16/02/2009
COMMENT PASSER POUR UNE VICTIME (ET PAS JUSTE POUR UNE CONNE)
Plus jamais ça ! ni ça d’ailleurs...
Discwiminés, discwiminées,
Nous savons bien, nous autres citoyens chuiches conscientisés et globaloresponsables, que le fléau de la peste en pantalons-golf n'est jamais bien loin de nos paillassons innocents. Mais il reste encore trop de seuches hostiles à la différence qui continuent à dire Nein pour un oui et à sortir les battes à clous gammés (les plus vicieux) pour un non. Nous savons qu'il faut alerter l'opinion assoupie sur les dangers des fantômes de la Troisième Raichle, et pas qu'un peu. MAIS : nous savons aussi que crier au loup quand il n'y a qu'un yorkshire asthmatique, au bout d'un moment, c'est contreproductif. C'est triste mais c'est ainsi.
Beaucoup d'entre vous, dans leur rage toute nelsonmandelienne de vous battre pour vos droits, risquent de commettre de regrettables erreurs de communication, et de rater votre coeur de cible, à savoir les bons chuiches disposés à s'écorcher le dos au martinet de la repentance démocratique. Ne laissez pas les arnaqueurs et les profiteurs vous piquer des parts de marché ! Voici quelques conseils qui vous permettront de conserver votre aura de néo-christs exotiques:
1) Tâchez de vous faire VRAIMENT agresser avant de convoquer la presse pour pleurer sur vos malheurs. Si vous êtes démasqués, même si c'est pour la bonne cause, la raideur intellectuelle helvète poussera les chuiches à vous considérer comme un malade et vos amis dans les médias seront forcés d'étouffer l'affaire en catastrophe, vous privant de votre tribune gratosse. Repérez les bars fréquentés par un nombre anormal de Blancs propres sur eux, et déclenchez une bagarre avec les cheveux les plus courts. Mais ne soyez jamais seuls ! Un complice discret devra pouvoir filmer la scène depuis une poubelle toute proche, afin de confondre les saligauds. Faites en sorte de prendre un maximum de coups au visage, qui font des marques très photogéniques et qui ne devraient pas vous valoir trop de séquelles.
2) Si aucun Blanc propre ne répond à vos insultes, vous pouvez évidemment vous graver des runes et des citations de Faurisson dans la graisse. MAIS : ne le faites pas seul, il semblerait que la police dispose d'experts capables de voir si c'est du pipeau ou pas. Là encore, demandez l'aide d'un complice. Il faut des tripes bien accrochées, donc adressez-vous directement aux collectifs qui vous aident habituellement à vous planquer ou à obtenir des allocs : ces milieux regorgent de sociopathes qui ne reculeront devant rien pour vous intégrer de force, pas même devant la torture de leurs principales "ressources humaines."
3) Si vous êtes une femme et que vous voulez rendre les nazis responsables d'une fausse-couche, il est indispensable que vous vous fassiez engrosser quelques mois avant l'opération. Là encore, des flics scrupuleux jusqu'à l'obsession pourraient ne pas se contenter de votre parole. Rappelez-vous que la police est un nid de fâchysses et qu'un agent, contrairement à un humanitaire, a tendance à ne pas croire un homme sur parole juste parce qu'il est né dans un pays chaud. Attention ! Si vous n'avez pas toujours été une femme, vérifiez que les services de police n'en soient pas informés. Ils pourraient chipoter et révéler à la presse votre masculinité passée. Ces détails ne regardent évidemment personne, et de telles méthodes sont évidemment fachysses. Mais si la presse révèle que vous n'avez pas d'utérus, cela pourrait gravement à votre crédibilité.
Courage ! Nous vaincrons parce qu'ils sont les plus cons !
22:05 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (9)
DU NOUVEAU DANS LA BIBLIO
Faut-il croire à Dieu pour lire la Bible avec profit? J'estime être un bon exemple que non. En ayant apprécié les extraits fournis par Gripari dans son indispensable Evangile du Rien, je me suis attaqué, il y a dix ans, à l'Ecclésiaste. On m'aurait parlé plus jeune de cet ovni, si décalé par rapport au reste du bouquin qu'on le jurerait apocryphe, il se peut que l'agnosticisme m'ait moins radicalement séduit. Mais ce qui est fait est fait, passons.
J'ignore à quelle sous-embranchement de chapelle socialiste les gens gravitant autour de l'Encyclopédie des Nuisances croient ou croyaient appartenir. Leur attachement aux notions de patrie, de lignée et de retour à la vie sauvage semble plutôt modéré, pour donner dans la litote. Ils ont eu des engueulades homériques avec des sectaires marxistes dont j'ignore encore plus de choses, ce qui semble prouver leur appartenance à une tribu politique que je n'ai fait qu'effleurer il y a moult lunes. Autant d'éléments qui devraient nous inciter à passer notre chemin : dans notre pauvre esthétique, tout ça sent le collier de barbe grisonnant, le tricot-souvenir de barricade sorbonnarde, voire la signature sur pétition Citoyenne. Seulement, l'esthétique réac, personnellement, elle me fout de plus en plus l'hypertrophie des glandes.
Depuis que j'ai (re)lu l'ami Théo, ce rejet bourrin est impossible.
Bien des réflexions menées par l'ultra-gauche nous parlent, ou devraient nous parler à tous, parce qu'ils constituent des éléments d'une critique globale de l'abattoir-bisounours où nous nous battons contre la folie, le dégoût sans retour et le viol consenti des dernières choses qui nous paraissent sacrées. Il y est question de nausée intégrale face à nos conditions d'existence, de notre transformation méthodiques en ressources moins qu'humaines, de jonctions incestueuses entre des mouvements et des courants de pensée qu'on nous apprend à considérer comme ennemis mortels. Il y est question de légitime vengeance contre des gens qui ne nous sembleraient pas, à nous autres militants et repentis, si prioritaires et si dangereux que cela. Il y est question d'ingénierie du mal-être et de rentabilisation des compensations honteuses auxquelles nous avons TOUS recours, sans jamais l'admettre, pas même face à nous-même, et moins encore face à ceux que nous avions l'audace imbécile d'appeler nos "camarades".
Mais il est nécessaire d'assumer cet état de prostration que nous camouflons à grand renfort de flexions, de slogans et d'obscurantisme jouissif. Nous ne tenons guère mieux sur nos pattes que les indics crasseux qui croient saper le Capital en dénonçant des skins ados à la gendarmerie. Ce n'est pas une question de "bonnes" convictions, ni de détermination virile. Pour quiconque n'est pas une bête brute - et ce n'est pas pour rien que nous sommes si nombreux à regretter de ne pas l'être - il n'est pas matériellement possible d'être heureux et de mener une vie équilibrée dans la situation sociale actuelle. Les plus solides et les plus droits d'entre nous sont soumis aux mêmes pression que le bétail à Starac' et ganja, peut-être bien plus. Qui parmi nous peut se réclamer d'une famille saine, nombreuse, unie ? Qui peut compter plus d'un ami véritable, éprouvé par les crises et incapable de trahison?
Nous ne voulons pas poursuivre encore bien longtemps des existences que chaque parcelle du monde moderne contribue quotidiennement à rendre plus humiliantes, plus sales et plus absurdes. Mais il est vrai aussi que nous ne voulons pas nous résoudre à la corruption, l'extinction lente, ou la Dilution Finale de la colère dans le picrate. Nous ne voulons plus ne faire que survivre moralement et nous ne voulons pas crever en tant que culture. Ca laisse assez peu de choix. Il faut apprendre à se battre, couper les laisses qui nous attachent aux épiciers planétaires, faire beaucoup de moutards, et surtout garder tous nos sens en éveil, quitte à se déchirer le cuir à la cravache pour repousser le sommeil.
Se marteler la poitrine comme un gorille ne va pas suffire. Il nous faut des armes, de toute nature, et s'il faut faucher des munitions à l'ennemi, pas question de se gêner. Cailloux, boulons, crottes de chien, qu'importe: avec un bon lance-pierre, on peut balancer n'importe quoi à la gueule de nos pourrisseurs.
En conséquence de quoi, histoire d'alimenter ce blog nombriliste, fétichiste du dégueulasse et qui n'a jamais cherché à se faire comprendre de quiconque, j'ajouterai progressivement toute la littérature qui me semble apte à secouer en nous ces instincts de colère qui ne dorment plus, mais qui luttent encore pour sortir du coma. Considérez ça comme une forme de L Dopa intellectuelle ; vous prenez, vous laissez, vous ricanez, vous ignorez, vous faites profitez les autres, je m'en tape. Et rien à foutre si ça me classe dans la catégorie tellement en vogue des natios qui se barbouillent avec un vernis de gauchisme pour faire plus "socialement responsable".
Extrait pour donner une idée à ceux qui ne connaissent pas ou qui ont oublié. Le texte est paru en 1998, et il est toujours d'actualité. A mettre en parallèle avec la trouille masturbatoire et préventive à base de « pic du pétrole », de fonte des calottes glaciaires, d’extinction de milliards d’espèces animales… et des antidotes à cette panique (et pas du tout des solutions à ces problèmes) que sont les ampoules à basse consommation, les voitures électriques, les légumes bio et autres arnaques que l’on nous fourgue comme apaisement d’une mauvaise conscience qu’on nous a préalablement et délibérément imposée.
« L’identification de l’individu à la puissance qui le domine est le trait caractéristique de cette mentalité : Jonas parle toujours de « notre puissance » lorsqu’il évoque la société industrielle. Il sait parfaitement que l’accroissement de cette puissance technologique mène au désastre humain, à l’anéantissement de toute liberté et autonomie, mais il préfère envisager cela non comme la conséquence logique et inévitable d’une puissance qui échappe à toute maîtrise humaine, mais comme une simple éventualité parmi d’autres puisqu’une espèce de sursaut moral, de grande peur ou de “révolte citoyenne” pourrait peut-être, tout aussi bien se manifester et venir comme par enchantement humaniser la dépossession… En somme, l’effondrement de la civilisation n’est envisagé ici que comme épouvantail, comme une sorte d’Enfer destiné à nous faire trouver sinon confortable, du moins pas si mauvais, le Paradis de la société moderne. » (p.2-3)
La suite et ce qui précède, c'est dans le Bulletin n° 2 de Notes et Morceaux choisis.
09:28 Publié dans Autopsie de la Dissidence | Lien permanent | Commentaires (8)