27/03/2011
VALEURS SÛRES
13:06 | Lien permanent | Commentaires (12)
23/03/2011
EPIPHANIE

Nous sommes le 23 mars. J'écris ça un peu avant, hein, parce qu'à cette date-là, j'ai une murge familiale prévue quelque part où ça ne vous regarde pas, mais où on ne va pas boire du mauvais. Il y a quatre ans jour pour jour, je postais mes premières vomissures sur ce blog. C'est bizarre de lire un truc que tu es censé avoir pondu, avec « 2007 » spécifié en-dessus. Ca paraît tellement loin.
Depuis le début de cet inepte journal de bord pour naufragé volontaire, une même obsession se repointe avec la régularité d'un métronome déglingué : à quoi sert tout ça ? Pourquoi perdre mon temps précieux et ma maigre énergie à mettre en forme des pensées dont absolument personne n'a quoique ce soit à foutre et qui ne produiront aucun résultat ? Aucune réponse ne vient, jamais. Tu continues quand même, parce que c'est ça ou des ulcères, ou du coma éthylique, ou du célibat soudain et très malvenu, ou du chômage dont tu avais presque oublié le souvenir, c'est ça ou de la merde en somme. Demeure un sentiment d'inachevé, de demi-mesure, de gaspillage prodigieux, de radotage ridicule.
De la plus minuscule parcelle de ton corps, un hurlement s'élève qui t'ordonne de tout lâcher et d'aller tuer des gens, beaucoup de gens, de préférence des ordures de salopes d'enculés de merde partiellement ou très directement responsables de la décrépitude révoltante de la civilisation européenne. Mais tu ne tues personne, tu ne pètes même la gueule à personne, et tu retournes toutes les quarante-huit heures sur hautetfort pour baver un énième billet suintant la bile et le désespoir pour l'amusement d'une poignée d'inconnus. Et toujours cette conviction diffuse qu'il y aurait mieux à faire, que c'est aussi dérisoire que d'assumer les fonctions de caissier d'un fan-club local de Star Trek.
Jusqu'à ce qu'enfin la Révélation se produise. Une merveilleuse épiphanie.
Si je m'acharne à ces conneries, c'est parce que je ne peux ni ne sais
ABSOLUMENT RIEN FAIRE D'AUTRE
Si j'empile billet de de merde sur billet de merde sur une plateforme gratuite qui m'impose de la pub à la con, c'est parce que je plafonne à ce niveau. Je n'irai pas plus haut. Je ne publierai aucun bouquin. Je ne signerai aucun article ravageur de mon nom dans un journal à large diffusion. Je ne ferai jamais le moindre mal aux gens pour qui je me consume d'une haine pathologique. Je fais ce que je fais de mieux. Je suis un cyberwarrior. Je suis bien planqué derrière mon clavier. Je ne mets pas ma peau au bout de mes idées. Je ne suis pas sur le terrain. Je ne suis pas digne des grands idéaux que j'ai la faiblesse, ça et là, d'invoquer encore pour justifier ma folle colère. Je suis un putain de no-life avec un boulot idiot, entouré de cabossés et de niais, sans aucune chance d'échapper à une déchéance abominable. Et tout démontre que c'est très bien ainsi. Que c'est comme ça que les choses doivent être.
La Zone est l'aboutissement du maximum de mes efforts. Je ne ferai jamais rien de mieux. Je mourrai prématurément bousillé, sénile avant l'âge, crevé à mi-parcours, et toute trace de cette rage tétanique disparaîtra de la planète en quelques clics d'un administrateur anonyme. Retour à la poussière et autres références bibliques usurpées. La médiocrité abyssale assumée en pleine lumière. L'inutilité complète et l'obsolescence absolue qui se lovent en vous, prenant toute la place qui leur revient et cessant enfin de vous torturer à force de les dissimuler pour rien.
En être enfin pleinement conscient et ne plus attendre aucune dénégation de personne, aucun réconfort à la con sur l'air de Nous Vaincrons, est une libération jouissive qu'aucun constipé chronique ni aucune femme enceinte ne connaîtra jamais. C'est indescriptible.
Et ça permet d'envisager avec une sérénité sans nom la perspective de continuer, mois après mois, à répéter les mêmes conneries de mes deux pendant que se poursuit la décomposition irrémédiable de tout ce qui faisait de l'Occident la seule terre sacrée de cette putain de planète à la con. C'est plutôt bonnard.
06:44 | Lien permanent | Commentaires (34)
22/03/2011
LA STUPIDITE, UNE CONSTANTE
La greluche brutalisée ci-dessous (démerdez-vous pour la bien plus inaudible version originale) a reçu beaucoup trop d'attention médiatique ces dernières semaines. Je n'aurais pas vu l'intérêt de m'y attarder si AltRight ne lui avait pas consacré un billet, signé rien moins que Richard Spencer.
Spencer veut y voir une énième mélodie de notre générique de fin collective. L'indigence du truc aurait de quoi faire peur, même à un bolcho cultivé (puisqu'on m'assure qu'il y en a). La caution Ghetto paradant au milieu de tous des blanc-becs comme un piranha dans l'aquarium de Nemo n'est pas, non plus, sans donner des hallucinations à base de corde et de lampadaire. Mais pour le coup, contribuer au böse sous couvert d'analyse dégoûtée - ce que je m'apprête à faire avec la meilleure conscience de l'hémisphère nord - n'était pas forcément pertinent.
La mauvaise foi propre au réac (dont il n'est souvent qu'à moitié conscient) lui fait dégueuler son époque et y voir ce que le Temps a produit de plus bas depuis le règne des amibes. En quoi il se plante royalement, comme je l'ai déjà dit ici, il y a un petit bail. Pour ne pas trop me répéter, je résume.
D'abord, se baser sur ce que chie MTV pour évaluer le niveau mental de ses contemporains, c'est étudier la moralité des Occidentales dans un lupanar d'Amsterdam : on est sûr d'être confronté au pire et donc de pouvoir se payer un bel orgasme d'indignation furibarde. Extatique, salutaire, et faux.
Ensuite, l'horreur en question s'adresse à un public de pucelles et des quelques graines de mâles qui se sentiront obligés de suivre le mouvement dans l'espoir d'un tripotage amical. On cause donc de la fraction la plus systématiquement idiote au sein d'une population donnée, partout sur la planète et à toutes les époques.
Vous trouvez conne à mourir la musique populaire d'aujourd'hui ? Rappelez-vous de 1964:
Et n'oubliez pas non plus que les esprits les plus raffinés du XXè siècle, bien après la fin de leur adolescence scato et grégaire, se sont sentis obligés de trouver formidable et provocateur ces extraordinaires foutages de gueule :
07:01 Publié dans La Zone Grise, Survie musicale zonarde | Lien permanent | Commentaires (8)