17/10/2010
RAVALE-MOI LA FACADE
Je tiens à remercier avec exubérance Frater Piotr, la Valerie Damidot de la cyberpostfafitude, pour avoir donné à ce bleauge un aspect franchement moins pourrave. Je rappelle aux nioubizes qu'il en avait également bidouillé la bannière avec ses petits doigts habiles, et que vous pouvez toujours, sauf couille dans la soupe, savourer ses oeuvres en cliquant sur son portrait officiel.
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14/10/2010
RÊVES DE BARBARIE

Texte chié en 2006, quelques temps avant de rendre le tablier militant de novopress point ch avec K, mon compère d'alors. Ca ne fait pas si vieux. Que de temps passé depuis, pourtant. Les ponts coupés avec tout individu croisé dans le milieu militant ou prétendu tel. L'effondrement de toute conviction quant à la justesse de la cause défendue et des chances de la faire triompher à l'avenir. Le Grand Dégoût qui passe et ratiboise tout, ne laissant même pas l'essentiel - débris au hasard du nivellement radical.
Pourquoi conserver ce texte ? Ce serait par vanité si je le croyais bien foutu. Il ne l'est pas. Tout au plus contient-il des choses que je n'ai pas lues ailleurs et qui me semblent plus ou moins justes aujourd'hui encore. Ce qui a changé, c'est que je n'ai plus rien à foutre des handicaps et des ratages d'un milieu où je n'avais pas ma place, qui avait aussi peu à m'offrir que ce que je prétendais stupidement lui apporter, et qui n'accomplira jamais que dalle. Les problèmes traités existent toujours, mais je n'ai plus grand-chose à secouer que quiconque s'y attaque jamais sérieusement.
Ce que je me croyais autorisé à lui dire dans ce texte, je le répète à ceux qui en sont sortis. S'ils le lisent, ils n'y apprendront rien qu'ils n'aient déjà compris ou confusément senti. Qu'on veuille donc bien le prendre pour ce qu'il est - une archive sans valeur autre qu'historique, à une échelle dérisoire - et n'en tirer que l'éventuel agrément d'une lecture détachée. Espérer plus serait retomber dans la prétention grotesque qui lui avait donné naissance. Voici ce que nous étions, ce que nous voulions être et ce que nous pensions être capables d'accomplir. Puissions-nous reposer en paix.
23:21 Publié dans Exhumations | Lien permanent | Commentaires (12)
13/10/2010
INTUITION D'IVROGNE
Il existe des formes de croyances pragmatiques, dont le seul but, la justification ultime, est de vous permettre de fonctionner « normalement » en société. L'égalité entre homme et femme ou entre races humaines, le droit au bonheur, l'avenir conçu comme fatalement plus équilibré et juste que le passé, j'en passe et des plus mièvres.
Tant que ces croyances ne sont que chahutées par des bribes de réalité qui démontrent qu'elles ne sont pas systématiquement défendues et incarnées par leurs plus bruyants promoteurs, tout ne va pas si mal. L'homme raisonnable se dit que, oui, effectivement, il ne vit pas dans un monde parfait, que c'est se comporter en adulte de le reconnaître et d'en tirer son parti, qu'il faut faire son maximum pour tendre vers cette perfection inatteignable.
Une fois que la croyance pure est brisée, tout est foutu.
Vous aurez beau faire semblant, personne ne vous croira, parce que vous n'y croirez plus vous-même. C'est une règle du jeu aussi absolue que tacite. Du moment où les notions de démocratie, de droits de l'homme, de tolérance, de progrès ou de métissage vous font rire jaune, vous avez effacé le tampon officiel qui vous donnait droit à rentrer dans la discothèque. Vous êtes devenu non grata, et il faudra une illumination divine, une expérience d'ordre mystique pour regagner cette place perdue parmi les fidèles. Mimer leurs singeries ne suffira plus jamais.
Vous aurez beau enrober vos éructations de précautions à la « Je suis pas ouaciste mais » ou « Je ne supporte pas les extrémistes mais », c'est cuit biscuit, vous n'en sortirez plus. Vous êtes le maillon faible, vous ne revenez pas la semaine prochaine, vous n'existerez plus que comme sac à merde répugnant ou comme bouffon du roi, selon vos capacités à faire rire malgré l'horreur Citoyenne que vous incarnez. Vous n'y croyez plus ? Alors plus personne ne croira en vous. Et vous vous sentirez plus isolé à mesure que vous croiserez de prétendus dissidents, qui eux parviennent encore à faire scintiller les braises de leurs convictions originelles, pour ne pas se faire excommunier comme vous, et qui vous jetteront des regards nauséeux, parce qu'ils envient moins votre liberté supposée qu'ils ne frémissent face à votre irrémédiable isolement. Parce que la sagesse animale postule que personne n'a jamais raison contre le groupe, ce groupe fût-il le plus idiot et le plus laid que la planète ait jamais porté.
C'est cette panique de la solitude qui explique que tant de grandes gueules courageuses se sentent obligées de souligner leur minimum syndical de décence moderne. Oui je suis un peu réac, mais quand même pas facho. Oui je suis un peu macho, mais pas misogyne. Oui je pense que le régime actuel est laxiste, mais je ne veux pas une dictature pour autant. Oui je pense qu'il y a un lien clair entre une certaine immigration et des formes de foutage de merde insupportable, mais je ne pratique quand même pas l'amalgame. Oui je sens bien qu'il existe un grave problème identitaire et culturel en Occident, mais pas d'inquiétude, je ne vais quand même pas en parler publiquement. Je suis un bon élément, un bon soldat, un employé modèle, un libre penseur, un bon type, ne me dégagez pas comme un malpropre s'il vous plaît.
Même parmi les désaxés qui se paluchent sur leur propre « indépendance d'esprit », nourrie de littérature merdique et de parano masturbatoire, ne peuvent s'empêcher de revendiquer leur appartenance au camp du Bien, l'adversaire ne faisan qu'usurper ce titre. Liberté ! Indépendance ! Vérité ! Langue de viande et non de bois ! Belles valeurs de mes couilles pour emballer un discours tout aussi préfabriqué, caricatural, outrancier et doctrinaire que les fils de pute d'en-face !
On ne s'en sort pas. On ne s'en sortira jamais.
23:22 | Lien permanent | Commentaires (7)
12/10/2010
LUMPENKRATIA
Jamais en retard d’une bassesse, Le Courrier consacre un long et pénible article au hip-hop. Ca se prétend contestataire et ça crache sur la flicaille ? Ca peut passer pour popu parce que ça se pratique dans les quartiers les plus abjects des grandes villes ? Quota minimal atteint ! Le puritain gochiste se sent obligé de soutenir, de justifier, de glorifier, et de nous expliquer à quel point c’est profond, recherché, explosivement subversif.

Poète urbain conscientisé et critique
« Dissoudre le peuple et en élire un autre » - la boutade est archi-connue, mais elle illustre à merveille le cheminement intellectuel qui a amené les progressistes à se palucher sur la forme d’inculture organisée la plus méprisable des cent dernières années. Eux dont l’ambition historique était d’amener la plèbe à l’autonomie par le biais de la connaissance, les voilà réduits à tailler des pipes aux plus cons d’entre les plus cons, à draguer les jihadistes en survêts, à fricoter avec des individus dont le comportement, s’ils étaient blancs, leur feraient vomir sang et bile.
Ces mongoliens volontaires cultivent un art impeccable du contraste : ignorance sordide et gueule toujours ouverte, absence totale de talent et mégalomanie d’artistes maudits, rejet du Système et culte des symboles de la réussite, dégaines de clodos et appétit du luxe le plus vulgosse, haine du toubab et trique pour ses frangines, culte d’une Afrique où ils n’ont jamais mis les pattes et dont les traditions musicales sont à mille bornes de leurs fientes beatboxées, glorification de la violence et attitudes de victimes…
L’intello bon teint ne s’étrangle pas de dégoût face à cet Everest de mauvais goût et de connerie assumée, il se contrefout de voir bafouées toutes ses prétendues valeurs, seul compte le taux de mélanine - réel ou imaginaire, car il n’est point besoin d’être bronzé pour dégueuler l’Europe, sa culture et son histoire. Il suffit de bien mettre en scène son hostilité à ce qui a fait sa grandeur et sa puissance, jusqu’au bonheur de simplement y vivre.
D’ici ou d’ailleurs, complètement exotique ou seulement d’un huitième, ce qui compte est de se revendiquer Autre. Le Capitalisme, le Nouvel Ordre, les Toubabs, la culture classique, tout cela a sa place dans les cagoinces. Le concept yanqui des Dead White Males n’a pas eu de succès en tant que tel de notre côté de la flaque, mais son contenu est promis à un bel avenir. D’ores et déjà, ce qui est « trop pâle et trop mâle » est considéré comme suspect – à mettre « en observation », comme un patient souffrant d’on ne sait quel mal pas propre et contagieux. Mais si les symptômes de ce mal apparaissent auprès d’une minorité (pouffiasses liberticides, métèques dictatoriaux, lobbyistes de la rondelle ouverte, barbus totalitaires), ce n’est pas le patient qu’on met en quarantaine. C’est celui qui a l’audace de faire publiquement un diagnostic. Dans la téléréalité grotesque qu’est devenue notre existence, la Diversité est devenu un statut qui vaut l’immunité lors de toutes les « épreuves » éliminatoires à venir.
Il faut s’afficher ouvertement avec des bouffeurs de juifs, comme Dieudonné, ou appeler au massacre des tarlouzes, comme Sexion Cas-Soc’, pour se faire un peu chahuter par la presse des culs-bénis laïcs. Une paix royale est foutue au reste du mouvement, qui derrière un discours mièvre d’unité et de respect, a toujours attiré et attirera toujours une majorité de tarés, de délinquants chroniques, de désaxés, d’arrivistes, de geignards qui vous tirent des larmes sur leurs banlieues crasses tout en se faisant une gloire de venir des bas-fonds.
Le rappeur s’approprie la langue française comme le soudard s’empare de la femme de l’ennemi : pour la salir, l’humilier, la bousiller définitivement tout en marquant son territoire. Ce n’est pas une réinvention, un apport personnel riche et enthousiasmant, le signe d’une imagination créatrice sauvage et saine. C’est un réflexe primate à mi-chemin entre le jalon canin et le viol politisé. Pur bonheur pour le gauchiasse, qui dégueule à la fois toute notion de tradition, de beauté et de discipline, sans lesquelles un langage ne peut survivre à l’usure du temps et aux attaques conjointes de la stupidité humaine et de la flemme ordinaire. Les borborygmes rythmés des singes hurleurs ? Il y voit un nouvel argot de voyou, dont un Audiard moderne ferait ses délices littéraires pour « choquer le bourgeois. »
Sauf que le bourgeois, soit il adore ça (on trouve même des fils de Président qui traînent dans le milieu sous des pseudonymes hilarants), soit il fait semblant de respecter, des fois qu’on le taxerait de ouacisme. Dans les deux cas, il est déjà VAINCU. S’acharner à le choquer, c’est espérer réanimer un cadavre, et croire qu’il est vivant parce que les électrochocs parviennent encore à le faire tressauter. Cette danse nécrophile obscène n’a rien de surprenant, venant de tels marionnettistes. Ca fait bientôt trois générations qu’ils nous exhument chaque dernier samedi du mois les restes d’Hitler, et les promènent dans la rue au nom de la lutte contre une menace qui n’est même plus fantôme.
16:32 | Lien permanent | Commentaires (9)
