01/11/2009
BON POUR L'E.M.S
Je vieillis, c’est une évidence. J’ai pris conscience tout récemment que je n’arrive plus à tenir la distance avec certains excès bien particuliers. Prenez tout d’abord les deux ingrédients incontournables d’une goinfrerie digne de sa majuscule : la surabondance de mets gras et la profusion d’alcools variés. Eh bien je n’y arrive plus : me farcir de rillettes à l’apéro, puis griller du lard en même temps que la raclette, arroser le tout de bibine, de vin blanc et rouge et de gnoles sans nombre juste avant d’aller pioncer, c’est terminé pour moi – tôt ou tard, je vais dégueuler à m’en fendre l’âme en quatre. Boire jusqu’à l’aube OU bâfrer, je dois commencer à choisir. Ou alors boire un peu moins longtemps et bouffer un peu moins.
La modération est une garce qui se venge sur le long terme ; vous pouvez la snober, l’insulter, promettre tortures chinoises et humiliations brésiliennes à ses chantres, rien n’y fera, parce qu’elle finira par vous rattraper. Vous ne serez toujours pas croyants, mais vous pratiquerez, mes bougres ! vous pratiquerez parce que vous n’avez plus vingt berges, que vous succombez aux assauts conjugués de la gueule de teck, de la dépression sanctionnant la digestions pénible du lendemain, de l’hypertension sexuelle qu’aucune orgie ne pourrait combler même si vous bandiez correctement.. If it’s too loud, you’re too old.
Autre signe indiscutable que je passe doucement du statut de jeune con à celui de vieux con précoce : je ne supporte plus les antisémites.
Alors entendons-nous bien : les plaisanteries sur les préférences masturbatoires d’Anne Frank ou la température des jacuzzi de Birkenau m’arracheront des esclaffades grasses et vulgaires pour quelques décennies encore. Penchant exagéré pour le blasphème, stade anal mal vécu, parfait mauvais goût, cochez l’explication qui confortera au mieux le mépris que vous portez à ma bruyante insignifiance. « Et pourquoi j’irai pointer au Vélodrome d’Hiver », on n’a pas fait plus drôle ni plus méchant depuis vingt-cinq ans, et ce ne sont pas les bouffonneries exaspérées d’un Dieudonné qui risquent de menacer cette indéboulonnable première place du podium. Mais sorti des déconnades entre mauvais citoyens avinés, je ne SU-PPOR-TE PLUS le moindre discours « sérieux » sur léjuifs.
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé, misère de merde ! En ai-je connu assez, de ces judéophages insatiables, monomaniaques, ramenant l’histoire du cosmos à la forme d’un pif ou la longueur d’un prépuce ! Les ai-je assez fréquentés, me découvrant des gisements de tolérance incroyables pour faire l’impasse sur leur obscurantisme, leurs analyses d’hydrocéphales, leurs traducteurs automatiques de patronymes ! Tout ça parce qu’ils semblaient effleurer une question socioculturelle centrale depuis la seconde guerre civile d’Europe, que personne d’autre n’osait même mentionner de peur de passer pour nazebroque. Chaque heure que j’ai gaspillée en compagnie de ces cas sociaux est une pierre de plus pour la pyramide qu’il faudra un jour ériger en l’honneur de ma tragique naïveté.
J’ai cru ces hommes libres, insoumis au chantage affectif, alors que leurs convictions n’étaient que des troubles obsessionnels compulsifs. J’ai cru que leur patriotisme était sincère et virulent, alors qu’ils fricotaient avec les pires crouilles pour satisfaire leur dégoûtant besoin de se palucher en appelant au pogrom. J’ai cru rencontrer des chercheurs de vérité qui refusaient l’Histoire officielle des judéolâtres, alors que leur mauvaise foi avait de quoi en remontrer aux pires caricatures de pilpouleur levantin.
Le comble, c’est que maintenant, j’ai la même réaction épidermique quand je tombe sur une ENIEME fiction françouaise à base de Povjuifs et de Méchantsnazis, ou sur une théorie qui m’explique que si le monde va mal, c’est la faute à la Diaspora: je gueule une obscénité et je zappe. Il fut un temps où je digérais ça comme un bol de corn-flakes. Y a pas de doute : je suis plus proche de la fin que du début, et je peux aller m’acheter une paire de pantoufles.
17:56 Publié dans Autopsie de la Dissidence | Lien permanent | Commentaires (10)
31/10/2009
ATHLETISME TETRAPLEGIQUE
J’avais loupé ce morceau de bravoure, que dis-je ? d’héroïtude, paru il y a quelques semaines dans le Courrier kalvingradois, indispensable répertoire de tout ce qui peut mériter mépris, dégoût ou détestation à la surface du globe. QUATRE putain de pages A4 pour expliquer que, non, le féminisme ne sert pas à que dalle, contrairement à l’amoncellement des apparences. Ces braves dames, institutionnalisées par l’Etat et dépassées par le marché, ont encore le culot magnifique de pavoiser. Le ton désespérément volontariste évoque un discours d’encouragement au kolkhoze, deux heures après une invasion de sauterelles.
Parmi les perles, on notera :
° La notion d’ « entrée en conjugalité » (ne dites plus « mariage », c’est partiarcapitaliste) ;
° La présentation de la récupération totale et de l’immobilisme définitif comme « un assagissement logique », parce que maintenant, n’est-ce pas, il faut « gérer les acquis reconnus » (en clair : conserver ses privilèges et ses entrées auprès des décideurs qu’on gerbait il y a trente ans) ;
° La nécessité de parler de féminismeS au pluriel, parce que « utiliser le singulier est presque injurieux pour un mouvement vivant. »
Et quelle vivacité, camarades ! Voyez comme elle digère bien tout ce que le tube lui envoie dans l’estomac ! Et comme le pouls est admirablement constant ! Et la gravité militante qui se reflète dans ces yeux fixes et vitreux ! Et comme les escarres cicatrisent bien quand on les soigne à temps ! Encore quelques années de rééducation et elle pourra peut-être cligner des yeux pour nous parler de la Lutte contre les Zinégalité(e)s !
Sans le financement de l’Etat et l’obligeance dévouée des derniers journaleux qui ne font pas de la presse pipeau-le, le féminisme serait une carcasse nettoyée de toute fibre viandeuse par les asticots. Le capital a sponsorisé ses soldates et en a fait les eunuques de son harem.
Je sais pas pour vous, mais l’idée du féminisme en tant que mouvement qui a perdu ses couilles me met d’humeur particulièrement frétillante.

In hoc signo dans l'cul
12:16 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (4)
29/10/2009
TAPER DU CUL SUR LA TABLE
L’aplaventrisme, spécialité helvète.
Ne loupez pas, tant qu’elle est en ligne, cette savoureuse collection de platitudes et de salamalecs au plein sens du terme. Dire qu’on a étrillé ce pauvre Hans-Ruedy pour sa déculotée… Quelle traitement méritent alors, en comparaison, ces flagorneurs bouffis de moraline démocrasseuse et d’obséquiosité ? La fine limite entre diplomatie et taillage de pipe est explosée à coups de maillets.
« Bien cher Colonel ! Glorieux Bédouin ! Grand Babu qui sent l’eau d’Cologne ! Si vous pouviez nous rendre nos otages ! Que ça serait magnanime et bien digne de votre noble et belle personne ! Contemplez les abysses d’avilissement où nous nous vautrons pour vous attendrir ! Le spectacle est gratuit mais pensez au chapeau à la sortie du chapiteau ! Allah et Muhammad (Mille jonquilles fleurissent leur beaux orteils!) vous le rendront ! »
![whores_not_wars[1].jpg](http://lesenfantsdelazonegrise.hautetfort.com/media/01/01/832358226.jpg)
La lettre de Levrat ? De la prose de pasteur ivre de piquette bénie ! Celle de Savary ? Un ton de stagiaire de jardin d’enfants avant son premier café ! Celle de Perrin ? Une dissertation de gymnasien distrait ! Il n’y a qu’avec Romain qu’on se réveille un peu et encore ! Il sauve l’honneur en s’abstenant de toute formule de politesse alambiquée mais on rêverait que sa bafouille vite torchée soit au contraire la plus mesurée de toutes ! Quant à Warluzel, il s’écoute tellement écrire qu’il en oublie d’adresser un message clair, qui aurait dû se résumer à : Va te mettre un chameau, maquereau pouilleux des dunes.
Pour un joyeux contraste, pensez à jeter un œil aux réactions des lecteurs, dont on présume que les plus virulentes ont passé à la trappe – à moins que, là aussi, l’obsession bien chuiche de ne jamais se fâcher avec personne l’ait emporté une fois de plus.
Ce n'est pas tous les jours qu'on tombe sur une salope prête à subir les pires outrages avec le sourire, alors il faut en profiter jusqu'au bout, au-delà du raisonnable. J'espère donc que Kouillafi lit effectivement notre misérable presse, et qu'il va se payer dans tous les grand quotidiens un encart publicitaire montrant son cul torché sur le drapeau national.
12:52 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (5)
27/10/2009
GROGNEMENTS DE FOND DE BISTROT, VOL. 54
Tchac !18:57 Publié dans La Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (1)
MARCHE ET CREVE
J’aime l’Occident. Malgré ses vices et ses crimes. J’aime la vision des prophètes et la grâce du Parthénon, j’aime l’ordre romain et les cathédrales, j’aime la raison et la passion de la liberté, j’aime la perfection de ses campagnes, la mesure de ses produits et la grandeur de son projet, j’aime l’Occident… Je sais, je sais, les mines du Laurion et les crucifixion d’esclaves, je sais les massacres des Aztèques et les bûchers de l’Inquisition, mais malgré tout, le crime n’est pas l’histoire de l’Occident, et ce qu’il a porté dans le monde dépasse infiniment ce qu’il a fait contre des sociétés ou des individus.
Mais il est vain de parler. Et ce livre une fois de plus me donne le sentiment de l’acte parfaitement inutile, car personne ne pourra l’accueillir, personne ne peut plus dans ce monde occidental croire à cette vocation ni à cette grandeur. Nous sommes pris dans une sorte de fatalité que rien, semble-t-il, ne peut plus dénouer, puisque les adeptes du Christ eux-mêmes se ruent dans la fatalité de cette destruction. Seule la négation de tout ce qui est occidental, de tout ce que l’Occident a produit peut aujourd’hui satisfaire les hommes de ce même Occident. Nous assistons dans toute l’Europe et l’Amérique à une sorte de mystère, nous sommes pris dans une procession gigantesque de flagellants qui se déchirent mutuellement, et eux-mêmes, avec les pires fouets.
Nous nous sommes déguisés, pour que personne ne puisse reconnaître ce que furent les vertus des hommes de notre monde, nous nous sommes barbouillés de peinture et de sang pour manifester notre mépris envers tout ce qui a fait la grandeur qui nous a faits. Nous assistons avec joie, enthousiasme uniquement à ce qui nie, détruit, dénature, ce qui fut l’œuvre de l’Occident. Nous trépignons sur son corps et crachons à son visage. Si le XIXe siècle a trahi par la conne conscience (ce qui ne fut jamais la vérité de l’Occident), nous, nous trahissons par la mauvaise conscience, qui devient à la limite pur délire. Quand on voit le cinéma des vingt dernières années, on est confondu de se rendre compte que seuls les films qui ont diffusé le mépris, l’ordure, la flagellation ont réussi. Et nul argument ne peut servir en face de ces évidences, de ces lieux communs totalement acceptés (…)
Je vois l’Europe marcher à grands pas vers sa fin. Non pour des raisons économiques ni techniques ni politiques, non qu’elle soit submergée par un tiers monde, en réalité impuissant, non qu’elle soit aussi mise en question par la Chine, mais parce qu’elle est partie pour son suicide. Toutes les conduites (je dis bien toutes) des Techniciens, des Bureaucrates, des Politiciens, et en plein accord fondamental, malgré la contradiction apparente, les discours des philosophes, des cinéastes, des scientifiques sont toutes des conduites suicidaires. Tout facteur positif qui peut apparaître est aussitôt retourné, déformé, inverti, pour devenir un nouveau chef d’accusation ou un moyen de destruction. La Gauche a triomphalement rejoint la Droite dans cette course à la mort, et le christianisme célèbre ses noces avec le marxisme pour procéder à la mise à mort de la vieille carne impuissante qui fut la gloire du monde.
Jacques Ellul, Trahison de l’Occident, 1975.
10:33 Publié dans La Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (3)
26/10/2009
DEMANDEZ A VOS VIOLEURS SI VOUS ETES DES VICTIMES
Pendant que les flicocentristes de Chuiche se demandent si l'on va se laisser islamiser avec ou sans muezzins, la drouate d’ex-Hagone en remet une couche avec l’identité nationale. C’était déjà gros la première fois, ça devient carrément soporifique. On ne peut même pas soupirer que l’Histoire se répète : elle est finie, l’Histoire, et on l’a remplacée par un vaudeville qui tourne en boucle. Aux républicains de centre dur qui veulent un peu plus de Marseillaise répondront les républicains de centre mou qui en voudraient un chouïa moins. Mixocrates et archéobolches brailleront à la résurrection de Saint Maréchal, sans l’invocation perpétuelle duquel plus personne ne sauraient même qui ils sont.
Ca va peut-être donner lieu à un, deux télébastringues où les noms d’oiseau voleront au-dessus de la stratosphère, parce qu’on sera entre gens bien éduqués. Entre gens qui ont tous participé, depuis un demi-siècle, à l’assassinat de la nation et qui se disputent son cuir devant un parterre de crevards qui vont aux urnes comme d’autres à la soupe populaire. Quant aux Huns, ils ne brûleront pas dix bagnoles de plus que d’habitude : la manière dont les toubabs organisent leurs funérailles les intéressent assez moyennement, je présume.
Ceux qui en ont un peu sous la capuche doivent même franchement se marrer. Est-ce que vous imaginez un seul Néofrankaoui se demander une seule seconde qui il est, et ce qu'est sa Nation ou sa Patrie ? Demander à ses caïds, imams et grossistes en viande de singe de faire des conférences sur le sujet, des fois qu'on puisse y intégrer des souchards, du moment qu'ils savent correctement chanter le raï ?
Qui suis-je, où vais-je en Mobilité Douce, dans quelle étagère de la morgue ? Comment peut-on même consentir à haïr virilement un peuple qui descend si bas dans le relativisme et l'écrabouillement volontaire de ses instincts les plus basiques ? Les blanchouilles ne méritent vraiment que le mépris et l'ignorance.
Mais on trouvera malgré tout des réacs qui votent pour se satisfaire de cette goutte de vaseline, si contents qu’on leur vole une fois de plus leur discours qu’ils en oublieront qu’ils se sont faits emmancher jusqu’au crâne. Ceux qui bloguent y verront l’espoir de faire grimper leurs stats ou de pousser un paquet de tract supplémentaire, pas même heurtés par le fait que ledit débat n’aura lieu qu’entre « parlementaires, députés et sénateurs », ce que 99% d’entre eux ne sont pas.
A ce jour, je n’avais pas compris l’allusion d’Abelikov au « susucre à chercher du côté de l’UMP » ; à présent, elle est limpide. La droite a éviscéré et momifié l’extrême droite et l’a déposée dans un sarkophage qui défiera les siècles. Etre post-faf, c’était déjà être naturellement porté au culte des morts ; désormais, même les grandes gueules et les représentants de la fafitude sont traités comme des cadavres.
Si se suspendre à une poutre ou se diluer dans le cognac vous paraît une réaction insuffisante, le seul choix décent qu’il vous reste, poteaux Gaulois désireux de faire entendre votre voix dans ce cirque dégradant, est de dépoussiérer vos cagoules et de rejoindre les éventuels Black Blocks qui iront festivandaliser les rues quand le vomi collecté des débatteurs sera distribué au bétail citoyen.
19:01 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (3)