rue qui animent la périphérie du G8. Elle s'en fout, simplement, elle se fout de tout ce qui ne peut pas être inscrit sur un constat d'infraction ou un bulletin de remboursement. Le Système croit au Vide, il le prône, il le pratique, il l’impose à chaque individu et chaque groupe.

 

 

Savoir tout cela et se le répéter tous les matins, bien sûr, ça ne change rien à l’histoire. « La douleur est une information », peut-être, mais quand on est « informé » par un kick dans les burnes, on ne prend pas du recul. On se plie en trois et on attend que ça passe. Même la coke n’y change rien.

 

 

Notre coke à nous autres, c’est l’acharnement activiste, le marathon du tract, la litanie furibarde des convictions jetées à la face de notre entourage, les conspirations d’arrière-salle, les petites attaques sordides entre sous-traitants de la dissidence locale, mêmes les calculs candides sur les chances de tel ou tel parti au pouvoir d’inverser la trajectoire de la Grisaille qui nous empoisse tous. Assez de rêves, de poses, de slogans et d’adrénaline pour faire tourner les têtes les mieux accrochées aux épaules – de quoi les faire enfler surtout, au point que beaucoup devraient se tartiner des rillettes sur les tempes pour passer les portes sans écorchures.

 

 

Mais cette orgie de ferveur et d’agitation ne sert qu’à entretenir les illusions du milieu sur son impact social, sur sa dangerosité pour l’Ennemi,  sur son statut d’élite politique. Impact zéro. Dangerosité nulle. Elitisme de secte dérisoire. Passent les mois, les années, les décennies, et la marée noire ne fait que monter tranquillement, sûrement, obstinément, en se contrefoutant de nos digues dérisoires, en noyant nos hurlements dans ses gargouillis ignobles, en pourrissant ceux de nos camarades qu’on croyait les plus droits, les plus exemplaires.

 

Soixante ans de résistances sporadiques n’ont RIEN changé, même pas retardé quoique ce soit. Nous sommes toujours dans la même fosse et le niveau du purin continue à monter. Faire partie des supposés Veilleurs ne nous sauvera pas de la même noyade que les plus comateux de nos contemporains. La connaissance n’est pas une arme : elle nous sert uniquement à savoir pourquoi nous n’aimons pas ce qui nous arrive, pas comment l’éviter. Sauf à se mobiliser pour son propre cul, fin de toute action collective. Belles crampes d’estomac en perspectives pour tous ceux qui voulaient apporter une contribution décisive, si minime soit-elle.

 

 

Le navire Occident coule et les Rats Noirs qui ne veulent pas sombrer avec devront quitter son bord. Mais pour aller où et y faire quoi ?  

 

 

L’exil n’est pas une option acceptable, sauf à avoir fait sienne la conception déracinée de l’ennemi. On n’est pas fidèle qu’à une lignée et une culture, on l’est aussi à un coin de Terre, si exigu soit-il, si abstraites que soient ses frontières. Un même peuple est divisé en dizaines, en centaines d’entités qui partagent un même ensemble de prédécesseurs mais qui parfois se tolèrent à peine pour des différences minimes de convictions, d’habitudes alimentaires, de rapport au terroir, d’accents même !

 

 

Le cas de la minuscule Suisse, point de détail dans l’histoire étatique de l’Europe, est emblématique : comme on s’aime, comme on se tolère, comme on est hypersolidaires entre Genevois, Valaisans et Vaudois ! Vraiment, quelle délicate harmonie règne entre Welsches et Suisses-Totos ! Pareil que pour nos grands voisins, qui se sont mutuellement étripés au moins depuis la conquête romaine, malgré des appartenances ethniques et culturelles indubitablement communes. Nous nous sommes foutus sur la gueule les uns les autres pendant deux bons millénaires, pour ce que l’on sait avec certitude ; et on voudrait que ces habitudes disparaissent sous la simple pression migratoire allogène ? Grotesque.

 

On se retrouverait miraculeusement « entre nous » et nous seuls, que la baston fratricide n’attendrait pas une génération avant de reprendre comme un mouvement perpétuel à l’échelle mondiale. L’Eternel Retour de Nietzsche, c’est celui de ton poing dans ma gueule et réciproquement.

 

 

Reste que tout ça ne rend pas plus supportable de devoir s’acclimater ailleurs. La Nation a décidé de claquer ? Soit – mais la terre n’a rien demandé à personne, et elle se contrefout de savoir qui l’occupe.

 

 

A la limite, qui nous dit qu’elle ne voterait pas pour les « locataires » moins enclins à la bétonner, la goudronner, la parcelliser, la rentabiliser, la salir, la défigurer, comme nous l’avons si bien fait depuis un bon siècle de prétendu « développement » ? Le Visage Pâle a couvert ses champs de cheminées abjectes, de clapiers odieux, de décharges interminables, d’autoroutes perpétuellement bouchonnées, de putanats publicitaires criards et clignotants, de parcs à bétail touristique. Dans le même temps qu’il transformait son habitat en dépotoir, il a cessé de faire des gosses et a éduqué ses rares descendants à idolâtrer le lointain et vomir le prochain. Plus il est devenu vieux, plus il a joué à se croire jeune, à se goupiller des crèmes anti-age, à concilier autodestruction rock’n’roll avec rentabilité longue durée.

 

 

Il est permis de voir dans son actuelle disparition un colossal retour de manivelle naturel. Il a perdu son droit de vivre chez lui selon ses coutumes, puisqu’il a décidé qu’il n’était de nulle part et que les traditions des autres avaient plus de valeur. 

 

Ca fait mal au sac, oh que oui, mais c'est sans doute parfaitement mérité.