13/10/2007
XP
Voilà un gaillard qui, en l'espace de quelques jours, aura réussi à me faire marrer aux dépens des Non-Entrés-en-Histoire et à nous fournir à tous un excellent prétexte pour continuer à picoler philosophiquement. Ca valait bien une note juste avant d'aller faire un fond pour la soirée bière-rugby de ce soir. Lisez-le, faites-le lire, vous connaissez le refrain.

19:27 | Lien permanent | Commentaires (3)
HEIL ERIC CARTMAN
Vous m'excuserez si j'en rajoute une couche sur le même thème qu'il y a quelques semaines, à savoir que l'assouplissement de certaines crispations n'est pas un bon signe.
Avec le fractionnement communautariste de l'Occident, nous nous dirigeons vers des tensions interethniques si fortes qu'il faudra bien trouver des soins palliatifs pour conserver une apparence de Cohésion Sociale (on commence même à inventer des ministères qui en sont explicitement chargés...)
La dédramatisation en fera partie de plus en plus ouvertement, officiellement même si ça se trouve. Ces techniques de désamorçage se mettent en place spontanément au niveau de la rue, quoiqu'en disent les sociologues et autres mercenaires de la Grisaille.
Le Club Acacia en fournit un énième exemple, avec ces deux épisodes de South Park. En trois-quatre maladroits crobards, c'est l'essentiel du discours identitaire qui est résumé, dix fois plus cash que ce que répètent les appointés les plus médiatiques du milieu. Tout y passe : l'obsession victimaire des blaques, la mort sociale que peut entraîner un mot malheureux, l'hostilité latente entre communautés sur un même sol, les fausses excuses qui sont de vraies humiliations, le culte progressiste de tout ce qui est difforme, laid, "différent" quoi.
Ca passe à la télévision, c'est accepté, toléré, partie intégrante de la culture jeune contemporaine. Ca ne provoque aucune émeute. Ca ne rapproche pas d'un poil de cul l'éventualité d'une reconquête de ce qui était, il y a un siècle ou deux, "nos terres".
Un patriote qui n'aspire pas viscéralement à bronzer sous les projecteurs officiels, qui n'a pas l'âme d'un flic ou d'un comptable, n'a pour seul avenir qu'un statut d'Eric Cartmann local. Hurler des abominations, insulter tout et tout le monde, se palucher aux occasions où chacun morve dans la dentelle. C'est jouissif, c'est extrêmement satisfaisant, mais ce n'est pas un programme politique, ni un projet de société.
Ces choses-là s'articulent dans l'arène démocratique. Un monde où on ne veut de nous que comme épouvantails ou comme fous du roi, et où aucun d'entre nous, spectres d'une armée sans chefs et sans armes, ne se sent vraiment à sa place. C'est un club pour gens raisonnables, subdivisé en autant de "partis des honnêtes gens", ceux qui portent une cravate ou qui laissent ostensiblement leur chemise ouverte, selon qu'ils racolent dans les ghettos ou les conseils d'administration.
Pour se faire admettre dans ce club, il faut laisser au vestiaire son amour-propre, son goût du boucan, ses élans destructeurs, ses passions esthétiques, ses tentations expéditives, sa frustration inconsolable de ne pas vivre en des temps moins policés et de trop bien savoir que l'action directe n'est plus qu'une forme de suicide social. Il faut, en un mot, devenir un Vieux Volontaire, dans un univers qui craint la mort, châtre la jeunesse et résume le bonheur dans la trinité Carte Visa - Viagra - Isoloir.
La nouvelle Marque de la Bête, c'est d'arborer fièrement cette grisaille qui nous étouffe, absorber sa couleur et son odeur, en faire des étendards, s'accoupler avec elle, devenir elle autant qu'elle devient nous.
C'est certainement cela qu'ils appellent la maturité. Aimer Big Brother. Se dire qu'on s'est bien marré mais que c'est le moment de passer aux choses sérieuses. Mépriser avec tendresse les gamins qui refusent de grandir. Dédramatiser. Rire de son propre esclavage.

12:47 Publié dans La Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (1)
10/10/2007
... " ET IL M'A SEMBLE QUE, DURANT TOUTE MA VIE, J'AVAIS ETE UN IMBECILE "...
11:50 Publié dans Marées Noires | Lien permanent | Commentaires (0)
09/10/2007
HISTOIRE URBAINE (PRESQUE) SANS MORALE V
Centre-ville. Le sac à dos bourré de choses mangeables, pas trop chères et supposées durer un peu. Il fait assez beau pour qu'on puisse encore se déplacer en Marcel. Direction la gare. Un stand de jeunes qui aiment la planète, banderole bleue, motifs flous, je regarde à peine. Deux chevelus alpaguent le chaland.
Pas envie de parler. A personne. No human interaction today please. Tirer la gueule des jours où il faut faire les paiements, marcher d'un pas wehrmachtien, le regard expressif d'un bouledogue empaillé, ça marche parfois sur les moins assurés. Pas de bol, celui-là connaît la ficelle ou brûle d'un prosélytisme méprisant l'éventualité d'une insulte ou d'un coup de boule. Va falloir se le farcir.
Lui accorder, s'il-me-plaît, vingt-huit secondes de mon temps. Si je connais son organisation. Qui fait ceci et cela contre le réchofment cataclysmique. Si je veux pas des fois devenir membre. Que ça va pas me ruiner et que c'est généreux. Et qu'est-ce que j'en pense ?
Carambolage de pensées tandis qu'il récite son écolaïus. Forcer un ricanement supérieur et blessant ? Bricoler vite-fait un sarcasme obscène ? Citer des morceaux confus des travaux de Bjorn Lomborg ? Lui demander s'il a quelque chose à branler de l'ethnodiversité ? Une brève envolée lyrique sur l'air de "L'espèce humaine est une saloperie" ? Va pour cette dernière option : elle seule permet de rester socialement présentable sans baver de catéchisme hypocrite.
Chevelu réagit assez bien. Une brève étincelle de sauvagerie éclaire son regard, quand il évoque la cause animale, visiblement plus importante pour lui que la défense des droadloms - "On fait pas dans l'humanitaire." Sourire cannibale. Foutage de gueule ou franchise éphémère ? J'essaie de me foutre à sa place, quand j'avais son âge, pourtant pas si lointain, mais qui semble avoir été monopolisé par va savoir quel succube, vécu par un clône. Je présume que neuf fois sur dix, on naît en se foutant de l'Humanité en tant que telle, en se réservant le droit de juger individu par individu selon ce qu'ils nous apportent. C'est sans doute ça le cynisme véritable, sain, naturel.
Lui semble faire partie du dernier dixième, celui qui oscille entre suicide altruiste et Tabula Rasa, un jour Christ de poche, un autre Einsatzkommando embryonnaire. Se peut bien qu'il emprunte un jour ces mêmes chemins de traverse où chante pas vraiment du Cabrel, sans qu'il sache, lui non plus, comment il a foutrement fait pour arriver là. C'est sans doute pour ça que je reste aimbable avec lui durant notre rapide conversation.
Je le laisse à sa mission anti-CO2 avec la conviction diffuse qu'il n'a strictement rien compris de ce que je lui ai dit et de rester quelques jours dans sa mémoire dans le rôle d'un prophète de quai de gare.
21:50 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (3)
Nous sommes étonnamment bien châtrés. Ainsi, sommes-nous enfin libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher