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27/09/2009

OFFENSIVE BISOUNOURS

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Lausanne-Cités, numéro du 23 septembre.

 

Page 5 : La police de Lausanne lance une action de prévention du tapage nocturne, suite à l’entrée en vigueur de l’interdiction de fumer dans les lieux publics (…) Afin de sensibiliser les noctambules à la problématique du bruit aux alentours des établissements publics, les aspirants du corps de police de Lausanne distribueront des tampons auriculaires « Merci de penser au voisinage ».

 

Même page : Afin de prévenir les accidents et les incivilités, les CFF et les [Transports Lausannois] lancent une grande opération de communication destinée aux écoliers. (…) But poursuivi : favoriser les échanges et le dialogue entre les animateurs scolaires, les policiers ferroviaires et les élèves, grâce à des moyens didactiques modernes et adaptés.. Et ça s’appelle « Fair-Play, c’est sûr. »

 

Page 7 : Du 20 septembre au 2 octobre, à Lausanne comme à Genève, de multiples activités seront proposées gratuitement au public par le Collectif Paix et Non-violence. La première du genre en Romandie ! Une vingtaine d’associations actives en Suisse romande organiseront une série d’événements pour sensibiliser le grand public à la promotion de la paix et de la non-violence. Au programme : débats, ateliers-rencontre, films et conférence.

 

Page 9 : Dans le cadre de la « Journée sans voitures », une petite centaine de personnes ont parcouru les rues du centre-ville à vélo, trottinette ou encore skate. Leur slogan s’adressait aux automobilistes : « Si vous aimez le vélo, klaxonnez. »

 

 

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26/09/2009

LES MALHEURS DU JEUNE DIVERS

Comme tout le monde, j'ai lu avec intérêt les histoires tristes de Moustafa J'ai-Mal, journaleux Mondain et néanmoins discriminé. Je me suis même infligé les interminables arguties qui ont suivi cette analyse. Une évidence s'impose : je m'en fous. Impérialement.

Pas attristé, faut-il le dire ? Mais pas réjoui non plus, dans le sens où se sentir blackboulé dans tous les milieux n'est souhaitable à personne. Un traître qui s'en prend plein la gueule, c'est toujours bandant. Voilà pourquoi il est jouissif de voir un Julien Dray roulé dans la fange. Tous les coups sont permis contre les pourrisseurs. Mais on ne peut pas souhaiter du mal à un Divers. On peut désirer qu'il se casse ou qu'il ne soit jamais venu, mais se réjouir de sa souffrance, outre que c'est mesquin, n'est même pas agréable.

On ne peut que s'en foutre. Et, c'est là où ça devient intéressant, je ne crois de loin pas être le seul à ressentir cette indifférence sereine.

Je présume que le but visé était de mettre sur le tapis un problème perçu comme tabou et récurrent, à savoir le refus de la société française d'intégrer des gens reconnus comme citoyens légitimes par l'Etat. Mettre en lumière un phénomène de société, histoire de shooter dans la termitière, de provoquer le débat. Un peu comme ce droitsciviquiste afroyanqui dont je causais l'autre jour, et qui voudrait forcer les toubabs à causer tensions raciales. Les animateurs socio-culs aiment bien ce genre de choses, ils appellent ça verbaliser, je crois, mettre des mots sur les maux pour les soigner, blah blah....

Et puis après ?

Il se passe quoi si ça fait un bide, si tout le monde hausse les épaules, en vous disant que c'est comme ça et qu'il n'y a rien à faire ?

Exclusion bien concrète ou délire de persécution, qu'importe ? Le débat n'est pas là. Si M. Kessous avait en tête de faire admettre à l'ex-France qu'elle ne traite pas tous ses enfants de la même manière, il a peut-être atteint son but. Même yours truly, pas porté sur la compassion pour les malheurs des Autres, admet volontiers qu'on puisse se sentir enfermé dans sa couleur de peau comme dans une taule portative.

Mais s'il pense que ça va changer quoique ce soit, il se prépare un méchante gueule de bois, et s'il n'est pas trop con il doit déjà commencer à avoir mal aux cheveux. Que L'Immonde publie des papiers dénonçant la xénophobie latente des Frouziens, c'est banal comme un four. Qu'il fasse signer un tel article par un Divers directement concerné, c'est déjà plus révélateur. C'est peut-être un signe que les relations intercommunautaires sont tellement pourries que même les mixolâtres se sentent fondés à en parler ouvertement, au lieu de camoufler le tout sous du sirop humaniste et convivial.

En gros, ça sent la panique face à un problème que des décennies de propagande n'ont pas pu régler, ni même faire reculer. La société se tiers-mondise à mille à l'heure, et pourtant le ouacisme n'est toujours pas un lointain souvenir honteux. Betty Monde n'arrête pas de se faire sauter à tous les coins de rue et de pondre par rations de quintuplés. La méthode Clystère-Saignée des docteurs républicains épuise le malade sans le guérir. J'imagine mal l'impuissance et le désespoir qu'on doit ressentir quand on s'en rend compte.

"Vous ne m'aimez pas parce que vous me voyez différent, alors que je me sens l'un des vôtres." Quintessence du message. Il se passe quoi si l'on répond : "Ouaip mon gars, et c'est pas près de changer" ?

Rester et se battre ? Ca paraît noble et plutôt burné. Mais l'exemple états-unien devrait inciter à la prudence. Presque un demi-siècle après la mixité imposée par l'armée, les Noirs restent majoritaires en cabane, sont plus fauchés que la moyenne et cultivent soigneusement leur ressentiment envers une société bâtarde toujours considérée comme Whites Only dans ses structures.

Foutre le camp à Dubaï ? Se retrouver aillleurs entre semblables, ça paraît une bonne idée. Comme au Libéria, avec le succès que l'on sait... En outre, s'en aller serait un aveu d'échec. Vous n'avez pas voulu de moi, je m'en vais, vaincu. C'est dur pour n'importe qui, mais encore plus pour quelqu'un qui se sent chez lui en Europe parce qu'il n'a jamais vécu ailleurs.

Rester, relativiser, fermer sa gueule ? C'est ce que fait une majorité, j'imagine. La blessure d'orgueil doit être mortelle, sans compter qu'elle flingue tout espoir d'intégration harmonieuse par la suite. Puisqu'on rencontre la lâcheté et l'exclusion partout où l'on se présente, mieux vaut rester entre nous. Bye-bye la reconnaissance en tant que citoyen ordinaire, bienvenue dans votre coin de ghetto volontaire. Ne reste plus qu'à revendiquer l'étiquette d' Arabe de service et se conformer autant que possible aux clichés, pour se les approprier au lieu de les subir.

Trois choix qui n'en sont pas pour quelqu'un qui veut être perçu pour ce qu'il fait et non ce qu'il est.

Le constat que fait M. Kessous, inconsciemment si ça se trouve, c'est qu'on peut bâillonner le ouacisme, mais pas le déraciner. Tout le monde sourit, tout le monde est poli, tout le monde proteste de son Ouverture et de son dégoût des lignées homogènes, mais comment savoir qui est sincère ? Comment être certain que si on nous refuse une entrée, un appart', une proposition sexuelle, c'est parce qu'on est pris pour un sale con et non pour un être inférieur ? C'est matériellement impossible. Porte ouverte à la parano. C'est un mouvement perpétuel :

- je crois qu'on me discrimine, alors je suis sur la défensive

- ça crispe mon interlocuteur, qui me prend avec des gants et s'exaspère d'être suspecté

- je sans qu'il est mal à l'aise, ça m'agace, j'en rajoute une couche

- ça le crispe encore plus, et de méfiant il en devient carrément hostile, ce qui vient confirmer ma crainte initiale, etc.

Le pilonnage antiraciste n'a pas fait évoluer les mentalités, il n'a fait que consacrer le règne de l'hypocrisie. Même des leucos qui se mettent à la colle avec des antillaises ne perdent pas leurs réflexes colonialistes et se laissent parfois aller à un mépris stupéfiant. Même ces blondes dégénérées qui se vantent de ne se laisser troncher que par du Divers cherchent explicitement cette Diversité - alors que le rêve ultime des métisseurs serait précisément qu'elles n'en soient plus conscientes.

L'Autre reste l'Autre, tiraillé entre tentation ethnocentriste et désir de se fondre dans la masse. En bien comme en mal, c'est sa différence qui lui revient toujours dans la gueule.

Et à force, tout le monde s'en contrefout. Les Malheurs du Jeune Divers ne font plus chialer personne. Il reste avec sa souffrance, encore plus seul et dégoûté qu'avant.

Tout ça pour ça.

23/09/2009

ILS VOULAIENT UN MESSIE...

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... ils auront un martyr.

Même le choix des photos est sublime : exit le sourire étincelant, loin aussi la Gravitas si chère aux yanquis, on tape dans la dignité bafouée, les yeux clos, la tête basse du boxeur qui encaisse un coup vicelard. Obama VICTIME de racisme ! Les Boniches n'en peuvent plus ! Elles s'étaient enivrées de l'Amérique d'après-les-races, mais leur nostalgie d'une Lutte pour les Droits Civiques mythifiée est décidément trop forte. Il leur faut leur morceau d'Histoire, quite à donner dans le jeu de rôle. Savourez le ton de la grognasse, c'est du Beluga : "l’heure où l’Amérique se veut fière de son premier Président noir"... "Fidèle à lui-même, et à son souci de rassembler au-delà des races, Barack Obama..."  Mouille... mouille... Heil have a dream.... (Pour le dessert, si vous avez encore faim, prenez une tranche de cette autre petite merveille)
 
Si les attaques étaient vraiment wacistes, elles critiqueraient non pas la négritude mais la mixitude du Baracké. Un ouaciste, vrai de vrai, pourri complet, ne se contente pas d'une panaché quand il a commandé une bibine, voyez l'esprit ? De manière assez amusante, les mixolâtres du monde entier ont adopté l'outrancière One Drop Rule, poussant encore plus loin la logique racialiste originelle que bien des nazebroques contemporains. 

Et ça ne fait pas le beurre des minorités censées bénéficier de la salissure systématique du passé des Caucasians, minorités dont certaines grandes gueules commencent tout juste à piger qu'on ne se fait pas des potes en crachant sur les gens :

- L’élection d’Obama fait-elle évoluer les relations entre races aux Etats-Unis ?

- Non, on s’est demandé si cette élection marquerait l’avènement d’une Amérique post-raciale. Je pense que non. La race est ancrée dans la culture américaine. L’électorat d’Obama est blanc à 60%. Mais 55% des Blancs ont voté pour Mc Cain, et 45% seulement pour Obama. Les Blancs souvent ne voient pas la dimension raciale, ils ne veulent pas en discuter. Chaque fois qu’on soulève la question de race, les Blancs sentent qu’on les met en accusation, ils ne veulent pas en parler. Mais il faut en parler pour résoudre le problème. (ici)

Ceci dit, oui, parler de l'obamania et des obamaniaques est un exercice fatigant et peu productif. Ca sera donc mon dernier billet sur le thème, jusqu'à l'assassinat du Président par un clodo membre de Nation of Islam ou n'importe quel autre rebondissement méritant qu'on abandonne sa bière trois minutes.

PS : si vous ne pensez pas qu'Obama est un taré nationaliste, vous êtes peut-être homophobe... Demandez conseil à votre spécialiste et ne fumez pas la notice d'emballage. 

22/09/2009

LE BATON POUR SE FAIRE METTRE

C’est toujours meugnon, un journalisse qui prête le dos au fouet de son lectorat – et plus encore si ce dernier lui déchire le cuir sans payer la presse qu’il lit. L’Express se demande donc si les lieuesban ne souffrent pas trop sous la plume des confrères, bien connus pour leur kärscherisme et leur caillophobie. Et la blogosphère lui répond que si, que c’est dégoûtant, et qu’il faut que lesdits confrères fassent un effort pour être moins méchants.  

Avoir si mauvaise conscience, c’est quand même gratiné. C’est un peu comme s’excuser chaque jour de devoir chier ou pisser, et se fendre l’entendement à trouver des moyens de vivre sans digestion.

Le grand panard de l’intello moderne, c’est la confession publique. Ca lui fait escalader les tentures, de se mâter sur la caméra de surveillance et de se prendre en flag’ de cliché. « Regardez ! Là, j’ai été machiste malgré moi ! Et là, xénophobe à mon corps défendant ! Et là, carrément waciste à l’ingré de mon plein su ! » Vieille obsession d’autopurification : la langue est fasciste, l’éducation aussi, la famille encore plus, il faut tout reprogrammer, concasser et réarranger pour être enfin conforme à l’idée qu’on se fait de l’Etr(e) Humain(e).

Ca ne sert à queude, ça rend schizo, mais on continue quand même. On chasse le naturel et il vous revient toujours en pleine gueule. On cravache comme des perdus comme pour obtenir son brevet de Non-Stigmatisant, et on se fait systématiquement recaler à l’examen parce qu’on n’en fait jamais assez aux yeux des examinateurs.

Les pleureuses à ticheurte Mort Pour Rien et les intermittents du jihad à capuche n’ont pas des exigences que la presse peut satisfaire. Pour eux, « les journaux », c’est un truc de Fromages et c’est à traiter comme tel : on ne veut ni de leurs excuses, ni de leurs câlineries, ni même de leur promotion. On veut qu’ils baissent les yeux et qu’ils changent de trottoir, puis de quartier, puis de ville, puis de pays.

En même temps, puisque nous sommes encore une ridicule minorité de Blanchouilles qui discriminons à tout berzingue et avec la meilleure conscience du monde, c'est pas plus mal que des gribouilleurs s'accusent à notre place de crimes qu'ils n'ont pas commis.

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21/09/2009

COUPABLE

Trois-quatre blanchouilles qui sautent sur leur gratte dans une cave pour hurler leur refus de s'excuser d'être ce qu'ils sont.

Non gaillard. C'est pas Skrewdriver, ni Landser, ni n'importe-quoi-nommé-à-tort-Légion-88. C'est du punk amerloque straight edge et ça date de plus d'un putain de quart de siècle (version slayerienne, bien sûr, qui déchire plus la gueule).

 

 

Ceci pour dire quoi ? Que de l'autre côté de la flaque, ça fait plus d'une génération que des leucos pas spécialement politisés en ont plein l'entrefesse de la culpabilisation collective. Sur un continent-pays où le gouvernement a fait intervenir rien moins que l'armée avec fusils et baïonnettes pour que pâles et foncés se fréquentent dans les mêmes classees d'école.

Résultat ? NADA.

C'était juste pour vous rappeler l'importance de l'activisme et de l'éveil des consciences.

Soyez barges. Soyez haineux. Soyez irrécupérables. Mais ne vous laissez jamais aller à croire que ça changera quoique ce soit durant votre courte vie. Ca fait des putain de lustres que d'autres que nous ont compris que nous sommes condamnés à la broyeuse, et que leur entourage offre la tournée de champagne pour fêter ça.

REFLEXIONS RIENAFOUTRISTES

Un homme politique ne doit pas être grossier et agressif quand on l’est avec lui (Sarko). Il ne doit pas être bourré en public (Borloo). Il ne doit pas profiter de son pouvoir pour se taper toutes les femelles qui passent (Berlu). Il ne doit pas faire un gag lourdingue en face d’un Divers, même pour détendre l’atmosphère (Hortefeu, Valls). Il ne doit pas filer du travail bâclé et surfacturé aux copains (Mongolène). Il ne doit pas avoir des goûts de luxe (Dray).

 

En fait, il ne doit pas faire ce que n’importe qui ferait à sa place. Représentant démocratique du peuple, il doit échapper à tous les travers du peuple. Les urnes devraient l’immuniser contre le mensonge, la tricherie, les petits arrangements merdeux, la maladresse, la flemme, l’obsession sexuelle, la rage d’accumuler tout le pognon possible.

 

Pensée magique ? Voui mais pas seulement. Il y a aussi une immense pudibonderie là-dessous. Et ce n’est pas étonnant, parce que notre époque se caractérise par un puritanisme aussi feutré qu’écrabouillant. Tout ce qui s’exprime publiquement, dans un parlement ou un conseil de rédaction, est tenu de se trimballer une colossale balayette dans le rectum – mais comme elle est rose bonbon, certifiée Commerce Equitable et 100% recyclable, c’est cool, pas de malaise. Et puis ça facilite le transit.

 

Je ne sais pas pourquoi je réfléchis à tout ça. Je suis pas démocrate, je devrais m’en foutre. Je devrais me foutre activement de beaucoup plus de choses. Ca pourrait peut-être m'aider à crever moins jeune.