29/11/2009
OÙ CA, UN SEISME ?
Jusqu’au dernier moment, je n’ai pas cru une seconde que l’initiative contre les éoliennes sans hélices pouvait passer. Ca paraissait couru d’avance et sans un bref zapping dominical avachi, je serais passé à côté des résultats. Ma routine pessimiste en prend donc un peu pour son grade, mais je n’arrive pas à me réjouir pour autant.
Dans l’ensemble, je ne vois rien à rajouter à ce que j’ai dit précédemment : l’initiative était inepte, mal argumentée parce qu’hypocrite, vexatoire envers les mahométans, et d’une inutilité parfaite en ce qui concerne les problèmes identitaires qu’elle a soulevés. Son grand mérite, comme l’a intelligemment souligné le commentateur de la TSR, est d’avoir cassé le ronron de la politique chuiche.
La classe médiatique et politique a fait la même erreur que pendant la campagne pour l’adhésion à l’Europe, sûre de jouer sur du velours avec le chantage à la xénophobie. Journaleux décontenancés, chefs de partis hébétés, c’est un petit plaisir qu’on ne va pas bouder. Ce n’est certainement pas le début d’une quelconque prise de conscience : la substitution ethnique continue au même rythme, mais la Fête Citoyenne est gâchée, voilà l’excellente nouvelle du jour. Doublée d’une autre : ces gens-là n’apprendront jamais, et ils ne prendront pas acte de ce clair désaveu populaire. La trahison fait partie intégrante de leur mandat et ils ne vont pas dévier de la route qui nous dirige la gueule droit dans les parpaings.
On pourrait penser que le réflexe derrière le vote, c’est quelque chose du genre : «Pas question de laisser la situation pourrir comme en France.» Pourtant, les cantons aux premières loges pour observer la situation des banlieues occupées sont aussi ceux qui ont refusé l’initiative. D’ailleurs, les deux grands centres urbains du pays, Genève et Zürich, pareillement cosmopolites et avec une forte population musulmane, ont voté à l’exact opposé l’un de l’autre. Si toutefois c’est bien cet état d’esprit qui explique l’issue du scrutin, il n’y a pas de quoi pavoiser pour autant. Les excités de la sourate se feront simplement plus discrets. C’est tout ce que leur demande Monsieur Moyen, après tout : d’accord pour disparaître dans la marée beige, mais dans le calme, la concordance et le respect des règlements.
Je laisse volontiers à qui voudra les spéculations sur les retombées de ce vote. Il y aura peut-être quelques ambassades chahutées, des boycotts sporadiques, des Kadhaferies grandiloquentes, et puis quoi ? Pendant que les réacs discutent architecture et théologie, rien n’a changé dans le match entre Occident et Tiers-Monde. C’est toujours le même camp qui défend agressivement sa culture, fabrique des marmots à la chaîne, et s’attaque à l’avenir de l’ennemi par le ventre de ses femelles anomiques.
Et dans ce camp, on trouve des lecteurs de la Bible, des adorateurs de Jah, et des matérialistes qui ne croient absolument à rien du tout, sauf à la nécessité de venger leur lignée d’esclaves en éradiquant celle des anciens maîtres. Rien ne va changer de ce point de vue, le seul qui compte.
On va pas mal lire le mot « séisme » dans la presse de ces prochains jours ; tout ce qu’il a démoli, ce sont des minarets qui n’existaient pas encore. On fait mieux, comme catastrophe, mais Festivus Festivus a l’estomac fragile, et il se contente de fort peu de choses pour être scandalisé.
19:10 Publié dans La Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (3)
27/11/2009
CHICHE !
Avant que le monde renaisse Africain en 2012, les hexagonaux auront droit à une répétition générale le 1er mars prochain, avec la Gwève des Zimmigwés.
Ce genre d'événements, c'est presque aussi frustrant que de faire une dégustation chez un vigneron plus radin que la moyenne. On vous fait découvrir des vins d'une beauté extrême à coups de dés à coudre et si vous en voulez plus, comme tout pique-assiette qui se fout de se respecter, il faut banquer. Nos Frères Humains nous font le même coup. Une grève d'une journée, pitié ! Quelle mesquinerie !
Un effort, camarades Divers ! Et un peu d'ambition, putain de chier ! Comment voulez-vous que les sous-chiens ouacistes comprennent quoique ce soit en vingt-quatre misérables heures ? C'est con, un ouaciste, très très con ! C'est lentissime à la comprenette ! Ca a besoin d'une longue catastrophe pour ne plus se tromper de colère !
Et puis, un peu de stratégie basique, merde ! Vous voulez démontrer que vous êtes indispensables, et qu'il faut vous traiter avec des égards ? Okaye. Mais avec votre méthode, vous n'allez que vous rendre aussi détestables que des bloqueurs de transports publics. Des milllions de toubabs ne peuvent pas se passer d'eux non plus. Mais vous aurez peut-être remarqué que la grève des wagons n'augmente pas vraiment la popularité des cheminots. L'usager de base, ce gros con qui ne comprend rien à la négociation salariale, a plutôt l'impression qu'on abuse de sa dépendance et qu'on "le prend en otage". Un truc de terroriste, en somme. Si en plus on a la tête de l'emploi, c'est pas très avisé pour lutter contre les préjugés et les stéréotypes...
Ce d'autant plus qu'on peut parfaitement haïr ce dont on a besoin. Demandez à vos potes toxicos ce qu'ils en pensent. Pour le peu que j'ai compris (très très con, je vous dis), ce n'est pas votre utilité qui vous tient à coeur. Vous attendez qu'on vous respecte, voire, soyons francs, qu'on vous aime. Vos poètes à capuches sont même prêts à nous niquer aussi longtemps qu'il le faudra pour nous charmer.
Nous autres génocideurs sommes cons mais pas aveugles. Nous savons parfaitement que, sans vous, nous devrions nous servir seuls au restaurant, vider nous-mêmes nos poubelles, construire de nos mains les clapiers cauchemardesques des cancers bitumeux que sont devenues nos villes. Ca fait un demi-siècle que les mixocrates nous répètent que vous prenez les jobs dont on ne veut pas, la cause est entendue. De là à éprouver de la gratitude, il faudrait que nous soyons humains, tolérants, ouverts, fraternels. Sauf que c'est pas exactement notre rayon, vous le savez bien.
Enfin vous faites bien comme vous voulez. Mais je vous en conjure : NE VOUS ARRÊTEZ PAS EN SI BON CHEMIN.
Sans vous, l'économie s'effondre ? Faites la grève un mois ! Un an ! Un siècle ! " Ne travaillez jamais ! " Je suis pas hypocrite, je ne vous demande même pas de dégager pour nous apprendre la reconnaissance, comme le faisait malhonnêtement le regretté de Beketch. Au contraire. Restez ici et n'en foutez plus une rame. Paralysez le marché. Bloquez l'arrivée des marchandises. Ne livrez plus rien, ne construisez plus rien, ne réparez plus rien. Foutez tout par terre. Délivez-nous, et délivrez-vous du même coup, de ce système qui vous a déracinés pour torcher le cul des exploiteurs ingrats et xénophobes. Cassez tout. Tirez la prise. Remettez tous les putain de compteurs à zéro.
Je vous jure que pas un seul ouaciste assumé ne lâchera son tryptique bière-foot-chips pour vous forcer à reprendre le travail. Ceux qui vous enverrons la troupe vous baïonnetter les fesses sont des esclavagistes cosmopolites et dépravés, très heureux de culbuter vos frangines, voire vos frangins pour les plus dégueulasses, et pour qui l'identité nationale n'est qu'une question de titre de séjour et de fiche de paie. En vous fourvoyant dans des actions symboliques, spectaculaires, vous faites le jeu de ces enculés, vous servez leurs intérêts, vous justifiez leurs mesures vexatoires, vous collaborez à votre propre maintien en position subalterne. Les toubabs ne feront jamais cette indispensable révolution. Et nous autres, punks nazis velléitaires et alcolos, nous nous sommes faits depuis longtemps éjecter de l'Histoire.
Par Saint Ludd et Saint Lafargue, je vous implore encore une fois : lancez une grève générale, sauvage, illimitée. Le Moloch ne vous aimera jamais parce qu'il n'aime personne, pas même les faces-de-craies. Démontez-lui la gueule une fois pour toutes.
15:15 | Lien permanent | Commentaires (0)
24/11/2009
LES COMMUNISTES NE SONT PAS DES GENS COMME NOUS ou TU SAIS CE QU'IL TE DIT, LE POIREAU ?
Il n’y a rien d’étonnant à voir une certaine droite identitaire, obsédée par la pureté de la race et les communautés ethniquement homogènes, tenter régulièrement des hybridations idéologiques avec la Décroissance. C’est logique : tous ces white trash, ces red neck à la française, ces rurbains malheureux (ni village, ni ville) ont des fantasmes de fermes fortifiées dans lesquelles on pourra résister aux hordes négro-mahométanes en cultivant du poireau et en s’entraînant au fusil Ithaca.
Il a quoi contre le poireau, notre bolchevik vaudevillesque ? Allez faire un bouillon correct sans lui, même en le remplaçant par beaucoup d’oignons, et sans bon bouillon, pas de plats mijotés ravageurs, pas d'opulentes sauces pour le gibier, pas de somptueux risotto au taleggio. Je ne parle évidemment pas, affront suprême ! du plat national vaudois, composé au tiers de ce noble légume. Mais bon : le très cosmopolite animal ignore sans doute de quoi je parle, lui qui a osé écrire qu’on buvait du fendant par chez moi… On mettra ça sur le compte de l'ignorance et non d'une volonté de nous inciter à annexer tous les territoires compris entre Genève et le Finistère.
Décidément, il ne faut pas lire les communistes, ni les fréquenter, ni boire des coups avec eux. Ils s’y connaissent en mangeaille comme moi en poésie prolétarienne.
Et puis, ils ont souvent des goûts de chiottes en matière de gonzesses.

18:18 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (3)
CHOISIR L'IDIOTIE
Oui, nous sommes quelques-uns à espérer sincèrement de graves accidents chimiques ou nucléaires dans les grands crevoirs urbains D'Occident. Ou une VRAIE putain de pandémie VRAIMENT grave, pas une gripette surgonflée pour écouler du Tapettemiflu périmé ou camoufler un effondrement boursier prévisible.
Oui, c'est totalement infantile, pas politique pour un sou, et ça vous fait doucement sourire. J'ai bien l'honneur de vous confirmer que nous nous en foutons au-delà de ce que la langue française permet d'exprimer.
L'infantilité, c'est la dernière pureté et la dernière force propre qu'il nous reste. La candeur, c'est notre ultime accès à ce qui demeure encore de beauté en ce coin de monde agonisant. La régression, c'est peut-être notre crachat le plus glaireux sur les lèvres de ceux qui n'ont que le mot Progrès à la bouche.
Un gosse, c'est vicelard, cruel, manipulateur, égoïste - comme un adulte, sauf que ça ne lui torture pas la conscience. C'est capable d'aimer avec une violence quasi-bestiale, de survivre à tout pour un peu de tendresse et d'attention - comme un adulte, sauf qu'il n'a pas besoin de voler son inspiration dans des livres sacrés ou des manuels du militant.
J'ai longtemps été agacé au possible par l'imagerie du Sale Gosse, que l'on retrouve souvent dans l'univers de la gauche dite radicale. Ca m'agace toujours, mais je la comprends un peu plus, peut-être mieux que les casseurs de macdo si ça se trouve.
Puisque tout est exactement foutu. Puisque tous les embryons de révolution ont été avortés avec la complicité de leurs géniteurs. Puisque nous sommes condamnés, pour échapper à l'extension du domaine du raï'n'b leucophobe, à signer des contrats de vigi-larbins dans des ghettos platine pour cosmopolites dégénérés...
Quel autre exutoire que le rire hystérique d'un enfant tourné fou de haine et de désespoir ? Un peu comme Le Tambour, en moins épouvantablement chiant et moraliste, en somme. Et moins antinazebroque aussi, puisque pour nous, la Bête Immonde, c'est le monde moderne dans son ensemble.
Faire chier pour que dalle. Ricaner mal à propos. Mitrailler autrui de sarcasmes faciles. Se contrefoutre de l'opinion de l'entourage. Se fringuer comme un clodo. Arriver régulièrement au taf avec une sereine gueule de bois. Cracher dans la soupe avec la meilleure conscience du monde. Ne plus rien vouloir savoir. Refuser toute forme d'ambition, de responsabilité, de crédibilité.
Choisir l'idiotie.

08:59 Publié dans Marées Noires | Lien permanent | Commentaires (1)
23/11/2009
PIEUX MENSONGES
Pour être au clair sur la qualité d’un restaurant, on peut étudier le menu (peu de plats ? pas de poésie alambiquée pour vendre un filet de poisson ? Plutôt bon signe) mais jeter un œil aux cuisine est toujours préférable. Une équipe de sacripants a appliqué cette méthode à la cantine des climatolâtres, et ce n’est pas le résultat de l’opération qui va nous redonner la dalle. Sur la carte, la faribole anthropique était déjà peu ragoûtante. Maintenant qu’on sait comment les mouilleurs de doigts nous concoctent leur infâme tambouille, on a encore moins envie d’y toucher.
Nos tripatouilleurs d’opinion ne se laissent pas démonter : si si, la Terre va vraiment mourir à cause des 4x4 ; si si, les gens qui ne ferment pas le robinet autant que leur gueule sont toujours du gibier de potence ; si si, imposer des taxes idiotes et des ampoules lentes au démarrage est encore absolument nécessaire.
De toute manière, l’affaire est close avant d’avoir pris de l’ampleur. Grâce au capitaine de l’équipe d'Algérie française, il est désormais admis que la tricherie n’est pas un motif de disqualification. Si Paris vaut bien une messe, vous goberez bien quelques pipotages éhontés pour sauver l'Amazone. Mâtez-les, ces laïcards forcenés qui nous font le coup du pieux mensonge !
Quatre modestes paragraphes et l’éditorialiste du Temps déclame le générique de fin . Pas besoin de plus, d’ailleurs : il suffit de bien appuyer sur la notion de « complot », ça permet de faire passer l’adversaire pour un blaireau paranoïaque. (On notera que, dans l'ensemble, ledit adversaire fait beaucoup d'efforts pour conforter cette image.) Pour corser l’exercice, ne pas hésiter à dénoncer à son tour une « manipulation » ! Si personne n’épingle ce procédé lamentable, alors la médaille d’or du bluff est dans la poche. Le jury a particulièrement apprécié ce tour de force relativiste :
C’est le talon d’Achille de la science moderne: il ne peut exister de vérités scientifiques au sens de certitudes absolues ou irréfutables.
Bien entendu, pour le génome humain qui met fin à tout ouacisme scientifique, c’est pas du tout pareil. Ne mélangez pas tout, manipulateurs que vous êtes.
Ce bel encoublage médiatique est une petite friandise qu’on peut consommer sans modération. Ca n’arrêtera pas la glorieuse marche du capitalisme vert, ça fera ricaner dans les bistrots, et les cons se diront que décidément on les prend pour des cons, sans qu’ils en deviennent moins cons ou plus belliqueux pour autant.
Ce qui reste embêtant, c’est que la spontanéité du piratage est effectivement douteuse, et qu’il profite sans aucun doute à l’empire de la bagnole. Des chameliers pétrodollarisés aux publicitaires qui nous font bander pour un leasing, ils sont nombreux, les pourris qu’ un gros coup de frein à la croissance balancerait aux cagoinces de l’Histoire. Ils redoutent moins la guerre civile que la grève de la goinfrerie. « Consommez ! Empruntez ! Jetez ! Les pastèques vous foutent la trouille pour rien ! Tout est sous contrôle ! »
Aucune envie de me retrouver dans la même barque que ces dégueulasses boulimiques, juste parce que leurs ennemis sont des néo-puritains new age, des bolchos à tri sélectif et des métisseurs à babouches. Ce sont les mêmes flics qu'on envoie fouiller vos poubelles, qu'il s'agisse d'y trouver de l'aluminium pas recyclé ou des cartes postales nazies. La machine à concasser les cultures fonctionnera aussi bien au diesel qu'au biocarburant.
L’ancestrale sagesse southparkienne rappelle qu’en démocratie, on a toujours le choix entre un lavement et une merde. Entre le clystère écolo et l’étron libéral, une fois de plus, on ne choisit pas.
19:17 Publié dans Chez les boniches de la Zone Grise | Lien permanent | Commentaires (1)