08/04/2007
LE SILENCE, PLUS D'OR QUE JAMAIS
On s’éviterait un maximum de malheurs si on avait la possibilité logistique et biologique de ne jamais quitter sa piaule. Qui l’affirmait, déjà ? C’était certes un bien grand bonhomme. La compagnie de nos contemporains est le ferment de la misanthropie méthodique et il suffit de se frotter à tout ce qui est humain pour qu’il vous devienne intégralement étranger.
Il y a peu d’activités aussi inutiles, coûteuses en temps, dévoreuses stériles de précieuse énergie, que de causer à nos prétendus semblables. Plus précisément, c’est débattre avec eux de quoique ce soit « d’important » ou de « sérieux » qui est éreintant, qui assèche l’âme et accouche de la plus noire des biles. On en vient alors à développer une horreur primale de toute discussion de fond avec les zombis qui titubent dans notre environnement. La bêtise assumée et la vulgarité abyssale de leurs « opinions » entraînent des crampes mentales qui se répercutent jusque dans les membres. On se croyait grande-gueule, ils nous rendent aphone.
Discuter politique, philosophie ou éducation avec n’importe quel Occidental moderne a sur l’humeur les mêmes effets que la pression sur un scaphandrier qui ne respecte pas les étapes de sa remontée des profondeurs. Ca vous paralyse, vous écrase, vous suce l’air hors des poumons. On en vient à se fracturer de l’intérieur tant les mots, mêmes hurlés, canalisent mal la rage de meurtre. La paix de l’esprit est dépendante d’une seule variable, éternelle et si pleine de bon sens qu’elle semble absurde à l’intello aveuglé par le pouvoir du verbe : le silence.
Ne rien savoir.
N’avoir aucun avis sur rien.
Se foutre du quart comme du tiers.
Si on ne peut le faire sincèrement, il importe quoiqu’il arrive de le feindre en tous lieux et tous temps, face à n’importe quel interlocuteur qui ne soit pas un camarade éprouvé.
Au Royaume des Bavards, les muets ne sont pas les Rois, mais les Sages. Or tout le monde parle en même temps, en notre glorieuse époque de médiatisation, de communication, de verbiage insane et perpétuel. A mesure que la technologie nous permet d’atteindre n’importe qui et n’importe quand sur son putain de portable, nous avons toujours moins de choses sensées à raconter, et en un vocabulaire toujours plus pauvre, plus kitch, plus créolisé.
La capacité d’écoute attentive et de compréhension sincère s’apparente à un art martial sophistiqué. Qui connaissez-vous, dans votre entourage étendu, qui soit capable de la boucler dix minutes et d’écouter sincèrement tout ce quelqu’un lui dit ? L’intolérable majorité des gens qu’on fréquente ne cherche la compagnie d’autrui que pour l’enterrer vivant sous un effrayant blabla, pour torcher leur bouche incontinente avec la première paire d’oreilles venue.
Vous croyez avoir des amis ? Voyez s’ils vous écoutent vraiment, ou s’ils ne se taisent que le temps de recharger leur canon à foutaises. Quiconque vous coupe systématiquement la parole est à classer parmi les cibles à détruire. Un ami A.O.C. est un homme en compagnie de qui vous pouvez boire une bière jusqu’au bout sans prononcer un mot, et sans que la moindre gêne ne s’installe. Mais un taiseux a mauvaise réputation. Son silence souligne grossièrement la superficialité douloureuse des amitiés de bistrot, d’études ou de boulot.
C’est ce qui rend encore plus attrayants les vides vertigineux de la montagne, la désolation des pires déserts ou la violence des mers les moins accueillantes : on n’y entend aucun de ces couinements humains, aucune de ces jérémiades d’esclave en grève, rien de la mélasse sous-humaniste des dandys castrats qui nous servent de modèles et de porte-paroles.
17:15 Publié dans Marées Noires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Vos gueules
06/04/2007
CREVER POUR LE DROIT DE SUCER DES BITES
On ne perd jamais son temps à lire du Kaczynski. Ni à le relire. Ni à l'apprendre par coeur. Ni à forcer tout bipède pas trop abruti de son entourage à faire pareil.
<< -Tout cela est affreux ! C'est immoral ! C'est du racisme, du sexisme, du spécisme, de l'homophobie et de l'exploitation de la classe ouvrière ! C'est de la discrimination ! Nous devons obtenir la justice sociale : un salaire égal pour le marin mexicain, des salaires plus élevés pour tous les marins, un dédommagement pour l'Indien, un nombre égal de couvertures pour les dames, la reconnaissance du droit à sucer des bites et plus de coups de pied au chien !
- Oui, oui ! crièrent les passagers. Oui, oui ! cria l'équipage. C'est de la discrimination ! Nous devons exiger nos droits !
Le mousse se racla la gorge :
- Hem. Vous avez tous de bonnes raisons de vous plaindre. Mais il me semble que ce qui est vraiment urgent c'est de virer de bord et de mettre le cap au sud, car si nous continuons d'aller vers le nord, nous sommes sûrs de faire naufrage tôt ou tard, et alors vos salaires, vos couvertures et votre droit à sucer des bites ne vous serviront à rien, car nous serons tous noyés. >>
<< Beaucoup de « gauchistes » s'identifient avec les groupes qui ont une image d'êtres faibles (femmes), de vaincus (Amérindiens), de victimes d'ostracisme (homosexuels) ou de toute forme d'infériorité en général. Les « gauchistes » ont eux-mêmes le sentiment que ces groupes sont inférieurs. Ils ne se l'admettront jamais, mais c'est précisément parce qu'ils ressentent ces groupes comme inférieurs qu'ils s'identifient à leurs problèmes. >>
10:10 Publié dans Marées Noires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Kaczynski au pouvoir, militantisme victimaire, gauche post-colonialiste, politique de la fellation
05/04/2007
"REVOLUTION IS OFFLINE - YOU CAN LEAVE HER A MESSAGE "
Les changements que nous espérons n’obéissent pas à une logique militante. La Révolution est un cycle historique qui mobilise des masses d’hommes et certaines élites agissantes, mais qui ne se laisse pas mobiliser par elles. Une émeute est spontanée ou alors elle n’est qu’un show, une opération paramilitaire déguisée en mouvement populaire pour lui conférer de la légitimité « démocratique ».
C’est ce qui fait notre désespoir, notre paralysie et nos échecs répétés : nous tentons d’organiser ce qui ne peut pas l’être, de préparer ce qui se fait tout seul. Le salut de l’Europe, ce n’est pas la victoire électorale d’un parti natio, ce n’est pas non plus le triomphe d’une armée identitaire de libération, ce n’est toujours pas une opération de rétablissement de l’ordre où les traîtres seraient déportés et les allogènes rapatriés manu militari. La Reconquête, si elle se produit jamais, sera un mouvement spontané, bordélique, aléatoire, de communautés apolitiques qui si ça se trouve ne nous connaissent pas et/ou n’ont pour nous aucune sympathie particulière.
Nous prions et agissons dans l’espoir d’un « réveil » de nos semblables, mais planifier ce réveil est une chimère absolue. Autant essayer d'accélérer la vitesse de l'orbite terrestre. Voilà pourquoi tous nos groupements sombrent dans la rente militante et une routine sectaire débilitante : c’est tout simplement qu’il n’y a rien d’autre à faire. Nous sommes des hyperactifs qui doivent absolument dépenser de l’énergie en croyant agir pour le plus grand nombre, mais nous sommes réduits à attendre que ce plus grand nombre agisse de lui-même – ou choisisse de mourir. Toute ingénierie sociale pseudo-révolutionnaire débouche fatalement sur la persécution massive, l’endoctrinement absurde, le bonheur collectif imposé par le tonfa et le clystère mental.
Tout ce qu’il nous reste est un pari sur le destin de notre civilisation, et le choix de nous préparer physiquement, culturellement et moralement pour être à la disposition du hasard des événements. Espérer les organiser, les faire apparaître ex nihilo ou les précipiter, c’est l’erreur fondamentale de tous les révolutionnaires. Je ne sais plus si c’est Benoist-Méchin ou Gripari qui l’a écrit, mais il est absolument correct d’affirmer qu’ils sont les avorteurs de l’Histoire, trop pressés d’exprimer leurs propres angoisses et leurs tentations de démiurges pour laisser le Temps faire son œuvre à son rythme.
Nous ne ferons pas la Révolution. Elle nous fera, nous brisera ou nous laissera sur le bas-côté, c’est tout. Même un révolutionnaire « professionnel » n’est utile à rien ni personne dans le cadre d’une société stable, avachie, confite dans sa honte, sa routine ou son impudence. C’est ce qui a fait s’envoler les bolchos les plus couillus des années septante vers l’Amérique du Sud ou l’Afrique, là où il y avait une possibilité d’action. Dans notre Grand Hospice, la seule action possible est le combat de rue mongolien ou telle forme stérile ou symbolique de terrorisme. Les bonnes vieilles conditions objectives ne sont pas présentes, et dépenser trop d’énergie durant cet interminable intervalle revient à épuiser nos forces vives, alors que la sagesse nous inciterait plutôt à les économiser pour tout ce qui n’est pas entraînement au combat à mains nues et résistance aux pressions sociales, psychologiques ou économiques.
Ce que nous voulons, ce n’est pas de prendre la tête des mécontents réacs ou sécuritaires pour assouvir une imbécile soif de pouvoir. C’est contribuer à aiguiser et canaliser au mieux une révolte populaire qui n’aura de sens et de sincérité que si elle n’est PAS provoquée par nous. Nous attendons l’Emeute Blanche, pas l’enrégimentement des antiracailles et des xénophobes. Nous sommes des éveilleurs de peuples et de conscience, pas des généraux de brigade ni des recruteurs de mercenaires. Nous ne sommes rien seuls. Or c’est ce que nous sommes actuellement : dramatiquement isolés – et aucun slogan guerrier n’y changera quelque chose.
16:40 Publié dans Autopsie de la Dissidence | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Clystère mental, avorteurs de l'Histoire, va falloir être patients
FRANCE-DENTELLES CONTRE FRANCE-POUBELLE
De passage par une grande surface de la région (pas de pub, démerdez-vous pour la reconnaître), Yours Truly est surpris d’entendre pour une fois autre chose que des bruits de jungle urbaine ou des mièvreries pop spécial pucelles. De l’accordéon, dis voir ! Et pas du manouche, du musette ! La mélodie du Ricard, du camembert, du Beaujolais, des pavés parigots…
On se serait cru en pleine caricature amerloque. Qu’ils nous fassent des cartoons ou des films, il existe pour toutes les productions yankees un même code sonore immédiatement identifiable par n’importe qui dans le monde, pour comprendre que l’action se passe en France : un air d’Yvette Horner ou de n’importe quel pianoteur à bretelles. C’est la bande-son incontournable, le complément audio obligatoire du béret, de la baguette sous l’aisselle et de la Gauloise au bec. L’équivalent, pour mon côté de la frontière, du yodel, du cor des Alpes et du mugissement du Yéti des forêts inexplorées d’Unterwald.
C’est pas le cliché qui est choquant en soi. C’est son décalage avec une réalité que tout le monde peut constater, alors que la force d’une caricature tient à sa ressemblance, même exagérée, avec le modèle représenté. Voilà un nouveau cas de Fracture Sociale, une nouvelle hernie entre Pays Légal et Pays Réel.
Le bal-musette, musique populaire française ? Couleur locale de l’Hexagone ? Et puis quoi encore ? La France populaire actuelle, c’est plus ça, c’est ça. Tout le monde le sait, tout le monde le sent, tout le monde le comprend instinctivement. Nos meilleurs journaleux nous l’expliquent, en nous rappelant que c’est un progrès, que c’est normal, que c’est inévitable, que ceux qui ne bandent pas face à cette évolution sont des nazis à garroter sur la place du marché.
Et pourtant, le cliché perdure. Comme une précieuse relique. Comme ces fausses ruines où les romantiques d’un autre siècle aimaient bichonner leur mélancolie. Comme un fétiche où se serait réfugié l’esprit de la France , celle qui n’avait pas encore la tête si profondément enfoncée dans les chiottes qu’elle savait faire la différence entre un Abd-al-merdik et un Baudelaire.
Cinéastes, publicitaires et autres pollueurs publics, pour nous plonger dans l’ambiance franchouillarde, oubliez La plus bath des java et choisissez plutôt Ma France à Moi. Ca fait moins de charme et plus d’odeurs de poubelles qui brûlent, mais au moins vous ne tricherez plus sur la marchandise.
15:15 Publié dans Marées Noires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : France-poubelle, accordéon funèbre, identité momifiée
04/04/2007
LES LEGIONS PERDUES
Un acolyte qui se reconnaîtra me fait une remarque pertinente, l’autre jour. Comment peut-on à la fois se dire patriote et afficher un dégoût brutal pour ses contemporains ? Il y a là une contradiction flagrante, qui peut cacher un engagement biaisé, voire une complète hypocrisie. Soit l’on est solidaire de son peuple, soit on lui crache à la gueule. Chauvins et apatrides se retrouvent, en toute logique, chacun dans leur tiroir et le lance-pierre dirigé vers l’autre camp.
Franchement, je donnerais cinq ans d’espérance de vie pour que les choses soient aussi simples.
La consolation des ratés
Première nuance à souligner, pour clarifier l’affaire : la différence fondamentale entre l’élitisme militant, et le dépit pur et simple.
L’élitisme militant, c’est cette attitude qui envisage tout groupe humain comme naturellement suiviste et inculte. La foule est alors perçue, toujours et partout, comme un animal collectif à la tête creuse et au ventre sans fond. En temps de guerre, elle fonce à l’abattoir comme un seul homme, heureuse de crever parce qu’on le lui ordonne ; en temps de paix, elle sourit aux mouches, le cul dans ses excréments. Elle exige d’être dominée, guidée, éduquée par une élite éclairée, dans un rapport de type berger-cheptel. Plus cette élite se croira investie d’une Connaissance supérieure, plus elle méprisera « la masse ignorante », inapte à la liberté et trop conne pour apprendre quoique ce soit par elle-même. La recette est inchangée depuis Platon et sa caverne.
Ennemis jurés les uns des autres, marxistes, libéraux et fafs se retrouvent miraculeusement unis par cette suffisance aristo et sectaire. Tous se sont crus dépositaires d’une Vérité suprême, à imposer aux masses primitives. Tous se sont sentis investis d’un devoir de faire le bonheur du peuple malgré lui, de lui faire violence pour son bien. C’est une même logique qui préside aux déportations massives et aux délocalisations d’entreprises, à l’endoctrinement de pays entiers et à la promotion des pires perversions rentables.
Il n’y a aucune passion fondant cette vision du peuple, si ce n’est celle du contrôle et de la gloriole. Elle s’adapte à la pensée de gauche, parce qu’elle fait des nations un matériau neutre, qu’on peut tripoter à volonté pour en éliminer les impuretés (racisme, chasse au profit, patriarcat). Elle s’adapte à la pensée de droite, parce qu’elle sanctifie les divisions de classes et la hiérarchie des coaches de vie. Elle réconforte tous les arrivistes aigris, tous les prophètes frustrés, qui se consolent de leur isolement en rejetant la faute sur la majorité, « trop conne pour comprendre » qu’eux seuls sont à même de lui botter le cul pour son salut.
La rage des soupirants éconduits
Si les effets sont assez semblables, les causes du dépit activiste sont bien différentes. Elles sont la conséquence non pas d’une vision ingénieriste de la société, mais au contraire d’un amour irrationnel, excessif, destructeur. La gauche n’y entend rien, parce qu’à ses yeux un allogène pauvre fait plus partie du peuple qu’un autochtone à peine moins dans la dèche. La droite s’y essaie maladroitement, en appelant patriotisme son attachement au respect de la Loi et son culte de la routine parlementaire.
Etre patriote, ce n’est pas seulement être attaché à notre coin de continent et lié aux gens qui le peuplent. C’est vouloir le meilleur pour eux, c’est aussi craindre le pire, c’est encore estimer qu’il y a des choses qui ne sont pas dignes d’eux et de l’image qu’on s’en fait. Aimer sa famille n’oblige personne à accepter l’alcoolisme de son père, les troubles obsessionnels de sa mère ou la manie qu’a son frère de couper la coke avec de la mort-aux-rats. On aime les gens pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’ils font. Et bien souvent malgré ce qu’ils font, comme le confirmera toute femme battue, tout mari humilié, tout enfant abusé.
Le patriote lucide agit de même, mais il fait l’impasse sur le « malgré ». Il exige beaucoup de lui-même et attend aussi beaucoup de son peuple. Trop sans doute. Normal : c’est une relation donnant-donnant. Je te protège à ma mesure parce que tu me protèges collectivement. Si je me bats pour toi et que tu n’as rien à foutre de ma gueule, non seulement je risque de l’avoir mauvaise mais en plus je ne suis pas en sécurité. Une patrie, c’est un bunker à ciel ouvert ; on ne fait pas qu’y vivre et y avoir ses marques, on s’y sent culturellement protégé. Si le bunker devient un centre d’hébergement ouvert à n’importe qui, ciao la sécurité. Si la racaille, les pollueurs, les apatrides militants y sont accueillis fraternellement, le bunker devient un champ de bataille comme les autres.
La route et le portail
Ceux qui habitent à la cambrousse ont sûrement remarqué, ici et là, des maisons de maître dont le domaine originel est désormais traversé par une route cantonale. Les hasards du terrain et les impératifs des semeurs de bitume ont parfois tranché dans le vif de ces domaines, histoire de s’épargner des virages inutiles. On croise ainsi, sur le bord du chemin, des portails massifs en pleine verdure, ne menant plus nulle part, vestiges presque surréalistes de frontières oubliées de tous. Les propriétaires les ont peut-être conservé par nostalgie, par humour, par sens artistique. Reste que cette pierre polie et ce fer forgé ne servent plus à rien. Et hop ! une belle métaphore en perspective.
Les patriotes d’Europe, ceux qui n’ont pas mis l’Etat au-dessus de la Civilisation , ni l’Ouverture sur l’Autre au-dessus de l’Amour des Nôtres, sont tous dans cette situation absurde et dérisoire. Ils sont les gardiens incorruptibles d’un domaine ouvert à tous les vents. Ils se sentent trahis par ce qui donnait un sens à leur existence. Il ne leur reste que des disciplines activistes, mais plus aucune raison valable de les entretenir. Les patriotes veulent se battre, mais les patries veulent crever.
Les anticorps au chômage
Pour le militant ordinaire, maîtriser son besoin de reconnaissance était déjà un boulot épuisant, ne serait-ce que du fait de la clandestinité relative qu’implique tout activisme radical. Il lui fallait accepter de se mobiliser sans garantie de résultats, sans manifestation claire des effets de son action dans la société civile. Or, voilà qu’en plus de l’hostilité ouverte des médiats, des mafias moralistes et des services de l’Etat, il doit se manger l’indifférence de ses compatriotes, voire leur franc mépris.
Il voit Monsieur Moyen se délecter de tout ce qu’il dénonçait, se vautrer dans la bourbe la plus vomitive, accepter stoïquement de se prosterner devant les nouveaux barbares, se couvrir la tête de cendre, maudire ses ancêtres et condamner ses descendants à mener une demi-vie d’errance entre bidonville et supermarché de luxe. Il voit sa sœur recruter le père de ses enfants dans la brousse et son frère faire son marché sexuel dans les rizières. Il voit tout ce qui insulte son identité banalisé, avalisé, officialisé par l’apathie soumise de ses semblables.
Et on voudrait qu’il reste un inconditionnel de son propre Clan ? Un soldat menant jusqu’au bout une mission de plus en plus délirante et illogique ? On espère qu’il ne songera pas à sauver son propre cul plutôt que tenter de restaurer la grandeur perdue de sa patrie et de secouer la léthargie volontaire de tant de ses semblables ? L’Europe est en pleine restructuration et elle commence le dégraissage par ceux qui s’y opposent le plus : ses anticorps. La plupart s’évanouissent dans le marécage général, reprenant un train de vie ordinaire.
Ceux qui ont réussi à se faire une place sur la scène du théâtre militant s’enkystent dans la rente militante et la défense de leurs navrants privilèges. Le reste des acteurs et des figurants se font submerger par la fureur paralysante des miliciens vendus à l’ennemi par leurs propres chefs. Ils rejoignent les rangs discrets des enfants perdus de la Zone Grise.
06:45 Publié dans Autopsie de la Dissidence | Lien permanent | Commentaires (0)
02/04/2007
INCIVILITES, MON CUL
Welcome to LavetteLand
Avec les récentes guignolades des djeunzes à la Gare du Nord, à Pawis, la délinquance des allogènes va rester au centre du discours réac et nationaliste pour encore un bout de temps. Sauf qu'elle n’est pas en cause directement dans notre principal problème, à savoir le coma profond de la civilisation européenne. Pas plus elle que la prétendue « montée » de la violence toutes ethnies confondues, qui inquiète tant de scribouillards, d’animateurs socio-inculturels ou de parents semi-absents.
Le problème, c’est que l’Europe meurt de vieillesse, d’ennui, de renoncement, comme une mégère qui a fait son temps et qui fait sous elle en se laissant abuser. Nous sommes devenus trop mous pour réagir aux problèmes graves et pour encaisser tranquillement des phénomènes sans réelle importance. Pas plus que le reste de l'échiquier politique, les fafs n’échappent pas à cette évolution. On s’offusque et on s’étrangle face à de la petite délinquance qui a toujours existé et existera toujours, et nous sommes paralysés face aux violences véritables et massives, mais qui prennent des formes autrement plus sournoises, plus tolérées par le leucoderme apprivoisé.
Une société jeune, saine et sûre de son bon droit peut tolérer les explosions d’une certaine jeunesse déboussolée, qu'elle soit d'ici ou d'ailleurs. Elle peut la laisser se faire et se passer, tout en se montrant sans pitié face à ceux qui n’en méritent aucune. Mais le continent est devenu incontinent, comme un vieux qui frissonne plus devant des punks inoffensifs que devant la racaille "hors-sol". En tant que collectivité, les incivilités nous terrorisent, mais la mort de tout civisme nous indiffère.
Qui parle encore de civisme, d’ailleurs ? Il n’est plus question que de « citoyenneté. » Encore un effort, pourrisseurs du langage ! Monsieur Moyen est prêt à accepter sans broncher des néologismes encore plus insultants de connerie. La Jacklangisation des esprits ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. J’attends avec impatience le gauchiste qui proposera en premier de remplacer l’idée de « jeunes en rupture » par celle de « jeunes décitoyenniséEs », beaucoup plus sexy. A la réflexion, ça doit sûrement déjà exister mais je n'ai pas le courage d'éplucher la littérature collabo.
Les avortés post-partum
L’ensemble est symptomatique d’un univers d’où la jeunesse et l’agitation qui lui est propre sont bannies, parce que contre-productives, inutiles, non rentables. Tout au plus, les cyniques y verront un facteur créateur d’emploi dans les domaines de la sécurité, de l’animation socioculturelle et de l’encadrement pénitentiaire. Nous ne vivons donc pas seulement dans un Grand Hospice : il faut plutôt y voir un abominable hybride entre l’EMS, le supermarché et la prison. L’homme qui ne trouve sa place ni dans le premier ni dans le second est condamné à la troisième.
Une explication possible à ce fait ? La génération qui nous a pondu a refusé de vieillir sans pour autant renoncer à faire des gamins. Elle nous a volé notre jeunesse et nous a interdit de faire le quart des conneries qu’elle s’est permise il y a trente ans. En devenant gestionnaire de l’effondrement, elle a réalisé qu’une reproduction de ses mœurs les plus violemment organisées la réduirait à une « misère » comparable à celle de ses propres grands-parents – une régression dans l’échelle sociale qu’elle a refusé, en nous en faisant payer l’addition.
Ils sont restés Jeunes jusque dans la soixantaine, nous ont traités en partenaires économiques durant notre enfance, puis en moutards éternels une fois ados. Résultat, nous n’avons plus notre place ici-bas. Nous ne servons à rien si nous ne voulons pas d’une carrière de représentants, de parasites jet-set, de flics ou de racaillons. Notre quotidien oscille entre un besoin de révolte écrabouillé par une société qui n’a plus la force de l’encadrer (comme tant de parents « débordés » par des gosses « hyperactifs ») et une lassitude exténuée qui ne devrait être le propre que de nos vieux pondeurs.
"Kill all the white people... then we'll be free" (Type O Negative)
Eux et nous allons être balayés par les nouveaux colons, qui sont restés vigousses et qui n’acceptent pas ce formatage utilitaire. En un sens, c’est tant mieux. Si la vieillesse est un naufrage, le crépuscule des civilisations est un spectacle gerbatoire de renoncement et de reniement. Il y a des moments de honte qui ne passent pas vite du tout et qui laissent des traces profondes comme des entailles au rasoir. Si le changement de propriétaires de l’Europe est vraiment inéluctable, alors il serait préférable qu’il se fasse le plus rapidement possible, par égard pour nos siècles de gloire et de domination culturelle. On refermerait enfin le couvercle du cercueil sur les miasmes qu’il exhale depuis un demi-siècle et on passerait enfin à autre chose. Si on en croit ce que dégobille Jean-Louis Costes dans « Sous-Blanc », ça ne sera même pas forcément désagréable :
Et je m’allonge dans la boue sur les cadavres de ma famille
Et j’me laisse aller
Et j’me dis : Putain quelle détente
De plus être le chef paranoïaque !
Maintenant qu’j’suis esclave, j’suis tranquille
A eux d’se faire chier avec le pouvoir
Et à moi, putain, d’me laisser aller dans la fosse commune à rêver
A rien branler, à subir, à passer mon temps à m’plaindre et à injurier les maîtres (...)
Putain quand on était les Surhommes fallait toujours assurer
Fallait assurer comme des bêtes, merde
Fallait être les meilleurs à l’école
Fallait être les plus intelligents
Fallait être les meilleurs en karaté
Fallait faire les plus grosses bombes atomiques
Eh ben maint’nant on est tranquilles, c’est fini c’temps-là
Maintenant qu’on est des sous-hommes, des sous-blancs de merde
On est cools ! On a l’droit d’rien foutre !
On s’fout au RMI dans la banlieue nord de Paris
Et putain on branle rien d’la journée devant la télé
Et maintenant c’est aux nègres de trimer pour nous!
C’est à la petite bourgeoisie Noire de payer pour ces Rmistes Blancs !
15:35 Publié dans Autopsie de la Dissidence | Lien permanent | Commentaires (0)