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18/04/2010

DANSER POUR FAIRE VENIR LA GUERRE

17/04/2010

1962 - 2010

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I can't believe I died last night.

Oh god I'm dead again.

I can't believe I died last night.

I'm fuckin' dead again.

PRINCIPE DE SUBSIDIARITE

Pour faire suite à ceci.

Le sentiment viscéral de vacuité qui ne lâche jamais le post-faf un peu honnête s'explique aisément. C'est que nous sentons ou savons tous que la question a été retournée dans tous les sens et que la réponse est cristalline. Il y a un boulot que nous devons faire et dont nous repoussons chaque jour l'échéance à un « plus tard » chimérique. Quand tout ira VRAIMENT plus mal. Quand nous n'en pourrons VRAIMENT plus. Quand les provocations, les humiliations, les crachats symboliques dans la gueule ne seront VRAIMENT plus tolérable. Un jour. Bientôt. Peut-être.

 

Comme si tous ces concepts vaseux avaient le moindre sens.

 

Il y a un boulot à faire, que nos gouvernants ne feront pas à notre place, un boulot que nous nous refusons à faire. Au lieu de nous y coller enfin, nous rejouons en boucle le cheminement intellectuel qui nous a mené à cette constatation, comme pour nous en enivrer.  Nous en remplissons nos pages perso, les fora que l'on fréquente encore par lassitude,  nos conversations de petits matins avinés, comme des dépressifs ressassant leurs envies de suicide sans jamais se mettre sérieusement en danger. C'est sans doute parce que la question est fort simple, et sa solution tout autant. Elle ne serait qu'une application du principe de subsidiarité.

 

Il y a un couple de rats dans mon appartement, que j'ai plus ou moins réussi à isoler dans la penderie. Mais le dératiseur refuse de venir s'en occuper, la police n'en a rien à foutre, les services d'hygiènes ne répondent pas, et aucun voisin ne répond à mes appels à l'aide. Si je ne peux pas me résoudre à m'enrichir de leur différence ou à leur sacrifier une chambre en attendant qu'elles meurent de faim, je vais devoir neutraliser les bestioles tout seul. C'est salissant et dangereux, c'est contraire à ma nature et à mes valeurs, mais quoi ? Personne ne le fera à ma place.

 

Et me voilà, assis par terre à contempler cette porte, à écouter les bruits qui s'en échappent, la batte en alu appuyée contre le mur. Et j'attends. Et je gamberge. Et le temps passe. Et rien ne bouge. La nuit tombe. Il faut bien aller dormir. Puis se réveiller le lendemain. Partir bosser et entendre, en sortant, toujours les mêmes bruits dans la penderie. Y penser toute la journée. Rentrer chez soi en sachant que le problème n'est toujours pas réglé. Manger n'importe quoi. Essayer d'oublier. Se rasseoir devant la porte et observer la batte en écoutant les bruits. Et attendre. Et gamberger. Et recommencer pendant des semaines, des mois, des lustres. Prendre du bide. Perdre des tifs, s'en faire des gris, s'avachir, s'épuiser. La porte est toujours fermée. Il en sort toujours les mêmes bruits. La même solution simple. Ne pas l'appliquer. Ne pas lâcher prise. Ne pas admettre l'inéluctable.

 

Attendre comme une sorte de miracle.

 

15/04/2010

SURVIVRE AVEC LES CROCOS

Une gamine autiste survit quatre jours dans les marais au milieu des crocodiles.survivre-loups-4736785114.jpg

Guy Bedos est pressenti pour une adaptation de l'histoire selon les canons du cinéma Citoyen ex-Français. Dans la nouvelle version, la gamine n'est pas autiste, mais juive, arrêtez avec vos sous-entendus de merde et super-intelligente et super-jolie, tout quoi. Echappant à une tentative de viol par une escouade de Klansmen pochtronnés à la Bud Light, elle se réfugie dans le bayou et apprend à communiquer avec les crocos. Elle les apprivoise et les dresse à bouffer du ouaciste à cagoule blanche.

NOTA BENE : Cette fois, penser à bien brieffer la gamine dont s'inspire le film, histoire qu'elle ne raconte pas de conneries aux journalistes.

13/04/2010

JE CROIS QUE JE VAIS LA GARDER

J'ai bien vérifié plusieurs fois: pas de nouilles dans mon slibard. Pourtant mon cul devrait en être bordé, si j'en crois les récentes conversations avec les mâles-heureux qui m'entourent.

Prenons Merlin, par exemple. Ca faisait longtemps que ça battait de l'aile. Je débarque grossièrement dans la conversation, comprends qu'il a été largué par sa pouffe. L'entends gloser sur ses copines connes à chier, leurs soirées Schmock and the City, leurs loisirs ineptes, tout un univers femelle d'où il est exclu, très officiellement cette fois. La souris avait l'air du genre pénible. Le type ne semble pas plus soulagé que ça, soucis de colocation je suppute.

Il y a aussi Donatien, qui fait chambre à part depuis des lustres et parle occasionnellement de sa "future-ex-femme", des rares fois où il peut voir sa gamine. Il trouve les femmes compliquées. J'explique qu'à mon sens, nos contemporaines ont été broyées par la libération sexuelle, la psychanalyse-pour-les-nulles, le féminisme, sans compter la tendance des mecs modernes à ne pas savoir ce qu'ils se veulent ni jamais aller au bout de rien. Il semble n'avoir jamais réfléchi en termes généraux. Nous en venons à causer des collègues femelles, de l'impossibilité de bosser décontracté avec elles, de leur carence en humour, de l'éventualité que la Nature ait crée l'espèce exprès pour qu'elle soit chiante et rabat-joie, sans qu'on sache trop pourquoi.

Et puis il y a tous les autres, dont le couple bat d'une aile déplumée, qui n'arrivent pas à se caser plus de quelques semaines, qui ont des exigences délirantes ou qui s'abonnent aux pires histoires foireuses, qui éprouvent comme un besoin consternant de s'engueuler une fois par semaine, sans compter mes vieux, qui ne se comprennent plus depuis que je les connais, au bas mot.

Pendant l'entraînement de ce soir, je réalise que chez moi, y en a une sympa, mignonne, pas chiante, incapable de bouder plus de dix minutes, solidement réac, fine gastronome, guerrière de l'apéro et  comme si ça ne suffisait pas, sensible aux formes d'humour les plus vaches, même quand elle est la cible des vannes.

Je devrais me plaindre que je ne saurais pas quoi évoquer de sérieux. Ca m'a fait l'impression d'ouvrir un oeil au pays d'aveugles pleurant après leur canne. Du coup, toute la fureur accumulée aujourd'hui par mille tracasseries imbéciles en prend méchant dans le groin. J'essaie de soigner mon pessimisme de luxe en me rappelant qu'un jour, fatalement, elle finira par ressembler à sa mère, mais ça marche moyen.

Je me demande si je suis pas un peu sentimental sur les bords.

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12/04/2010

RIEN A FOUTRE DES DROITS DE LA MAHOMETANE

Le burkini est au coeur du débat. «En l’acceptant, on accepte implicitement l’infériorité de la femme», songe Oskar Freysinger.


Mais non, l'Oskar ! On accepte explicitement que les pudibonderies grotesques d'illuminés du désert valent bien une violente entorse à la laïcité de l'école d'Etat. C'est un peu différent, et ce sont des choses qui ne se disent pas quand on a besoin des journaux pour sa carrière politique, on comprend bien.

Mais alors ne vaudrait-il pas mieux se taire que de louvoyer entre arguments légalistes bidon et théologie laïcarde à crever d'ennui ? La loi n'interdit pas encore de clamer "Intégrez-vous ou barrez-vous", et c'est le message qui ressort majoritairement des commentaires à l'article de la Tribune. Tant qu'à donner dans le populisme, autant y aller franco, c'est plus efficace, et en ces temps de grisaille médiatique asphyxiante, ça permet en plus de se faire mousser à peu de frais et de risques.

Ne nous parlez pas des droits de la mahométane, Monsieur Freysinger. Nous autres Affreux n'en avons rien à foutre, vous ne ferez illusion auprès d'aucun journaleux, et les gauchistes ne vous prennent pas au sérieux de toute manière.